Pour la 10ème année consécutive, le cabinet Hays, leader mondial du recrutement spécialisé, en partenariat avec HelloWork, l’acteur digital de référence sur le marché du recrutement et de la formation en France, publie les résultats de sa grande étude annuelle de rémunération en France. Avec près de 1 500 personnes (candidats et entreprises) interrogées dans près de 25 secteurs d’activité différents, celle-ci présente les besoins par secteur des clients et des dirigeants d’entreprise, les compétences recherchées, les nouveaux métiers ainsi que l’évolution des rémunérations. En outre, elle offre une vue d’ensemble des tendances nationales de recrutement pour l’année à venir. Cette édition propose également un focus sur 2 nouvelles thématiques : la négociation des salaires et la fidélité en entreprise. Tour d’horizon des chiffres et tendances à retenir.

Principaux enseignements de l’étude de rémunération 2020

Oualid Hathroubi, Directeur Hays Paris : « En 2020, les signaux sur le marché de l’emploi seront globalement au vert, même s’il faut nuancer ce dynamisme, à la fois en distinguant emploi cadre et non cadre, mais aussi en fonction des secteurs et des territoires. Compte tenu d’un marché de l’emploi dynamique, les candidats semblent beaucoup moins frileux et n’hésitent plus à exprimer leur envie de changement. Il faut toutefois rester prudent, car une fois en recherche active, ils peuvent être confrontés à une réalité un peu différente (du point de vue des salaires escomptés ou des conditions de travail espérées). C’est pourquoi l’année dernière, il y a eu, in fine, moins de changements de postes que prévu ».

Du côté des candidats :

  • Cette année, les candidats sont particulièrement motivés pour changer d’emploi : c’est le cas de 87% d’entre eux.
  • Si en 2019, ils étaient 79% à envisager changer d’emploi, seuls 20% des candidats l’ont fait (contre 33% en 2018).
  • Pour changer d’emploi, les PME sont plébiscitées, attirant 1 candidat sur 2, tandis que 20% des répondants privilégieraient un grand groupe.

Du côté des entreprises :

  • Les entreprises suivent cette cadence, puisque 83% d’entre elles prévoient de recruter dans les mois qui viennent, sachant que 96% ont déjà recruté au cours des 12 derniers mois.
  • Sur le podium des motifs d’embauche en 2019 : en première position, 75% des entreprises interrogées ont recruté pour faire face à un remplacement (suite à une démission ou à un licenciement). En deuxième position, ces embauches ont fait suite à un accroissement de leur activité (63%). Enfin, pour un peu plus de la moitié d’entre elles (52%), il s’agissait d’une création de poste. À noter : dans 34% des cas, il s’agissait d’un remplacement suite à un départ à la retraite.

Le travail en freelance poursuit sur sa lancée et sera au cœur de cette nouvelle décennie. La recherche de flexibilité pour les uns, et l’autonomie et la liberté pour les autres, seront les enjeux clés des années à venir. Les démarches administratives pour devenir freelance se sont allégées, les entreprises de tout secteur d’activité se sont ouvertes à cette nouvelle forme de travail, et il est de plus en plus courant de trouver des freelances dans les différentes directions de l’entreprise (Finance, Achats, Ressources Humaines…). Le travail en freelance séduit candidats comme entreprises : 13% des candidats interrogés envisagent de devenir freelance en 2020, tandis que 21% des entreprises sollicitées pensent recourir aux services de freelances.

Focus sur la négociation salariale

Selon Oualid Hathroubi : « La négociation des salaires est un moment clé qui peut, encore aujourd’hui, être perçu par les salariés comme étant assez délicat. Dans les entreprises où il y a eu des augmentations de salaires en 2019, celles-ci ont, semble-t-il, été plus marquées pour les cadres, ainsi que pour les professions nécessitant une expertise particulièrement recherchée actuellement (métiers du digital, analyse de données, intelligence artificielle, etc.). Les salariés de ces secteurs ont vu leur pouvoir de négociation augmenter, du fait des tensions sur le marché du travail et du nombre de postes vacants sur ces secteurs ».

Du côté des candidats :

  • Plus de la moitié des personnes interrogées (56%) estiment devoir voir leur rémunération améliorée chaque année, notamment en raison de la qualité de leur travail (71%).
  • Le moment clé de la négociation se passe une fois sur deux lors de l’entretien annuel.
  • La discussion sur l’augmentation de salaire est le plus souvent initiée par le salarié (dans 64% des cas), et majoritairement avec son N+1 (à 52% vs seulement 18% avec le service RH).

