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Marie-Noëlle, responsable d'équipe dans la sécurité : « J'ai fait référencer un harnais adapté à la morphologie féminine »

Par Adèle Charrier • Publié le • Sponsorisé par Securitas Technology

Autrefois technicienne, Marie-Noëlle a gravi les échelons chez Securitas Technology. Comme elle, Hanène, recrutée sans expérience dans le secteur, encadre aujourd'hui une équipe technique. Témoignages croisés.

Marie-Noëlle, responsable d'équipe dans la sécurité : « J'ai fait référencer un harnais adapté à la morphologie féminine »
« J'ai toujours été soutenue par mes supérieurs et mes collègues », insiste Marie-Noëlle.

À son arrivée chez Securitas Technology, Marie-Noëlle Dokhelar Bechacq était l'une des deux seules femmes parmi une quarantaine de techniciens. Hanène Djelassi, diplômée en droit, n'avait jamais touché à la technique avant de rejoindre l’entreprise. Toutes deux sont aujourd'hui responsables d'équipe technique. Pour Hellowork, elles reviennent sur leur parcours, leur évolution en interne et la place des femmes dans un secteur encore très masculin.

Le parcours de Marie-Noëlle

« À l’époque, nous n’étions que deux techniciennes dans l’entreprise »

Bac électrotechnique, BTS puis licence pro en domotique : à 20 ans, Marie-Noëlle avait toutes les cartes en main. Pourtant, ses recherches d'emploi tournent court. « Je me suis pris plusieurs remarques sexistes de la part des recruteurs. On me disait qu'une femme ne pouvait pas exercer un métier technique, que je n'aurais pas assez de force pour porter le matériel », raconte-t-elle. Après un an dans l'entreprise de paysagisme de son père, elle postule chez Niscayah, alors filiale de Securitas Technology. « J'ai été embauchée avec un salaire très correct, et sans expérience. »

Une fois en poste, Marie-Noëlle se sent parfaitement intégrée, et ne perçoit aucune différence de traitement avec ses homologues masculins. Seuls quelques clients, « surtout de l’ancienne génération », prêtaient moins attention à ses explications lorsqu'un collègue l'accompagnait. « Mais j'ai toujours été soutenue par mes supérieurs et mes collègues », insiste Marie-Noëlle.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, elle dépanne alors les systèmes d'alarme, de vidéosurveillance et de contrôle d'accès : diagnostics, remplacement de matériel, interventions à la nacelle pour accéder aux caméras… Un poste varié, mais encore peu féminisé : « Il y a 15 ans, nous n’étions que deux techniciennes dans l'entreprise. »

« Je m’imaginais devenir manager à 40 ans passés »

Marie-Noëlle occupe ce poste durant 14 ans. Mais au fil des années, la routine s'installe. « Malgré la variété des interventions et le renouvellement des produits, j'aspirais à évoluer », admet-elle. Lorsqu'une collègue quitte son poste de coordinatrice de maintenance régionale, Marie-Noëlle postule, sans aucune expérience de bureau. « Une parenthèse formatrice » où la jeune femme, très bien entourée, apprend toutes les ficelles de cette profession plus éloignée du terrain.

Un an plus tard, nouveau virage. Un responsable d'équipe s'absente et on lui propose d'assurer une mission à sa place. L'encadrement figurait bien dans ses projets, mais à plus long terme : « J’aspirais bien être manager un jour, mais je me voyais le devenir à 40 ans passés », sourit-elle. Pas vraiment sûre d'elle, elle accepte, épaulée par son responsable et ses collègues. Le défi est de taille : elle doit doubler les effectifs. « Au fil des mois, j’ai recruté et constitué une équipe complète. »

Six mois plus tard, un poste de responsable d'équipe technique se libère à Pau. Elle le décroche et l'occupe depuis février 2026. Pour prendre ses marques, elle s'appuie sur plusieurs leviers. « J'ai beaucoup échangé avec mes collègues qui occupaient le même poste et j'ai observé leur façon de travailler. Mon manager m'a aussi conseillé des lectures pour mieux appréhender le management », détaille-t-elle. Chaque année, des formations dédiées aux responsables d'équipe technique complètent cet accompagnement.

À la tête d’une équipe de huit techniciens, elle jongle désormais entre l'équipe, les clients et la facturation. « Mon rôle est de les guider et de suivre nos performances. Et lorsqu’un client est mécontent, c'est moi qui gère. » Sa qualité première en tant qu'encadrante ? « L'écoute », répond-elle. Et la capacité à faire remonter les problèmes opérationnels : « Le service achat avait référencé une pince pas très adaptée à nos usages. À la demande d’un de mes techniciens, j’ai demandé une autre référence », illustre-t-elle.

Adapter les équipements aux morphologies féminines

Ce réflexe, Marie-Noëlle l'a d'abord appliqué à son propre équipement. Lorsqu'elle était technicienne, un seul modèle de harnais, adapté aux hommes, était référencé pour monter à la nacelle. « Il comprenait un anneau d'ancrage en métal assez lourd qui tombait sur la poitrine. C'était assez inconfortable », se souvient-elle. À sa demande, l'entreprise référence un harnais pensé pour les femmes. « C’était une première victoire. » D'autres aménagements voient ensuite le jour : des chaussures de sécurité pour femmes, puis des tenues de travail. « Aujourd’hui, la moitié de nos équipements existent dans des formats adaptés à la morphologie des femmes », précise-t-elle.

