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Stéphanie, recruteuse au sein de la logistique d’Intermarché et Netto, répond à vos questions !
Stéphanie Dupont Pastezeur, responsable recrutement chez ITM LAI Logistique Groupement des Mousquetaires, répond à une sélection de questions des abonnés de notre newsletter.
Comment décrocher un entretien quand plus de 500 candidats postulent en trois jours ?
Il ne faut pas se laisser décourager par le volume. Sur les 500 candidatures reçues, toutes ne sont pas pertinentes, car beaucoup de candidats postulent sans vraiment correspondre au profil recherché. La clé, c'est de bien lire l'offre et de répondre uniquement quand son profil colle vraiment aux critères demandés. Si un poste exige de l’expérience et qu'on sort tout juste de l'école, les chances d’être retenu sont minces. Il faut l’avoir en tête et candidater quand on sent que son profil est réellement adapté au poste.
Comment se démarquer face aux présélections automatisées par l'IA dans les ATS (NDLR : logiciels de gestion des candidatures) ?
Je n'ai pas constaté de différence majeure depuis l'arrivée de l'IA dans les processus de recrutement. Il faut dédramatiser : elle est encore loin d'être aussi présente qu'on peut le penser, les présélections se font encore beaucoup par les recruteurs eux-mêmes. Nous disposons bien sûr d’algorithmes qui permettent de classer les CV à leur arrivée, mais ils ne sont pas systématiquement utilisés. Ils demandent d'être nourris et perfectionnés, et tout le monde n'a pas le temps ou l'envie de le faire. La meilleure façon de se démarquer reste d'avoir un CV complet, bien écrit, et de postuler uniquement sur les offres qui correspondent à son profil.
Quels signaux font qu'un CV attire vraiment l'attention en quelques secondes ?
La présélection reste encore un travail humain, souvent fastidieux quand il y a du volume. Il faut donc se mettre à la place du recruteur et proposer un CV conventionnel dans sa forme, pour qu'il retrouve vite les informations qu'il cherche. Je conseille de soigner les titres des postes occupés, qu'ils soient évocateurs, et d’élaborer un en-tête qui explique en quelques mots le projet professionnel et la motivation, sans être trop générique. Enfin, quand un élément est obligatoire dans le profil, un niveau d'anglais, un permis, la maîtrise d'un logiciel, il doit absolument apparaître dans le CV, avec si possible une précision sur le niveau. Cela rassure le recruteur et facilite la sélection.
J'ai envoyé un nombre de candidatures conséquent avec uniquement des refus, avez-vous des conseils pour y remédier ?
La première chose à faire, c'est de revoir l'adéquation entre son CV et les profils visés. Ai-je toujours candidaté sur des offres qui correspondaient vraiment à mon profil ? L’autre bon réflexe, c’est de soumettre son CV à des personnes extérieures pour valider son attrait, sa lisibilité, son exhaustivité. Des professionnels RH proposent gratuitement ce type de relecture, cela permet d'avoir des indications sur ce qu'il faut modifier. Enfin, je conseille de varier les formes de candidature plutôt que de multiplier les envois de CV : utiliser les réseaux sociaux professionnels, activer son réseau pour de la cooptation, se rendre sur des salons pour rencontrer des recruteurs en direct et déposer des candidatures spontanées.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes chez les candidats en entretien ?
L'erreur qui revient le plus souvent, c'est de rester sur une énonciation discours très préparé et linéaire de son parcours, du type « j'ai quitté ce poste, puis je suis entré dans cette entreprise ». Avec mon équipe, on attend plutôt une réinterprétation des expériences, qui met en avant les points communs avec le poste visé. Si la personne est arrivée jusqu'à l'entretien, c'est que son CV a déjà convaincu, il n'est donc pas utile de le réexpliquer. Mieux vaut appuyer sur les compétences qui peuvent faire la différence, en les illustrant avec des exemples concrets tirés de son parcours. Cela demande une bonne mémoire de son propre CV, mais c'est souvent ce qui fait la différence à un entretien.
Avez-vous mis en place des programmes anti-discrimination dans vos enseignes ?
Au sein du Groupement des Mousquetaires, nous avons une politique d'inclusion en place depuis plusieurs années dans toutes nos entités. Pour autant, je suis convaincue que ce type de démarche doit surtout venir d'une conviction personnelle. Le meilleur levier reste la pédagogie et la communication : les recruteurs sont, à mon sens, les meilleurs ambassadeurs sur ce sujet, puisque ce sont eux qui font le lien avec les managers. Concrètement, cela veut dire ne jamais laisser passer une réflexion ou un avis qui pourrait être discriminant. On peut parfois le faire avec un peu d'humour pour désamorcer, mais sans jamais céder.
