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Yann et Quentin, deux frères reconvertis dans l’aide à domicile : « On se sent utile »
Le premier était préparateur en pharmacie, le second équipier polyvalent au sein d’une grande enseigne de fast-food. Découvrez leur quotidien chez Domaliance.
Chez Domaliance, agence du réseau A2micile, deux frères partagent le même nom sur les plannings. Yann Boursier, 36 ans, y est aide-ménager depuis deux ans. Quentin Boursier, 34 ans, y exerce comme auxiliaire de vie depuis un an et demi, après quatre ans dans une autre structure. L’un a quitté le comptoir d’une pharmacie, l’autre la restauration rapide. Tous deux sont venus chercher le contact humain et la satisfaction de rendre service. Récit d’une reconversion à deux voix.
De la pharmacie à l’aide à la personne
Avant de pousser la porte de ses bénéficiaires, Yann a exercé sept ans en officine, en tant que préparateur en pharmacie. Le rythme y est effréné et laisse peu de place à la conversation. « Je n’avais malheureusement pas le temps d’échanger avec les clients, alors que ce sont souvent des personnes fragiles, seules, qui n’ont personne à qui parler. En rentrant chez moi, j’avais parfois la sensation d’être un donneur de boîtes », avoue-t-il.
Pour trouver sa nouvelle voie, Yann n’a pas eu à chercher bien loin. Son frère Quentin travaillait déjà dans l’aide à la personne. « J’ai discuté avec lui et avec ma sœur qui avait, elle aussi, exercé ce type de métier chez Domaliance. » Yann cherchait un poste moins monotone que la pharmacie, tout en conservant le contact humain. Celui d’aide-ménager cochait tous ses critères, et le pari fut le bon. « Je pense que j’ai fait le meilleur choix, et je ne le regrette absolument pas. »
« On est parfois le seul lien social »
Chez Domaliance, Yann travaille à temps plein. « Je pars de chez moi pour rejoindre le domicile de mon premier bénéficiaire. Une fois terminé, je file chez le deuxième, et ainsi de suite jusqu’à ce que le planning de la journée soit bouclé. » Quand tout se déroule comme prévu, il intervient chez quatre ou cinq bénéficiaires par jour. Reste que les plannings bougent au gré des désistements et des ajouts de dernière minute. « Je suis rattaché à un secteur, mais si je peux dépanner les collègues, je n’hésite pas à le faire. » Sa journée type ? « Elle n’existe pas vraiment, sourit-il. Je découvre sans arrêt de nouveaux endroits, de nouvelles personnes, et c’est ce qui change de mon précédent poste. »
Aujourd’hui, ses bénéficiaires sont majoritairement des personnes âgées ou en perte d’autonomie. Avec elles, son ancien métier n’est jamais loin. « Je retrouve le volet "santé" que j’appréciais. Je n’ai plus le droit de m’immiscer dans les traitements, même si ça m’échappe parfois, petite déformation professionnelle ! Mais je peux leur donner des conseils de base, et ça leur fait du bien. »
Ce qu’il apprécie avant tout, c’est de pouvoir enfin prendre le temps. « Au quotidien, le ménage les soulage, bien sûr, mais beaucoup sont seuls. Pour eux, notre venue est une bouffée d’oxygène. Pour certains, on est le seul lien social, parce qu’ils n’ont pas de famille, qu’elle est trop loin, ou qu’ils ne peuvent plus se déplacer. » Ses bénéficiaires le lui rendent bien : « Quand ils nous attendent, la porte est déjà ouverte, ils ont le sourire alors qu’on est encore à 100 mètres ! » Autre singularité, Yann fait partie des rares hommes de l’agence. « Nous sommes six garçons sur quarante » Une configuration qui ne le dérange pas, au contraire. « Je crois qu’il faut masculiniser les professions féminines, de la même manière qu’il faut féminiser les métiers masculins, pour casser les clichés ! »
À terme, il pourrait évoluer vers le métier d’auxiliaire de vie. « Pour l’instant, je suis bien là où je suis, mais je sais que j’ai cette option. » C’est justement la voie qu’a choisie son frère.
