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Anne Panhelleux, recruteuse chez Néotoa, répond à vos questions !

Par Laura Lamassourre Publié le

Anne Panhelleux, chargée de recrutement et marque employeur chez Néotoa, accompagnée de sa collègue Maëliss Gillouard, répond à une sélection de questions posées par les abonnés de notre newsletter.

Anne Panhelleux, recruteuse chez Néotoa, répond à vos questions !
Vos questions, les réponses d'un recruteur © Néotoa / Hellowork

Comment fonctionnent les ATS et comment optimiser son CV pour les passer sans sacrifier sa lisibilité pour un recruteur humain ?

Chez Néotoa, nous n'avons pas aujourd'hui de système qui nous permette de filtrer les candidatures par mots-clés, contrairement à certaines entreprises qui utilisent l'intelligence artificielle pour cette étape. Notre ATS sert avant tout à lire et extraire les données du CV. Il identifie les compétences, l'intitulé de poste et les qualifications, puis compare des mots-clés avec l'offre d'emploi. Nous effectuons ensuite le travail de classement et de filtrage des candidatures selon les critères définis en amont, lors du brief avec le manager.

Pour la forme du CV, une mise en page enrichie et colorée reste possible et permet même de se démarquer dans la masse, selon les offres. Mais l'essentiel, pour un ATS comme pour un recruteur, c'est d'être factuel : des mots-clés compréhensibles, sans acronymes internes difficiles à décoder de l'extérieur, et des réalisations concrètes, idéalement chiffrées, plutôt qu'une simple liste de missions. Une belle mise en page reste agréable et différenciante, sans pour autant surcharger le document, au risque d'y perdre le recruteur comme l'ATS. Sur la visibilité, l'enjeu reste le même : faire correspondre ses mots-clés avec ceux de l'offre, un réflexe utile même pour candidater dans des entreprises qui utilisent des outils de scoring plus poussés que le nôtre.

Comment passer le barrage des ATS avec un profil atypique, par exemple avec l'expérience mais sans diplôme ?

Valorisez votre expérience en décrivant les missions réalisées, mais surtout en insistant sur ce que vous avez concrètement accompli plutôt que de rester dans le descriptif. Cela rend le parcours plus palpable pour un recruteur. Toutefois, il existe des exceptions. Pour certains métiers, comme travailleur social ou juriste, un diplôme d'État reste un critère d'entrée incontournable, c'est le premier filtre pour passer l'étape suivante. En dehors de ces métiers, nous ne nous attardons pas systématiquement sur le diplôme, et nous valorisons avant tout l'expérience de la personne.

La lettre de motivation sert-elle encore à quelque chose en 2026 ?

Oui, notamment pour un profil atypique ou en reconversion : elle permet de préciser le projet professionnel, de mieux comprendre l’objet de la candidature, et de vérifier la cohérence avec le poste visé. Elle peut également être utile dans le cas d’une mobilité géographique ou pour une recherche de stage ou d'alternance. Elle n'est donc pas morte, mais elle doit être utile.

Ce qui est pertinent, c'est d’exposer son projet professionnel ou d'expliquer une expérience différente du poste visé, jamais de faire un copier-coller du site de l'entreprise ni de la générer entièrement par une IA. C’est davantage le fond que la forme qui compte. Nous vous conseillons vivement donc de l’écrire par vous-même. Et ce, même si l’écriture n’est pas votre exercice de prédilection.

Certains managers restent sensibles à ce document et nous le demandent, même quand il est facultatif pour nous, car un manager et une recruteuse n'ont pas le même regard sur les candidatures, ni le même nombre de CV et de lettres à traiter.

Dans un processus de recrutement à plusieurs étapes, à quoi sert chaque entretien ?

Chez nous, il y a trois étapes de recrutement. La première est un entretien téléphonique de 15 à 20 minutes, qui sert de première prise de contact : nous voulons connaître les motivations et les grandes lignes du parcours, sans détailler l'ensemble des expériences, et valider des prérequis essentiels comme la disponibilité et les prétentions salariales.

La deuxième étape est un échange physique d'une heure, avec le manager et nous, en tant que chargées de recrutement. Nous allons plus loin dans le parcours, revenons sur les motivations et le projet, et testons le candidat avec des questions de mise en situation, pour valider les compétences et la projection sur le poste, en l'invitant à illustrer au maximum avec des exemples concrets.

Enfin, il y a un troisième temps d'échange, moins formel, avec deux ou trois membres de la future équipe. Cela permet au candidat de découvrir le parcours de ses futurs collègues et d'obtenir des précisions plus concrètes sur le métier. Ce process sécurise la suite dans les deux sens : le candidat peut s'assurer qu'une fois en poste, les missions correspondront bien à ce qui a été indiqué tout au long des échanges.

En entretien, comment expliquer que l'on ne maîtrise pas certains points de l'offre sans se mettre une balle dans le pied ?

L'honnêteté est appréciée, elle est même fortement encouragée. Si une compétence essentielle au poste manque, cela se verra, probablement dès le parcours d'intégration, et cela peut mettre en difficulté le futur collègue ou toute l'équipe. Nous préconisons donc d'être transparent. Montrez votre capacité d'apprentissage, en l’illustrant avec des expériences passées, et en mettant en avant les soft skills qui permettent d'aller au-delà de cette lacune. Ceci vous assurera sans aucun doute de ne pas vous mettre une balle dans le pied en faisant le choix de l’honnêteté.

Comment avoir des indices sur la culture d'entreprise en entretien ?

