Être bien au travail

Comment prolonger votre arrêt maladie sans perdre vos droits ?

Par Johannie BONIN • Publié le

Prolonger un arrêt maladie ne se fait pas avec n'importe quel médecin : une règle stricte encadre qui peut le faire, sous peine de perdre vos indemnités.

Comment prolonger votre arrêt maladie sans perdre vos droits ?
Une seule règle à retenir avant de consulter un autre médecin pour prolonger son arrêt. © Studio Romantic/stock.adobe.com

Un arrêt maladie qui touche à sa fin ne signifie pas toujours que l'état de santé permet de reprendre le travail. Prolonger cet arrêt reste possible, mais seulement en respectant des règles précises sur qui peut le prescrire, sous peine de perdre le bénéfice des indemnités journalières. Voici ce qu'il faut savoir pour prolonger un arrêt maladie sans perdre ses droits.

Qui peut prescrire la prolongation d'un arrêt maladie ?

La prolongation d'un arrêt de travail obéit à une règle stricte, fixée par l'article L162-4-4 du Code de la sécurité sociale, un texte central du droit social applicable à tous les salariés : elle ne peut en principe être prescrite que par le médecin prescripteur de l'arrêt initial, ou par le médecin traitant du salarié. En dehors de ces deux situations, l'indemnisation n'est maintenue que si l'assuré justifie une impossibilité de consulter l'un ou l'autre de ces médecins.

Plusieurs cas particuliers sont toutefois admis sans justification supplémentaire : la prolongation prescrite par le remplaçant du médecin traitant ou du prescripteur initial, celle décidée dans le cadre d'une hospitalisation par un médecin hospitalier, ou encore celle prescrite par un médecin spécialiste consulté à sa demande. En dehors de ces cas, le médecin qui prolonge l'arrêt doit indiquer le motif précis sur l'avis d'arrêt de travail, faute de quoi l'Assurance Maladie peut refuser de verser les indemnités journalières, conformément au Code de la sécurité sociale.

Un nouveau délai de carence s'applique-t-il à chaque prolongation ?

Le délai de carence de trois jours propre à l'arrêt maladie ne s'applique qu'une seule fois, au moment de l'arrêt initial. Une prolongation ne déclenche donc aucun nouveau délai de carence : les indemnités journalières continuent d'être versées sans interruption, à condition que la prolongation respecte les règles de prescription évoquées plus haut.

Le maintien de salaire éventuellement dû par l'employeur, selon les conditions d'ancienneté prévues par le Code du travail ou la convention collective applicable, suit la même logique de continuité tant que l'arrêt se poursuit sans rupture entre les différentes périodes. Ce maintien de salaire relève du droit du travail, tandis que l'indemnisation elle-même relève du droit social au sens large, géré par la Sécurité sociale.

Quelle est la durée maximale d'indemnisation ?

Il n'existe aucune limite légale au nombre de prolongations qu'un arrêt maladie peut connaître. En revanche, les indemnités journalières versées au titre de la maladie ordinaire sont plafonnées à 360 jours sur une période de référence de trois ans, une durée maximale distincte de celle applicable en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, régie par des règles spécifiques propres au droit du travail et à la Sécurité sociale. Ce plafond ne s'applique pas de la même façon lorsque l'arrêt est lié à une affection de longue durée (ALD) reconnue par l'Assurance Maladie, pour laquelle l'indemnisation peut se poursuivre jusqu'à trois années consécutives pour une même affection.

Une nouvelle limite de durée par prescription à partir de septembre 2026

À partir du 1er septembre 2026, un arrêt initial ne pourra plus dépasser 31 jours, et chaque prolongation sera limitée à 62 jours. Cette nouveauté, prévue par un décret publié le 12 juin 2026, s'appliquera aux prescriptions et prolongations établies à compter de cette date, sans remettre en cause les arrêts déjà en cours.

Ce plafond n'interdit toutefois pas un arrêt plus long au total : il impose seulement un renouvellement plus fréquent, le médecin pouvant justifier une prolongation au-delà de ces seuils si l'état de santé du salarié le nécessite, en tenant compte des recommandations de la Haute Autorité de santé.

Peut-on prolonger un arrêt maladie par téléconsultation ?

Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, la prescription ou la prolongation d'un arrêt de travail par téléconsultation est limitée à trois jours maximum. Au-delà de cette durée, seule une téléconsultation réalisée par ce même praticien permet de prolonger valablement l'arrêt, sauf impossibilité avérée d'obtenir un rendez-vous en présentiel dans un délai raisonnable.

Cette restriction vise à limiter les prolongations obtenues sans réel suivi médical, en particulier après un accident du travail ou une longue maladie, tout en conservant une solution pour les salariés qui ne peuvent matériellement pas consulter en personne ce praticien.

Quelles démarches accomplir après la prescription de la prolongation ?

Comme pour la première prescription, l'avis de prolongation doit être transmis à la CPAM et à l'employeur dans un délai de 48 heures. L'employeur conserve la possibilité de faire réaliser une contre-visite médicale à domicile, destinée à vérifier la cohérence de la prolongation avec l'état de santé déclaré, dans le respect des horaires de présence mentionnés sur l'arrêt.

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