HelloWork, qui édite les plateformes RegionsJob, ParisJob, Cadreo et BDM/job, révèle les résultats de son enquête annuelle sur la recherche d’emploi et le recrutement en 2019. 3 161 actifs et 519 recruteurs ont répondu à nos questions : bonnes pratiques, difficultés, outils utilisés, habitudes, usages innovants… Voici les résultats qui permettent de mieux comprendre les pratiques de chacun, mais aussi ce qui fait de leur mise en relation un succès ou un échec.

  • 40% des recruteurs déclarent que les candidats ont des exigences plus importantes qu’avant
  • 81% des candidats utilisent leur mobile dans leur recherche d’emploi (+5 points versus 2018)
  • Pour 1 candidat sur 2, la distance travail/domicile est un frein rédhibitoire pour postuler
  • L’équilibre vie pro/vie perso est plus important que l’épanouissement professionnel (flexibilité, distance du lieu de vie, …) alors que le télétravail n’arrive qu’en 5ème position du « package idéal » des candidats
  • Pour les recruteurs et pour les candidats, la compétence la plus importante est l’esprit d’équipe

Le processus de recrutement plus difficile pour les recruteurs comme pour les candidats

Les recrutements jugés plus difficiles…

Plus d’un recruteur sur deux juge ses recrutements des 12 derniers mois plus compliqués que ceux de l’année précédente. Les raisons sont multiples, à commencer par des candidats plus sollicités (67%) et par un vivier de candidats moins important (55%). 40% mentionnent aussi des exigences plus importantes côté candidats. Ils ne sont que 3% à juger le recrutement plus facile en 2019 qu’en 2018, quand 44% le jugent ni plus simple, ni plus compliqué.

…Mais la recherche d’emploi aussi

Côté candidats, qu’ils soient en poste ou à la recherche d’un emploi, c’est le même constat. 52% d’entre eux trouvent qu’actuellement la recherche d’emploi est plus compliquée que lors de leur précédente recherche (seulement 12% pensent le contraire). Ils sont 50% à estimer que les recruteurs sont plus exigeants sur les compétences et 35% à déclarer qu’eux-mêmes sont plus exigeants sur le poste recherché, ce qui vient corroborer le ressenti des recruteurs. Enfin, plus d’un quart pensent qu’il y a moins d’offres attractives que par le passé.

Candidats, recruteurs, qui choisit qui ?

La réponse à cette question résume bien les tensions sur le marché du recrutement. Quand on demande qui est en position de choisir actuellement, les candidats et les recruteurs se rejettent ce luxe.

Plus de 80% des candidats utilisent leur mobile dans leur recherche d’emploi

Le mobile, une évidence

Les candidats sont toujours plus nombreux à utiliser leur mobile dans leur recherche d’emploi (81% en 2019, c’est +5 points versus 2018). 61% des sondés accèdent d’ailleurs à leur CV depuis leur mobile.

Les offres enrichies deviennent un élément différenciant

Au-delà des informations incontournables (poste, salaire…), les offres d’emploi s’enrichissent désormais de contenus, de photos, de vidéos, … qui donnent au candidat un premier aperçu de l’environnement de travail au sein des entreprises qui recrutent. Aujourd’hui, 2/3 des recruteurs utilisent les possibilités de ces offres augmentées ou ont l’intention de le faire. Si l’annonce augmentée ne suffit pas toujours à elle-seule à convaincre les candidats, elle reste un argument sérieux : plus d’un sur deux (54%) passe plus de temps sur une offre d’emploi quand elle comprend des photos ou des vidéos de l’entreprise qui recrute. 1 sur 2 se dit même plus enclin à postuler si l’offre est « augmentée ».

Comment le candidat choisit-il les offres auxquelles il postule ?

Les sites internet d’offres d’emploi restent de loin les outils les plus utilisés par les recruteurs (85%) comme par les candidats (96%). Dur de trouver l’offre parfaite : il faut parfois faire des concessions quand on postule. La rémunération fait débat : 32% des candidats se déclarent flexibles à ce sujet, quand 45% ne le sont pas du tout. Parmi les critères sur lesquels les candidats sont les plus flexibles, on retrouve l’intitulé de poste (36%) et les avantages proposés (31%). A l’inverse, la distance travail/domicile est un élément déterminant.

La candidature et l’offre d’emploi idéales existent-elles ?

La flexibilité et les primes plébiscitées par les candidats

Après avoir sélectionné les offres auxquelles ils postulent, les candidats sont à nouveau exigeants quand il s’agit de choisir l’entreprise avec laquelle ils vont signer un contrat. Dans le package proposé par les entreprises, les candidats plébiscitent les horaires flexibles (52%), le 13e mois (45%), la prime de participation aux bénéfices (35%), les avantages liés à la mutuelle (27%) et le télétravail (25%). Les tickets restaurant (13%), le séminaire annuel (5%) ou le téléphone de fonction (3%) arrivent loin derrière.

