Rhume, toux, maux de tête… 43 % des salariés viennent quand même travailler (et ça ne choque plus personne)
Près d’un salarié sur deux continue de se rendre au bureau malgré les symptômes, selon une enquête OberA menée en janvier 2026 auprès de 4 102 personnes.
Un réflexe profondément ancré, que ni la crise sanitaire ni l’essor du télétravail ne semblent avoir entamé.
Venir malade au bureau, la norme silencieuse
Le scénario, tout le monde le connaît, un collègue arrive un matin avec le nez rouge, la voix cassée et un paquet de mouchoirs sous le bras. Est-ce que ça étonne ? Pas vraiment. Et pour cause : selon l’enquête OberA récemment publiée, 43 % des salariés déclarent venir travailler malgré une toux ou un rhume, contre seulement 25 % qui restent chez eux. Pour 29 %, la décision dépend du contexte (charge de travail, période, culture d’équipe).
Ce réflexe n’a rien d’anecdotique. Les données de la Dares le confirment à une échelle plus large : en France, plus d’un jour de maladie sur quatre se traduit par une présence au poste. Le phénomène a un nom bien connu : le présentéisme. Travailler malade, c’est allonger sa propre convalescence, mais c’est aussi exposer ses collègues, en particulier dans les espaces partagés et les open spaces où l’air circule mal.
Le plus frappant, c’est que ce comportement ne suscite quasiment plus aucune réaction collective, de remarque du manager ou de protocole clair dans la plupart des entreprises. Le salarié malade arbitre seul, influencé par la peur de prendre du retard, la culpabilité vis-à-vis de l’équipe ou la crainte du jugement.
Post-Covid, des réflexes qui s’effacent
On aurait pu penser (naïvement) que la pandémie avait durablement changé les comportements. L’enquête OberA montre que… pas vraiment. Certains gestes ont survécu péniblement : le lavage de mains et la désinfection restent le premier réflexe (53 % des répondants), et 41 % déclarent garder leurs distances face à un collègue malade.
Mais les mesures les plus efficaces en milieu clos décrochent nettement. Seuls 27 % pensent à aérer davantage quand un collègue est souffrant. Le port du masque, pourtant devenu banal pendant trois ans, ne concerne plus que 18 % des salariés.
Les gestes barrières se sont progressivement effacés des habitudes collectives, et la plupart des entreprises n’ont pas pris le relais avec des consignes claires. Résultat : la prévention repose presque entièrement sur l’initiative individuelle, avec les limites que l’on constate.
Aérer et se laver les mains ? Un programme pourtant enfantin
Les salariés ne s’y trompent pas : toujours selon l’enquête OberA, 83 % d’entre eux estiment que les entreprises et les lieux publics devraient faire davantage pour garantir une qualité d’air satisfaisante. Plus marquant encore, 56 % jugent que « tout reste à faire ». Ce qui montre un fort décalage entre l'envie d'une qualité de l'air suffisante au bureau et les bonnes pratiques qui pourraient y aider.
Concrètement, plusieurs leviers existent et ne demandent pas de révolution organisationnelle. Encourager le télétravail en cas de symptômes, même pour une journée, suffirait à casser la logique du présentéisme dans beaucoup de situations. Mettre des masques à disposition en période hivernale, sans obligation mais sans stigmatisation non plus, est un geste simple. Renforcer l’aération des espaces partagés (22 % seulement des salariés déclarent que les fenêtres sont ouvertes au moins une fois par jour en hiver) relève du bon sens autant que de la réglementation.
Car le cadre juridique existe. L’article L.4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cette obligation couvre la qualité de l’air, la ventilation des locaux et la prévention des risques biologiques.
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