Faut-il dire dès l'entretien d'embauche qu'on a une RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) ? Et comment la présenter ?
Je n'ai pas de réponse universelle à cette question, tout dépend du type de handicap et de la façon dont la personne souhaite l'aborder. Il n’y a aucune obligation, surtout quand il s’agit d’un handicap invisible. Le seul cas où je suggère de le préciser dès que possible, c'est quand le handicap nécessite un aménagement matériel ou de temps de travail. Il vaut mieux le dire tôt, car même si l'entreprise fait le maximum, certains aménagements peuvent être compliqués à mettre en place rapidement. Cela évite aussi une frustration en fin de process recrutement, quand on découvre qu'un aménagement nécessaire ne peut pas être proposé.
Une autre option, c'est de l'indiquer directement sur le CV : cela ouvre la porte à la discussion dès le départ, le recruteur peut alors indiquer si c'est possible ou non en fonction du poste, ou demander plus de précisions sur les aménagements souhaités lors de l’entretien.
Quelle est votre politique interne concernant les seniors ?
Il faudrait déjà qu'on se mette d'accord sur ce qu'est un senior ! Si on reste sur la définition des années 2000, c’est quelqu'un de plus de 50 ans. Je suis donc moi-même une senior, et j'ai été embauchée en 2025 dans le Groupement des Mousquetaires. Cela vous donne une idée de notre politique.
À 57 ans, peut-on encore trouver du travail sans être mis de côté avant même l'étude du CV ?
À ma connaissance, il n'existe aucun système qui calcule automatiquement l'âge d'un candidat, même si on peut le déduire avec le nombre d'expériences ou l'année de formation. La réticence n'est pas vraiment liée à l'âge, c'est plutôt une question d'investissement, pour le collaborateur comme pour l'entreprise : construire un partenariat, acquérir la confiance d'une équipe, cela prend du temps. Avec les réformes de retraite successives, on travaille de plus en plus longtemps, donc c'est avant tout une question de posture et de cohérence du parcours. Il ne faut pas se mettre de barrière liée à l'âge, mais montrer qu'on a encore des choses à accomplir, quitte à préciser qu'il reste encore plusieurs années de travail, pour rassurer sur sa capacité à s'investir sur le long terme.
Après 15 ans au poste d’assistante de direction, 11 ans en tant que professeure des écoles, puis un retour à l'assistanat, comment tourner ce parcours en avantage face à un recruteur qui peut craindre la coupure ?
Il y a de plus en plus de parcours comme celui-ci, on s'y habitue. Sur la coupure en revanche, je suggère de ne pas la voir comme telle, mais comme un projet professionnel complémentaire. La personne n'a pas quitté son métier, elle a fait autre chose, un point c'est tout. L'objectif, c'est d'aller chercher dans cette expérience tout ce qui reste pertinent pour le poste d'assistanat : la polyvalence, la gestion de crise, la réactivité, la maîtrise des outils informatiques, la patience et la résilience face à des publics diversifiés (administrations, parents, enfants). Ce sont exactement les aptitudes qu'on demande à une assistante. Ces éléments ont leur place sur le CV, et en entretien, on peut aussi revenir sur des missions annexes, comme l'organisation de sorties ou de voyages, des partenariats montés avec des associations.
Quand on débute un métier passion après 25 ans dans un autre domaine, vaut-il mieux ne pas donner la date de sa première formation ? Et comment expliquer une reconversion aussi tardive ?
J'ai eu, dans ma vie professionnelle antérieure, une personne qui a fait ce type de reconversion, d'un poste de professeure de collège vers celui de bijoutière, son métier de rêve. Ce que je peux conseiller à une personne en reconversion, c'est de bien préparer son projet. Une reconversion vers un métier qui n'a rien à voir avec la profession initiale est toujours vue comme une preuve de courage, il ne faut donc pas en avoir peur. Mais il faut avoir conscience des contraintes du nouveau métier : le niveau de salaire, le fait de repartir de la base, de réapprendre, de retrouver une autonomie et un pouvoir de décision plus limités au début, et des conditions de travail parfois très différentes de celles qu'on a connues. Il faut surtout mettre en avant des preuves tangibles de sa capacité à exercer ce métier, même acquises en amateur. Cela peut être via des stages, des expériences personnelles, de l'engagement associatif. Cela va au-delà de la motivation, du simple « j'en ai toujours rêvé ». Concernant la date de la première formation, cela ne pose aucun souci de la mentionner. C’est encore et toujours une question de posture, il faut juste pouvoir expliquer pourquoi on se tourne vers ce métier aujourd’hui.