Cela peut se ressentir dans l'échange avec le recruteur ou le manager. Mais n'hésitez pas à poser directement la question. Il n'y a jamais de question idiote, et cela permet de mieux se projeter. Chez nous, cela transparaît notamment lors du troisième entretien participatif. À défaut, l'environnement de travail, open space ou flex office par exemple, donne aussi des indices, même s'il ne faut pas confondre le simple matériel, comme un baby-foot, et la véritable culture d'entreprise.

Peut-on négocier son salaire en entretien même s'il est affiché sur l'offre ?

Nous sommes transparentes dès l'échange téléphonique, avec une fourchette de rémunération communiquée d'emblée. Il n'y pas de problème à négocier, à condition de l'évoquer rapidement, pour éviter un échec ou une frustration après plusieurs entretiens. Tout dépend ensuite de la marge de manœuvre de l'entreprise par rapport à la fourchette annoncée.

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre pour son premier entretien ?

Ne pas avoir préparé son entretien, ne pas réussir à faire le lien avec le poste proposé, ne pas s'être renseigné sur l'entreprise malgré les informations déjà partagées lors de l'entretien téléphonique, ce sont les principaux écueils.

Préparer quelques questions reste tout aussi important, c'est toujours valorisant d'en avoir, côté candidat. Un point qui remonte aussi des managers, c'est de venir sans carnet pour prendre des notes, ce qui peut donner une mauvaise première impression. Pensez à en glisser un dans votre sac.

Peut-on dire que l'on est stressé en entretien ?

Oui, bien sûr. Certains candidats nous en font part, et nous le comprenons tout à fait : nous sommes toutes les deux passées par là, et nous savons que ce n'est pas la situation la plus confortable. Cela nous permet de rassurer la personne. Nous n'hésitons pas à faire en sorte que l'échange reste un cadre agréable, même si nous continuons évidemment à chercher à connaître les compétences et les expériences du candidat.

Faut-il évoquer sa RQTH en entretien ?

C'est une question assez personnelle, qui dépend de l'aisance de chacun à en parler. Nous ne sommes pas toutes et tous à l'aise avec cet exercice. Si l'on dispose d'une RQTH, l'idée est de se demander si l'on se sent capable de l'évoquer, et pourquoi on souhaite le faire. Cela peut favoriser l'intégration ou permettre d'être plus à l'aise avec son équipe par la suite, de poser le cadre et de ne pas avoir à se cacher sur d'autres aspects. En revanche, s'il y a une RQTH qui nécessite un aménagement de poste, c'est une information essentielle pour nous, afin de pouvoir accueillir la personne dans les meilleures conditions, avant même son arrivée, et d'anticiper son aménagement.

Comment valoriser son CV après 50 ans ?

L'idée est de mettre en avant l'expérience comme un atout différenciant. Mieux vaut garder un CV sur une page, en sélectionnant les expériences les plus pertinentes par rapport à l'offre visée, et en mettant l'accent sur des réalisations chiffrées plutôt que sur une liste de missions. Ne croyez pas non plus que c'est terminé, restez positif dès le début de l'échange, que ce soit au téléphone ou en physique, car à 50 ans, il reste encore une bonne partie de carrière à faire – peut-être quinze ans – ce qui laisse la place à de beaux projets. Mettez en avant votre propre expérience, sans vous comparer aux autres.

Comment valoriser son parcours après une période de chômage de longue durée ?

Mieux vaut assumer cette période, même si ce n'est pas toujours facile, et mettre en avant d'autres réalisations menées pendant ce temps : un bilan de compétences, un projet de création d'entreprise même non abouti, un engagement associatif. Cela vaut aussi pour un congé parental, de paternité, de maternité ou de proche aidant, sans qu'il soit nécessaire de rentrer dans les détails de sa vie personnelle. L'objectif est de justifier un peu cette absence, tout en montrant que l'on est prêt à reprendre un emploi et que l'on a entretenu ses compétences pendant cette période, en restant positif.

Comment optimiser une candidature spontanée ?

Les conseils restent globalement les mêmes que pour une candidature classique, et la lettre de motivation peut même être d'autant plus pertinente dans ce cas. Elle nous aide à comprendre vers quel vivier positionner le candidat, notamment lorsque nous savons qu'un poste pourrait s'ouvrir prochainement et qu'un profil pourrait y correspondre.

Quels sont vos conseils pour la recherche d'un contrat en alternance ?

Cela dépend de ce dont vous avez besoin dans le cadre de votre formation. Privilégiez les offres qui répondent aux missions attendues par votre cursus, pour que ce soit cohérent. Chez Neotoa, nous valorisons les candidatures spontanées, elles sont notamment réutilisées pour l'alternance. Les candidats sont recontactés en fonction des besoins identifiés.

Côté organisation, mieux vaut tenir un petit tableau de suivi, car on postule souvent en masse quand on cherche une alternance. Cela évite de se perdre et de donner une mauvaise impression lors d'un rappel, quand la personne ne se souvient plus de quelle entreprise il s'agit. Démarrez aussi vos candidatures dès janvier ou février, même si les entreprises ne sont pas toujours prêtes aussi tôt : la campagne se lance en général plutôt au printemps, en mars chez nous.

En 2026, les recruteurs privilégient-ils toujours les diplômes face aux compétences ?

Nous privilégions plutôt l'expérience et les compétences acquises au cours du parcours professionnel, même si certains postes nécessitent une formation de base et donc un niveau de diplôme. Pour le reste, nous restons complètement ouvertes aux parcours plus atypiques, qui ont développé un certain nombre de compétences et de soft skills au fil de leurs différentes expériences.

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