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Arrêt maladie pour dépression : vos droits et démarches
Une dépression peut justifier un arrêt de travail comme n'importe quelle autre maladie, avec les mêmes indemnités, les mêmes protections et un accompagnement pensé pour faciliter la reprise.
Selon l'étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis, les troubles psychologiques (dépression, burn-out, troubles anxieux) sont devenus en 2025 la première cause des arrêts de travail de plus de 30 jours, représentant 37,8 % d'entre eux. Beaucoup de salariés hésitent pourtant à consulter, par crainte d'un traitement différent ou d'un jugement de la part de leur employeur. Sur le plan légal, la réponse est rassurante : un arrêt maladie pour dépression suit exactement le même cadre qu'un arrêt maladie classique, avec des indemnités journalières, une confidentialité totale sur le diagnostic, et des dispositifs spécifiques pour accompagner un retour à l'activité professionnelle en douceur.
Un arrêt maladie pour dépression suit-il les mêmes règles qu'un arrêt classique ?
Oui. Le médecin traitant évalue l'état de santé du patient et peut prescrire un arrêt de travail, sans avoir à en justifier le motif auprès de l'employeur. Le salarié doit transmettre son avis d'arrêt de travail dans un délai de 48 heures, mais seule la durée de l'absence est communiquée à l'entreprise : le diagnostic de dépression reste strictement confidentiel, entre le salarié et l'Assurance maladie. Si les symptômes évoluent au fil du suivi médical, le médecin peut ajuster la durée de l'arrêt en conséquence.
Quelles indemnités pendant un arrêt maladie pour dépression ?
Le montant perçu dépend à la fois du calcul de base fixé par l'Assurance maladie et des éventuels compléments prévus par l'entreprise.
Le calcul et le plafond des indemnités journalières
L'indemnité journalière versée par l'Assurance maladie correspond à 50 % du salaire journalier de base, lui-même calculé sur les salaires bruts des 3 derniers mois, dans la limite d'un salaire plafonné à 1,4 fois le Smic mensuel. Un délai de carence de 3 jours s'applique généralement, les indemnités étant dues à compter du 4ᵉ jour d'arrêt. Pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet 2026, le montant maximal de cette indemnité journalière est de 42,97 € bruts par jour.
Le rôle de la convention collective et de la subrogation
La mise en place de la subrogation permet à l'employeur de maintenir le salaire habituel du salarié pendant l'arrêt ; en contrepartie, la CPAM lui verse directement les indemnités journalières, normalement destinées au salarié.
Combien de temps peut durer un arrêt maladie pour dépression ?
Il n'existe pas de durée fixe pour un arrêt maladie lié à un état dépressif : elle dépend de l'évolution de l'état de santé du patient, évaluée régulièrement par le médecin traitant. De manière générale, l'Assurance maladie verse des indemnités journalières pendant 360 jours maximum sur une période de référence de 3 ans, pour une même affection. Cette durée d'indemnisation est étendue à 3 ans en cas de reconnaissance en affection de longue durée (ALD).
Votre dépression peut-elle être reconnue comme affection de longue durée ?
Certaines formes de dépression, notamment les troubles de l'humeur récurrents ou persistants, figurent sur la liste des affections psychiatriques de longue durée, dites ALD 23. Cette reconnaissance, accordée par le médecin traitant en lien avec le médecin-conseil de l'Assurance maladie, permet au patient de bénéficier d'une prise en charge à 100 % des soins liés à cette affection, avec exonération du ticket modérateur, pour une durée renouvelable de 5 ans.
Le burn-out ou la dépression liée au travail peuvent-ils être reconnus comme maladie professionnelle ?
Cette reconnaissance n'est pas automatique et suit un parcours administratif précis, avec une issue possible même en cas de premier refus.
Comment se déroule la procédure de reconnaissance ?
La dépression et le burn-out, ou épuisement professionnel, ne figurent dans aucun tableau des maladies professionnelles du Code de la sécurité sociale. Depuis la loi Rebsamen du 17 août 2015, leur reconnaissance reste toutefois possible par la voie dite « hors tableau », prévue à l'article L.461-1 du Code de la sécurité sociale : il faut alors démontrer un lien direct et essentiel avec l'activité professionnelle, et un taux d'incapacité permanente prévisible d'au moins 25 %, évalué par le médecin-conseil de la CPAM puis confirmé par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).
Que faire en cas de refus de reconnaissance ?
En cas de refus, le salarié dispose d'un délai de 2 mois pour saisir la commission médicale de recours amiable, qui réexamine le taux d'incapacité retenu. Si cette contestation n'aboutit pas, il est possible de porter l'affaire devant le pôle social du tribunal judiciaire, qui désigne alors un nouveau comité régional pour réexaminer le dossier. Un avocat spécialisé en droit du travail peut accompagner le salarié à chacune de ces étapes.
Comment se déroule le retour au travail après un arrêt pour dépression ?
À l'issue d'un arrêt d'au moins 30 jours, une visite de reprise avec le médecin du travail est obligatoire. Celui-ci évalue la compatibilité entre l'état de santé du salarié et son poste, et peut proposer des aménagements : allègement temporaire des missions, télétravail partiel, ou mise en place d'un temps partiel thérapeutique pour faciliter une reprise progressive de l'activité professionnelle.
Que faire si vous avez besoin d'accompagnement pendant votre arrêt ?
Demander de l'aide n'est ni une faiblesse ni un motif de discrimination : la loi protège les salariés contre toute distinction fondée sur leur état de santé. Plusieurs professionnels peuvent accompagner un patient en arrêt pour dépression, à commencer par le médecin traitant, qui reste l'interlocuteur de référence pour le suivi médical et les éventuelles orientations vers un psychiatre ou un psychologue.
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