Du côté des entreprises :

  • Près d’1 entreprise sur 2 accorde des augmentations générales (ou presque) chaque année.
  • 90% des entreprises interrogées déclarent avoir accordé des augmentations en 2019, qui, dans 60% des cas, concernaient plus de la moitié des effectifs.
  • Elles considèrent, par ailleurs, bien payer leurs collaborateurs à une très large majorité (81%).
  • 70% d’entre elles utilisent des grilles de salaire pour encadrer les pratiques de rémunération et assurer une cohérence. Certains critères sont importants au moment de négocier : la qualité du travail réalisé (64%), les promotions obtenues (58%), les nouveaux périmètres de poste (42%), ou encore les rattrapages par rapport aux collaborateurs à niveaux de postes équivalents (36%).

Focus sur la fidélité en entreprise

Selon Oualid Hathroubi : « Parvenir à fidéliser ses salariés est l’un des enjeux prioritaires pour les employeurs, et c’est un vrai défi ! Il ressort 2 enseignements intéressants de l’étude : les salariés sont relativement moins attachés à leur entreprise, ils sont même majoritairement prêts à en changer, et la rémunération n’est pas leur principale motivation ! Dans ce contexte, les entreprises doivent donc désormais plus que jamais raisonner en termes de QVT (Qualité de Vie au Travail). Les gens veulent travailler pour des entreprises engagées (que ce soit au niveau environnemental, sociétal ou éthique), et qui respectent l’équilibre vie professionnelle et vie privée. Une réelle évolution des mentalités se situe à ce niveau-là, et les entreprises doivent d’urgence en tenir compte ».

Du côté des salariés :

  • 65% des personnes interrogées déclarent se sentir attachées à leur entreprise.
  • Cependant, 76% des salariés seraient prêts à quitter leur poste du jour au lendemain s’ils recevaient une proposition plus avantageuse.
  • 61% des salariés interrogés ne se voient pas dans leur entreprise actuelle à court terme, d’ici à 2 ans.
  • La recette pour que les personnes interrogées s’épanouissent et restent : un poste qui a de l’intérêt (51%), des collègues bienveillants et une bonne ambiance au bureau (50%), et de bonnes conditions de travail (46%) ; cela bien avant la rémunération, qui n’arrive qu’en 4ème position (42%). À noter : les directions RH interrogées sont assez d’accord avec les salariés sur les critères qui fidélisent les collaborateurs d’une entreprise : l’intérêt du poste et l’ambiance de travail arrivent aux deux premières positions, dans un ordre inversé. La rémunération, quant à elle, apparaît comme plus importante pour les entreprises.

Du côté des entreprises :

  • Les entreprises sont bien conscientes que l’ambiance au travail est un sujet d’attention fort : 75% ont d’ailleurs mis en place des actions pour l’améliorer et ainsi fidéliser leurs salariés. Les évènements de team building sont les plus fréquents (68%), devant des locaux aménagés pour plus de confort (64%).
  • Outre l’ambiance au travail, l’intérêt du poste et la rémunération arrivent dans le Top 3 des critères avancés par les entreprises pour fidéliser les salariés.

Peut-on parler d’un effet boomerang dans le recrutement ? On remarque en tout cas que 57% des salariés interrogés se déclarent prêts à retourner travailler dans une entreprise où ils ont déjà travaillé tandis que 52% des entreprises déclarent réembaucher parfois d’anciens collaborateurs.

Quelques secteurs à suivre en 2020

Informatique et Télécoms : des candidats en position de force

La tendance générale est à la pénurie des ressources. Les impacts sont là, le turnover et les difficultés de recrutement se font particulièrement sentir dans les entreprises. Le candidat est roi, il a le choix et fait face à plusieurs propositions de CDI en même temps. De ce fait, les salaires sont légèrement à la hausse. Le CDD est devenu obsolète car quasiment impossible à pourvoir au profit notamment de la prestation freelance qui poursuit sa croissance. Le secteur IT est, pour la 8e année consécutive, le plus gros pourvoyeur d’opportunités avec près de 30 000 créations nettes d’emplois (+56%). Indéniablement dynamique, sa croissance va se poursuivre en 2020.

ADV & Support Achats : la hausse va perdurer

En 2019, les métiers de l’ADV ont connu une forte croissance des besoins en recrutement. De nombreux services ont donc vu leurs équipes s’étoffer afin de répondre aux demandes des clients. En 2020, les métiers de l’Administration Des Ventes seront toujours en pleine croissance, dans la continuité de 2019. Le marché se portant bien, les entreprises se développent et les équipes ADV continuent à s’étoffer. En plus des compétences informatiques et linguistiques demandées, avoir un excellent niveau d’orthographe est devenu indispensable. L’avenir est également prometteur pour les jeunes diplômés bilingues.

