Les arrêts de travail longue durée dans le viseur du gouvernement
82 % de la dépense pour un quart des arrêts : l’exécutif a décidé d’agir.
Comme annoncé en décembre 2025, la durée des arrêts maladie est désormais plafonnée à un mois pour une première prescription et à deux mois pour un renouvellement. Mais cette mesure, adoptée lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, nécessite encore la publication d’un décret d’application pour entrer pleinement en vigueur. Ce texte réglementaire est attendu en juillet, pour une mise en œuvre effective au 1er septembre.
En parallèle, le gouvernement entend se pencher sur les arrêts de longue durée. Des propositions sont attendues dans les prochains jours, et deux pistes se dessinent déjà.
Les mesures envisagées par le gouvernement
Selon les informations de France Info, le Premier ministre souhaite aller plus loin pour faire des économies en limitant le recours aux arrêts de travail de longue durée dans le cadre du projet de loi contre les fraudes sociales. Le gouvernement cible notamment le nomadisme médical, une pratique qui consiste à consulter plusieurs praticiens successivement, parfois dans un court laps de temps, afin d’obtenir ou de cumuler des arrêts de travail.
Autre piste : examiner de plus près les parcours de soins des patients afin de vérifier que la durée d’un arrêt maladie est cohérente avec les traitements effectivement suivis. Concrètement, contrôler qu’un patient bénéficie réellement de soins en rapport avec la pathologie inscrite sur son certificat médical. Par exemple, des séances de kinésithérapie dans le cas de troubles musculosquelettiques. En cas de décalage trop important, cela peut soulever la question d’un éventuel arrêt de complaisance.
Les arrêts maladie coûtent de plus en plus cher
En 2025, selon le ministère de la Santé, le montant des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale représentait autour de 18 milliards d’euros, contre 12,4 milliards en 2019. Or, les arrêts de longue durée représenteraient l’essentiel du coût des arrêts maladie.
Selon des documents ministériels consultés par BFM Business, les arrêts longue durée compteraient pour 82 % de la dépense totale en matière d’indemnités journalières, alors même qu’ils ne correspondent qu’à un quart du total des arrêts délivrés.
La santé mentale comme première cause d’arrêt longue durée
Les arrêts longs sont d’ailleurs en augmentation, comme le confirme le dernier baromètre AXA Datascope, qui constate une hausse de 7 % sur un an entre 2023 et 2024. Les troubles psychologiques sont devenus la première cause des arrêts de travail longs, selon les données récoltées par l’assureur auprès d’un échantillon de 3 millions de salariés du privé. Un arrêt long sur deux pour troubles psychologiques concerne une personne de moins de 40 ans.
De quoi questionner la pertinence de cibler en priorité la fraude, alors même que de nombreuses études (Santé publique France, enquête « People at Work » d’ADP) documentent une montée de la détresse psychologique en France, à la fois dans le travail et plus largement dans la population. Le gouvernement a justement fait de la santé mentale sa cause nationale en 2026, pour la deuxième année consécutive.
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