Comment justifier un trou dans son CV, dû par exemple à une période de chômage, sans que cela ne se retourne contre soi en entretien ?
On a tous des accidents de parcours, il ne faut pas les cacher ni chercher à les dissimuler. Il faut en revanche savoir les expliquer en entretien, être très clair sur les raisons de sortie de l'entreprise qui a précédé cette période. Mais sans montrer de rancœur ou de déception, ce qui serait fatal en entretien. Il faut aussi mettre en avant ce qu'on a fait pendant cette période, sans se réfugier derrière des lieux communs comme « j'ai pris du temps pour me ressourcer » ou « j'ai mené une introspection ». Si on n'a rien fait de particulier, on peut simplement dire qu'on s'est consacré à sa recherche d'emploi, sans en faire une explication trop longue. L'essentiel, c'est de rester factuel puis de se tourner rapidement vers le poste visé et les responsabilités attendues, pour montrer qu'on est prêt à les prendre à bras-le-corps.
Je recherche un emploi dans un autre département que celui où je vis. Comment présenter ma candidature pour que la situation ne joue pas en ma défaveur ?
Là aussi, il s'agit de rassurer le recruteur en expliquant pourquoi cette mobilité est souhaitée. Il vaut mieux préciser la raison de ce déménagement : mutation du conjoint, rapprochement familial… Cela donne aussi une indication sur les délais avant la prise de poste. Je conseille de bien préparer en amont les questions qui pourraient être liées à cette mobilité, à la fois pour sécuriser son projet professionnel et pour répondre aux interrogations du recruteur : comment envisage-t-on de se loger à court terme, quel délai pour faire déménager sa famille, est-on capable de supporter un double logement ? Sur le délai, il ne doit pas être déraisonnable et doit rester dans la limite d’un préavis classique. Un employeur ne peut pas attendre six mois qu'une personne vende sa maison ou que ses enfants terminent leur année scolaire.
Quelle stratégie adopter afin de trouver une alternance au plus vite ?
La recherche d’alternance est effectivement difficile en ce moment. Il y a beaucoup de candidats et assez peu de postes proposés, car accompagner un alternant demande du temps que toutes les entreprises n'ont pas. Je n'ai pas de recette miracle, mais je reviens sur ce que j'ai dit plus tôt : il faut bien s'adapter au profil recherché. Candidater à une alternance de niveau bac+5 quand on est déjà à bac+2 n'est pas pertinent, cela ne permettra pas de décrocher un entretien.
Quelle est l’erreur la plus fréquente chez les alternants ?
Ne pas préciser le rythme de l'alternance. C'est pourtant un critère indispensable ! Un recruteur n'a pas le temps d'appeler chaque candidat pour connaître son rythme, l'absence de cette information est souvent un motif de non-sélection immédiat. Je conseille aussi d'être le plus exhaustif possible sur ses expériences, professionnelles ou non. Être trésorier d'une association est un vrai plus pour un poste en finance, par exemple. Il faut rester sélectif sur ce qu'on met en avant et aller chercher, dans toutes ses expériences, les éléments qui montrent qu'on sera à la hauteur du poste visé, y compris dans ses activités extra-professionnelles quand elles ont pris une vraie dimension : avoir monté un projet d'exposition ou négocié avec une mairie pour obtenir des locaux, par exemple, a bien plus de poids qu'une simple mention d'appartenance à une association.
2026 est-elle une bonne année pour changer d'emploi ?
Je n'ai pas de réponse générale, mais je peux parler de notre entreprise. Chez ITM Logistique, les enjeux 2026-2027 sont colossaux, nous recrutons près de 1 200 personnes partout en France, sur des métiers d'exploitation logistique comme sur des fonctions support. La croissance des marques Intermarché et Netto a été exponentielle depuis 2024, et elle est actée pour 2026 et 2027. Une grosse partie de nos entités sera donc concernée, en magasin comme en logistique. Pour nous en tout cas, c'est clairement une bonne période pour venir nous rejoindre !
Le Groupement Mousquetaires regroupe 7 enseignes : Intermarché, Netto, Bricomarché, Bricorama, Brico Cash, Roady et Rapid Pare-brise. Offrant une large gamme de produits et services, il couvre plus de 300 métiers et donc de nombreuses opportunités professionnelles.
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