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Vrai ou faux : mon employeur peut rompre ma période d'essai même si je suis enceinte ?

Par Adèle Charrier Publié le

VRAI, mais avec une limite stricte. L'employeur garde le droit de rompre une période d'essai à tout moment, y compris pendant une grossesse, à condition que ce ne soit pas le motif de sa décision.

Vrai ou faux : mon employeur peut rompre ma période d'essai même si je suis enceinte ?
Une rupture de période d'essai pendant une grossesse n'est jamais automatiquement illégale, mais elle devient risquée pour l'employeur s'il ne peut justifier sa décision. © pressmaster / Adobe Stock

On comprend l'inquiétude. La période d'essai sert justement à laisser à l'employeur une grande liberté pour évaluer un salarié, sans avoir à se justifier. Beaucoup de salariées enceintes redoutent donc qu'annoncer leur grossesse pendant cette période fragilise leur poste, voire serve de prétexte discret à une rupture.

La loi encadre pourtant précisément cette liberté. L'article L. 1225-3 du Code du travail interdit à l'employeur de fonder une rupture de période d'essai sur l'état de grossesse. Il peut toujours rompre l'essai pour d'autres raisons, comme les compétences ou l'adéquation au poste.

Si mon employeur met fin à ma période d'essai après l'annonce de ma grossesse, dois-je prouver la discrimination ?

Non. C'est le point tranché par la Cour de cassation dans un arrêt du 25 mars 2026 (n° 24-14788). Le régime général de la discrimination (article L. 1134-1) demande normalement au salarié d'apporter en premier des éléments laissant supposer une discrimination, avant que l'employeur ne doive se justifier. Mais dès qu'il a connaissance de la grossesse au moment de la rupture, ce régime ne s'applique plus de la même façon : c'est à l'employeur d'apporter au juge des éléments objectifs démontrant que sa décision repose sur des motifs étrangers à cet état, et non à la salariée de prouver qu'elle a été discriminée.

Concrètement, une rupture de période d'essai pendant une grossesse n'est donc jamais automatiquement illégale, mais elle devient risquée pour l'employeur s'il ne peut justifier objectivement sa décision.

Si en tant que salariée, vous êtes dans cette situation. Autrement dit que votre période d'essai est rompue après que vous ayez informé votre employeur de votre grossesse, vous n'avez pas à réunir de preuves de discrimination avant de saisir les prud'hommes.

Conservez toutefois une trace écrite de cette annonce (mail, SMS, témoin) et notez la chronologie des événements, car c'est à l'employeur de justifier sa décision, le doute profitant dans tous les cas à votre situation.

bon à savoir

Avant de contester une rupture de période d'essai pendant une grossesse, un avocat en droit du travail peut évaluer si les éléments réunis suffisent à démontrer une discrimination.
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