Un premier tri exigeant des recruteurs mais pas toujours rédhibitoire

Les recruteurs éliminent un CV sur deux en première phase de sélection mais leur sentence n’est pas irrévocable. En effet, deux sur trois repêchent « parfois » ou « souvent » un CV recalé lors de la première phase de sélection, d’où l’intérêt pour les candidats de bien faire le suivi de leurs candidatures et de relancer les entreprises.

Le CV idéal fait une page

62% des recruteurs préfèrent les CV en une seule page. Ils peuvent à la rigueur ne pas avoir de préférence (35%) mais ils ne sont que 3% à préférer un CV en plusieurs pages. Dans le doute, les candidats ont donc tout intérêt à opter pour le CV en une seule page.

La lettre de motivation garde de l’importance

Si plus de la moitié des recruteurs ne lisent pas systématiquement les lettres de motivation, un recruteur sur deux la juge pourtant « importante » ou « très importante ». Le CV reste le document roi d’une candidature et quand il ne convainc pas les recruteurs, la lecture de la lettre de motivation ne se fait pas.

Dans un deuxième temps, la lettre de motivation garde pourtant toute son importance pour compléter un « bon » CV ou pour éliminer un doute. Une bonne raison pour ne pas la négliger : si elle n’est pas un élément central de la sélection, elle peut faire pencher la balance.

Bonnes… et mauvaises pratiques du CV

Certaines erreurs sont rédhibitoires pour les recruteurs quand il s’agit d’un CV. Ils éliminent en priorité les CV qu’ils jugent trop brouillons ou pas assez lisibles (78%) et ceux avec des fautes d’orthographe (71%). Une exigence de lisibilité plutôt logique quand on sait que les recruteurs n’accordent que 30 secondes à chaque CV pour faire un premier tri.

A l’inverse, ils favorisent les CV qui présentent des expériences détaillées et chiffrées (87%) et apprécient un CV bien designé (moderne, clair, esthétique) pour 50%. Pour autant, un CV au design fantaisiste ne les rebute pas (ils sont seulement 8% à le pénaliser).

Candidatures : les entreprises face à leur attractivité

Pour un poste ouvert, le nombre de candidatures reçues est très variable d’une entreprise à l’autre. 15% des recruteurs interrogés disent recevoir plus de 50 candidatures, quand la même proportion en annonce en moyenne 5 ou moins.

Les soft skills plus que jamais déterminantes

Deux entretiens, un minimum pour faire son choix

55% des recruteurs font passer deux entretiens avant d’être convaincu de la pertinence d’une candidature. Lors de l’entretien, les recruteurs se font accompagner par un collaborateur de l’équipe concernée par le recrutement au cas par cas : pour 26%, c’est à partir du deuxième entretien, pour d’autres seulement sur certains postes (31%). Pour 30% d’entre eux, l’entretien à plusieurs est systématique, notamment pour juger de la future intégration d’un candidat dans son équipe.

Les soft skills sont « non négociables »

Les soft skills sont jugées très importantes par 65% des recruteurs et par 47% des candidats. Quelles soft skills en particulier ? Pour les recruteurs, c’est l’esprit d’équipe (57%), le respect (40%) et l’autonomie (32%). Les candidats cernent bien les soft skills les plus importantes aux yeux du recruteurs en citant l’esprit d’équipe (45%), l’autonomie (44%) et l’organisation (39%). Le respect reste absent du podium proposé par les candidats, comme en 2018.

Les attitudes à éviter en entretien

En entretien, les recruteurs auront du mal à se laisser convaincre par un candidat trop nonchalant (70%), arrogant et trop sûr de lui (69%) ou souffrant d’un manque d’hygiène (62%). Ils attendent également des candidats qu’ils soient capables de répondre à leurs questions et qu’ils soient préparés, avec une bonne connaissance de l’entreprise et de son métier.

La question piège, mythe ou réalité ?

73% des recruteurs considèrent ne pas poser de questions pièges en entretien. Un quart d’entre eux, le font « parfois » et ils ne sont que 3% à le faire « systématiquement ».  En revanche, 44% des candidats déclarent qu’on leur pose des questions pièges en entretien (« toujours » ou « parfois »). La raison du décalage avec les recruteurs ? Les questions pièges des recruteurs ne sont semble-t-il pas celles des candidats, qui citent la question de la rémunération comme une question piège là où les recruteurs pensent plutôt à des énigmes ou des questions du type « si vous étiez un animal… ».

Moins de 3 mois et 3 profils pour choisir

Pour l’écrasante majorité des recruteurs, un recrutement se fait en 3 mois, de la réception des candidatures au choix du candidat définitif parmi une short-list composée de 3 profils.

Enquête réalisée par HelloWork entre juillet et septembre 2019, via un questionnaire en ligne auprès d’un échantillon de 3 161 individus, redressé afin d’être représentatif de la population active des 15-64 ans résidant en France Métropolitaine (base INSEE 2014), selon les critères sociodémographiques (sexe, âge, région de résidence) et d’un second échantillon de 519 recruteurs (DRH, dirigeants, chargés de recrutements…).