Garder du contact humain, sans le rythme soutenu de la restauration rapide
Quentin a pris le virage il y a près de six ans. Avant ça, il avait enchaîné les missions d’intérim, puis avait occupé brièvement le poste d’équipier polyvalent en restauration rapide. L’expérience ne lui avait pas plu, et il avait décidé de chercher un nouvel emploi. Un volet lui convenait pourtant dans ce poste : « Le seul point fort, c’était le contact avec les gens. Dès que je pouvais, je privilégiais la caisse pour papoter avec les clients », avoue-t-il.
C’est ce goût de l’échange qui l’a conduit vers l’aide à domicile. « Dans ce milieu, je suis servi ! J’arrive chez les gens, la porte est ouverte, ils sont tout sourire. » Quentin fait ses débuts dans une autre entreprise du secteur, où il suit sa formation d’auxiliaire de vie. Il y exerce quatre ans, avant de rejoindre Domaliance il y a un an et demi.
« Notre objectif, c’est que les bénéficiaires conservent leur autonomie »
Chez Domaliance, Quentin intervient chez trois à quatre bénéficiaires par jour, de quoi prendre le temps auprès de chacun. Ses missions dépassent largement l’entretien du logement. « Ce que je fais le plus, ce sont les déplacements de personnes : du lit au fauteuil roulant, puis jusqu’à ma voiture pour les accompagner aux courses ou à leurs rendez-vous, médicaux ou non. »
Il est également formé à l’aide à la toilette, un soin pour lequel les infirmiers, pris par leur tournée, ne sont pas toujours disponibles. « Je fais les douches, en respectant au maximum leur intimité. Les personnes me le demandent parce qu’elles ont une blessure au bras qui les empêche de se laver seules, un handicap physique, ou une maladie dégénérative qui fait qu’elles ne savent plus comment faire. Elles sont très contentes de cette aide. »
Au-delà des gestes du quotidien, l’objectif reste le même : préserver l’autonomie. « Notre but, c’est que les bénéficiaires la conservent au maximum. Ça passe aussi par les jeux de société, les jeux de cartes, la stimulation. »
Au fil des visites, la relation s’installe. « On découvre la vie des personnes chez qui on travaille. Et on se découvre pas mal de points communs, le lien se crée assez naturellement »
Certaines journées laissent des souvenirs particuliers, comme ces anniversaires de bénéficiaires fêtés à l’extérieur, autour d’un repas partagé. « C’est ce qui fait le charme de mon travail. C’est une récompense pour mon investissement. » Les petites attentions ne manquent pas non plus. « Comme je vois très souvent les mêmes personnes, il arrive qu’une part de gâteau m’attende à mon arrivée. On n’attend pas ce genre de geste, mais ça met du baume au cœur. Un simple remerciement, et notre journée est faite. »
Au-delà de la dimension humaine, Quentin apprécie beaucoup la mobilité dont il dispose dans son poste. « Pouvoir me déplacer, c’est ce que j’aime le plus. On est un peu des globe-trotters ! Je ne me voyais pas toute la journée sur un poste fixe. Là, je bouge, je vois du monde, je découvre des quartiers où je ne vais pas d’habitude. »
« Si l’un de nous deux n’est pas disponible, l’autre peut dépanner »
Travailler dans la même agence que son frère a ses avantages : « Si l’un n’est pas disponible, l’autre peut dépanner », s’amusent-ils. Pour Quentin, son propre épanouissement a pesé dans le choix de son cadet : « Je pense que quand il a vu à quel point j’étais épanoui dans ce métier, il s’est dit : pourquoi pas moi ? »
Yann confirme. Deux ans après son arrivée, il tient à saluer aussi l’environnement de travail : « Nous avons une équipe au top, une responsable d’agence à l’écoute. On est bien entourés », promet-il.
Vous hésitez à vous lancer ? Les deux frères mettent en avant le sens de leur métier. « On ressent de la reconnaissance, et c’est ce que je ne retrouvais plus dans mon ancien poste », insiste Yann. Quentin abonde : « Une fois la journée finie, on dort bien car on sait qu’on a été utile, que notre travail est concret. »
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