Plus récemment, Marie-Noëlle a participé à une formation sur le leadership au féminin. « C’était un moment d’échange passionnant », reconnaît-elle. Une seconde formation, sur les biais cognitifs, a suivi. « Il y a encore pas mal de biais cognitifs autour des femmes dans les métiers techniques. On pense encore que, par nature, les femmes sont plus organisées, méticuleuses, ce qui n'est pas toujours le cas », affirme-t-elle.

Lors de la formation sur le leadership au féminin, elle a d'ailleurs croisé une autre responsable d'équipe technique du groupe : Hanène.

Le parcours d’Hanène

Un essai lors d’un job d’été

Après des études de droit, Hanène comprend vite que ce milieu n'est pas fait pour elle. « J'avais sans doute trop d'empathie pour devenir avocate », tranche-t-elle. En 2002, son beau-père, alors salarié du groupe, lui signale que Securitas Technology cherche une assistante technique. « Ce n’était pas mon domaine de formation, mais il me fallait un travail je me suis dit "pourquoi pas !" »

Hanène Djelassi, Responsable d'équipe technique Installation
Hanène Djelassi
Responsable d'équipe technique Installation

L’essai, qui ne devait être qu’un job d’été, se prolonge. « Le travail m'a plu, car il y avait énormément de choses à gérer. Les technologies étaient plus simples qu'aujourd'hui, mais nous avions un gros parc de clients, et donc toujours quelque chose à faire », explique-t-elle. Recrutée en intérim, elle signe un CDI en 2004. Elle contacte alors les clients, planifie les visites de maintenance et gère le SAV. « Les journées étaient bien occupées, le temps passait vite, je ne m’ennuyais pas ! »

Le poste évolue, les intitulés aussi… Hanène devient assistante planification, puis assistante technique, avant de passer coordinatrice de centre technique en 2016. Rattachée à l'installation, elle coordonne entre 10 et 15 techniciens, commande le matériel, vérifie sa compatibilité avec ce qu'a vendu le commercial et règle les litiges. Cette empathie qui l'éloignait du droit devient ici un atout. « Dès qu’un client n'est pas satisfait, je mets tout en œuvre pour trouver une issue favorable et faire en sorte de regagner sa confiance », assure-t-elle. Les clients le lui rendaient bien : « J'avais une bonne relation client, ils m'appréciaient beaucoup. »

Un management délégatif

Son prédécesseur la pousse ensuite à aller plus loin. « Il voulait que j'évolue, donc il m'a appris de son métier », salue-t-elle. Responsable d'équipe technique, ce dernier pilotait à la fois le service incendie et celui de la sûreté. Lorsque Securitas Technology décide de développer son activité incendie, le périmètre est scindé en deux, et il la propose pour reprendre la sûreté, poste qu’elle occupe depuis…. Intrusion, vidéo, contrôle d'accès, connexion à distance, rondes vidéo… « La programmation est plus complexe qu'avant, mais ça donne un intérêt au métier. J’en apprends tous les jours. »

Cette année, Hanène a recruté quatre techniciens. Son équipe compte désormais huit membres, trois responsables travaux et une coordinatrice.

Un secteur qui se féminise

Pour l'accompagner à chaque étape de son évolution, Securitas Technology a multiplié les formations : organisation et gestion des priorités, puis management sur quatre jours. C’est à ce moment que la trentenaire a pu véritablement définir le style de management qu’elle voulait, délégatif : « Je fais confiance à mes équipes. Je les laisse en autonomie, et s'ils ont besoin, ils me sollicitent. »

Une méthode qui porte ses fruits. Plusieurs de ses collaborateurs ont évolué, dont un technicien devenu responsable travaux, « qui le fait à merveille ». D'autres ont reçu des offres de la part d’acteurs du secteur, sans partir pour autant.

Comme Marie-Noëlle, Hanène a participé à la formation sur le management au féminin. « Nous avons travaillé sur la place des femmes dans des milieux masculins et sur la manière de gérer cette situation au quotidien. Les formatrices étaient excellentes, les échanges très riches, et j'en suis ressortie avec beaucoup d'apprentissages. Une deuxième session est d'ailleurs prévue », poursuit-elle.

Côté reconnaissance, Hanène ne ressent pas de différence avec ses homologues masculins chez Securitas Technology. Pourquoi si peu de femmes composent les effectifs des métiers de la sécurité alors ? « Certaines n'osent pas, par peur de ne pas être à la hauteur, le fameux syndrome de l’imposteur. C'est dommage », estime-t-elle.

La féminisation du secteur prendra du temps, mais elle est déjà en marche : « Il y a beaucoup plus de femmes aujourd'hui qu'à mon arrivée, y compris à des postes à responsabilités. Nous avons encore du mal à recruter des techniciennes, mais les choses avancent », confirme Marie-Noëlle.

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