La rémunération reste au cœur des préoccupations des salariés pour 2019, mais pour autant, ce n’est plus le levier principal de leur motivation à changer d’emploi. Pour les recruteurs, impossible désormais de passer à côté des sujets liés à la qualité de vie au travail.

Pour la 9ème année consécutive, le cabinet Hays – leader mondial du recrutement spécialisé, en partenariat avec HelloWork – l’acteur de référence sur le marché du recrutement et de la formation sur internet en France, publie les résultats de sa grande étude annuelle de rémunération en France. Plus de 5 000 personnes (candidats et entreprises) ont été interrogées afin de décrypter les tendances nationales de recrutement dans 25 secteurs d’activité différents.

Les candidats ont envie de changement pour 2019 !

Ils n’étaient que 55% à l’envisager l’an passé, ils sont désormais 79% à voir l’année à venir comme celle du changement d’emploi. Sur la liste de leurs motivations, la rémunération (44%) a laissé sa première place à l’intérêt du poste (53%), la troisième place étant occupée par les perspectives d’évolution (41%). Le Directeur adjoint de Hays Ile-de-France, Oualib Hathroubi considère que « C’est un réel changement. L’intérêt du poste et la qualité de vie sont devenus une priorité (…) il est maintenant nécessaire pour les entreprises de raisonner en termes de qualité de vie au travail (…) Les gens veulent travailler pour des entreprises engagées et responsables qui respectent l’équilibre vie professionnelle et vie privée. Et la réelle évolution des mentalités est là. »

Quant au nombre de salariés qui ont effectivement changé de poste en 2018, il reste stable par rapport à 2017, autour de 33% des personnes interrogées.

Des entreprises plus motivées à augmenter leurs salariés

En 2018, 90% des entreprises interrogées ont accordé des augmentations à leurs salariés. Une hausse de 5 points par rapport à l’année précédente. L’écart se creuse de manière encore plus significative quand on observe la typologie de ces augmentations : 49% des entreprises parlent d’une augmentation collective en 2018 contre 34% en 2017. A garder en tête, tout de même : l’augmentation accordée ne dépasse pas les 2% pour une grande majorité de salariés et ces 2% sont à peine équivalents au taux annuel de l’inflation 2018. Oualib Hathroubi explique que tous les salariés ne seront cependant pas logés à la même enseigne : « Si les entreprises prévoient de nettes augmentations de salaires pour 2019, celles-ci seraient plus marquées pour les cadres et pour les professions nécessitant une expertise pointue (métiers du digital, analyse de données, intelligence artificielle). Ce constat s’explique aussi par l’amélioration du pouvoir de négociation des salariés, particulièrement les cadres et les hauts salaires. »

Les entreprises ont recruté en 2018 et comptent également le faire en 2019 : 95% déclarent avoir recruté en 2018 et 80% envisagent de le faire en 2019. Les raisons de ces embauches ? Le remplacement après une démission ou un licenciement (74%), l’accroissement de l’activité (64%) et la création de nouveaux postes (53%).

Les profils qui occupent le devant de la scène

Le marché de l’architecture est dynamique et les BIM managers sont toujours des profils très recherchés. Aux cabinets de recrutement la mission de se démarquer pour attirer et fidéliser ces professionnels convoités.

Dans le BTP, le conducteur de travaux principal a le vent en poupe. Véritable tour de contrôle du chantier, il gère la sécurité, les équipes, les budgets et les délais. Sa bonne capacité managériale lui permet de superviser les conducteurs et chefs de chantier. Titulaire d’un Bac+2 ou d’un diplôme d’ingénieur, il n’accède aux fonctions d’encadrement qu’après une expérience de quelques années en conduite de travaux.

Les travailleurs indépendants s’épanouissent dans l’IT ! Les transformations culturelles et la panoplie d’outils numériques disponibles leur permettent de travailler à distance sans contrainte. D’autant que les besoins des entreprises sont réels, dans un contexte où elles sont de plus en plus nombreuses à comprendre les enjeux liés à la digitalisation et à la cybersécurité.

Les secteurs qui s’adaptent et se diversifient

Le secteur de la banque poursuit sa mutation, en concurrence avec d’autres acteurs aujourd’hui à même de proposer des services financiers. En conséquence, les effectifs se réduisent en agence au profit de profils spécialisés. A noter : l’organisation moins lourde des nouveaux acteurs bancaires permet d’envisager des opportunités intéressantes pour 2019.

Dans l’administration des ventes & support achats, la hausse va se poursuivre et les meilleurs profils – avec des compétences linguistiques et informatiques – pourront tirer leur épingle du jeu. Dans ce secteur aussi, la montée en puissance du numérique transforme les postes et diversifient les missions.

Les entreprises valorisent les activités liées à la supply chain, souvent synonymes de réduction des coûts. Le secteur, très impacté par l’innovation et l’optimisation, voit nombre de ses fonctions se transformer dans une période qui lui est favorable et qui devrait le rester.