Utilité, abus, réforme… Que pensent les Français de la rupture conventionnelle ?
Les Français veulent garder la rupture conventionnelle, mais pas à n'importe quel prix.
Créée en 2008, la rupture conventionnelle permet à un salarié et à son employeur de mettre fin à un CDI d'un commun accord. Avec près de 500 000 procédures homologuées chaque année, le dispositif s'est imposé comme un pilier du marché du travail français. Mais alors qu'une réforme de l'indemnisation chômage se profile, un sondage ELABE révèle une opinion publique partagée entre reconnaissance de son utilité et sentiment d'abus.
Un dispositif jugé utile par une courte majorité
54 % des Français considèrent la rupture conventionnelle comme un outil utile, qui protège les salariés tout en évitant les conflits pour l'employeur. Un résultat qui grimpe sensiblement chez les premiers concernés : 62 % des salariés du privé jugent le dispositif utile, et même 63 % des ouvriers. Les salariés du public, qui n'y ont pourtant pas accès dans les mêmes conditions, sont tout de même 52 % à le percevoir positivement.
Mais cette perception favorable reste fragile. 45 % des Français estiment en parallèle que la rupture conventionnelle fait l'objet d'abus : 27 % pointent certains salariés qui en profiteraient pour « prendre une pause » sans avoir à démissionner, tandis que 18 % visent des employeurs qui s'éviteraient ainsi un licenciement en bonne et due forme.
Ce clivage se retrouve aussi entre générations. Un tiers des retraités considère que des salariés abusent du dispositif, une proportion nettement plus élevée que chez les actifs. Un décalage qui peut s'expliquer par un éloignement des réalités actuelles du marché du travail, mais aussi par une couverture médiatique qui insiste régulièrement sur les dérives supposées du système.
Faut-il réformer l'indemnisation après une rupture conventionnelle ?
Le 25 février 2026, les partenaires sociaux (CFDT, CFTC, Medef, CPME, U2P) sont parvenus à un accord prévoyant de réduire de 18 à 15 mois la durée maximale d'indemnisation chômage après une rupture conventionnelle. Cet accord, qui doit encore être soumis au vote du Parlement, vise à réaliser des économies sur le budget de l'assurance chômage.
Qu'en pensent les Français ? Les avis sont serrés. 43 % souhaitent conserver le système actuel, avec 18 mois d'indemnisation maximum, soit le même traitement que pour les autres demandeurs d'emploi. En face, 46 % estiment qu'une réduction s'impose : 31 % adhèrent au passage à 15 mois prévu par l'accord, et 15 % souhaitent aller plus loin encore. Enfin, près de 11 % des sondés proposent purement et simplement de supprimer la rupture conventionnelle.
Là encore, le fossé générationnel est marqué. Les actifs préfèrent majoritairement le statu quo (49 %), tandis que les retraités se montrent bien plus sévères : 23 % souhaitent une réduction au-delà de 15 mois, et 19 % sont favorables à la suppression du dispositif.
Quelles pistes d'économies privilégient les Français ?
Plutôt que de rogner les droits des demandeurs d'emploi, les Français semblent privilégier d'autres leviers. La priorité des sondés est de renforcer le contrôle et l'accompagnement des demandeurs d'emploi (44 %). En deuxième position, 25 % se prononcent pour un malus financier à l'encontre des entreprises qui recourent abusivement aux ruptures conventionnelles. La réduction de la durée ou du montant des droits au chômage n'arrive qu'en troisième position.
Un signal intéressant pour les partenaires sociaux et le gouvernement : l'opinion publique semble davantage réceptive à un meilleur encadrement du dispositif qu'à une restriction pure et simple des droits des salariés. L’accord entre organisations syndicales et patronales prévoyait justement un accompagnement renforcé de la part de France Travail. Reste à savoir si le texte final tiendra compte de cet équilibre.
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