Retraite tardive : quand travailler plus longtemps augmente le risque de dépression
Le report de l’âge de départ à la retraite augmenterait le risque de dépression chez certains travailleurs.
La question du report de l’âge légal du départ à la retraite est un enjeu dans plusieurs pays européens au niveau économique mais ce maintien dans l’emploi a été peu étudié d'un point de vue bien-être psychique des salariés. Or, il s'avère qu'il peut avoir des conséquences sur la santé mentale pour les plus de 50 ans quand les conditions de travail sont dégradées. Une étude relayée par The Conversation et menée par différents chercheurs de l’Université Savoie Mont-Blanc a pris en compte les données de 14 pays européens qui étaient consignées dans plusieurs enquêtes sur la santé des séniors et sur les conditions de travail et révèle que l'allongement de la durée du travail peut entraîner des risques de dépression chez certains travailleurs.
Quand travailler plus longtemps nuit à la santé mentale
Plus l’environnement et la qualité du travail apparaît dégradé, plus les salariés présentent des problèmes de santé mentale. Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont classé les emplois en six dimensions selon les conditions de travail :
- Environnement physique (bruit, températures, substances dangereuses)
- Environnement social (harcèlement, soutien des collègues, qualité du management)
- Autonomie et usage des compétences
- Qualité du temps de travail (horaires, flexibilité)
- Intensité du travail (rythme, pression)
- Perspectives de carrière (sécurité de l’emploi, évolution de carrière possible)
En analysant les effets du report de l’âge de départ pour ces différents groupes, le résultat montre que les personnes exposées à un environnement de travail dégradé (caractérisé par une absence de soutien, du harcèlement et un management toxique) connaissent une hausse de 22% des symptômes dépressifs. En revanche, les travailleurs évoluant dans un bon environnement de travail, voient leur santé mentale s’améliorer même si l’âge de départ augmente.
« Notre étude confirme que les emplois sans autonomie ni reconnaissance (faible usage des compétences, peu de marge de manœuvre) accentuent les effets délétères. À l’inverse, les travailleurs en capacité de décider, de s’adapter, d’apprendre ou de transmettre souffrent moins, voire bénéficient de cette prolongation en termes de bien-être psychologique » expliquent les chercheurs dans The Conversation.
Quelles mesures seraient bénéfiques pour améliorer la santé mentale des séniors ?
« Notre étude apporte un message clair : l’impact des réformes des retraites sur la santé mentale dépend de la qualité du travail » note les chercheurs qui invitent les politiques d’emploi des séniors à intégrer les questions de conditions de travail.
Pour eux, il faut des mesures pour réduire le stress professionnel dans les métiers les plus exposés, adapter les postes aux compétences et à la santé des séniors, développer de la formation continue pour faciliter les transitions au cours de la carrière.
Des mesures qui apparaissent comme essentielles pour éviter des départs anticipés coûteux pour le système de protection sociale : arrêts de travail, invalidité ou chômage.
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