Architecture : un marché dynamique, malgré un léger ralentissement

Après quelques années de forte croissance, le volume de recrutements dans le secteur de l’Architecture reste satisfaisant malgré un léger ralentissement. Comme chaque année d’élections municipales, celles de 2020 devraient ralentir le nombre de nouveaux projets entre le début d’année et les mois suivants les élections. A ce titre, si les agences restent frileuses quant aux créations de postes, elles ne cessent de recruter, notamment en cas de mouvement au sein des équipes en place. Au même titre que l’éveil de la conscience collective sur les problématiques environnementales actuelles, l’Architecture se doit d’innover et de s’adapter pour être à la hauteur du défi que représente le changement climatique. Cette tendance devrait s’intensifier au cours des années à venir et avoir un impact sur le recrutement de profils avec ce type de compétences et d’expérience.

Banque : un marché en restructuration

La demande a tendance à augmenter sur les fonctions de Contrôle. En effet, la règlementation croissante du secteur financier a permis un développement accru et constant de ces dernières. À retenir également : les fonctions bancaires tendent depuis quelques années à se digitaliser. L’ensemble des lignes métiers sont alors impactées, de la salle de marché à la banque privée, en passant par les agences bancaires. Une formation en informatique est désormais un vrai « plus » pour les candidats qui souhaitent améliorer leur niveau de rémunération, ainsi que leur fonction. Plus globalement, le secteur de la Finance doit s’adapter aux nouvelles technologies et à une flexibilité accrue nécessaire dans un environnement toujours plus réglementé. L’utilisation de la data fait notamment partie des éléments phares de ces nouvelles organisations.

Bâtiment et Travaux Publics : un secteur globalement actif

Le secteur du BTP reste globalement actif sur l’ensemble du territoire, même si certains marchés varient selon les produits. La visibilité à échéance de 6 à 8 mois en moyenne sur les carnets de commande des entreprises de construction autorise à aborder les choses avec une certaine sérénité. La perspective des élections municipales en mars 2020 pourrait avoir un léger impact sur le secteur du Logement et entraîner un ralentissement courant 2020 et 2021.

Industrie et Ingénierie : un marché à 2 vitesses

Le marché du recrutement dans l’Industrie en France est assez disparate. En effet, si pour certains l’embellie se poursuit, les créations de poste continuent et les départs à la retraite sont remplacés. Néanmoins, d’autres industries, telles que celles des secteurs de la Chimie, de la Cosmétique, de la Plasturgie et de la Fabrication de machines spéciales font face à une pénurie de candidats. Ces industries doivent donc développer leur attractivité, faire preuve de réactivité et mettre en avant les avantages qu’elles proposent (déménagement, CE, conciergerie, etc.). L’avenir apparaît moins linéaire, notamment en raison des recrutements en attente voire en situation de gel. Le recrutement continue d’être un enjeu majeur pour les industries qui sont souvent confrontées à la difficile question du développement de leur société, dans un contexte où identifier de la main-d’œuvre qualifiée est compliqué.

Public et Parapublic : un secteur très attractif

De grands projets d’envergure, portés par les politiques territoriales en aménagement et en construction, favorisent encore le marché cette année. Il y a une volonté de dynamiser les méthodes de travail et s’associer au développement du BIM (REVIT). Les établissements publics recherchent des profils experts en lots techniques pour gérer des équipements spécifiques, ERP, patrimoine historique et équipements sportifs et culturels. A l’approche des élections municipales de 2020, certaines structures publiques vont entrer dans une période d’attentisme et décaler certains recrutements. L’embauche de cadres supérieurs et de cadres dirigeants est ralentie, au profit de celle de cadres intermédiaires. Le secteur public sera cette année encore très attractif grâce à la qualité des projets proposés : renouvellement urbain, projets territoriaux et sportifs d’envergure ou encore refonte numérique. Ce secteur apparaît comme une véritable carte de visite pour la suite d’un parcours professionnel.

Supply Chain & Achats et Logistique & Transport : répondre aux enjeux de la globalisation

Portés par une progression nette de la demande du côté des entreprises, les métiers de la Supply Chain continuent d’être au cœur des préoccupations des dirigeants. La Supply Chain continue de se professionnaliser et d’intégrer l’ensemble des services qu’elle est censée regrouper : Achats, Logistique et Service Client. L’évolution des organigrammes des entreprises amène à penser que cette tendance va se renforcer davantage dans les années à venir. Le rôle de la Supply Chain va devenir incontournable dans les prises de décisions, notamment sur la partie en amont au sein des équipes Marketing et R&D.

Étude réalisée du 9 septembre au 23 octobre 2019 auprès d’un panel de 1500 candidats et clients.