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Reprise anticipée après un arrêt maladie : est-ce possible ?
Reprendre son poste plus tôt suppose de respecter quelques étapes précises.
Se sentir mieux avant la date de fin prévue sur son arrêt maladie donne parfois envie de reprendre le poste plus tôt que prévu. C'est possible, mais pas simplement en se présentant à l'entreprise du jour au lendemain : plusieurs formalités, côté salarié comme employeur, encadrent ce retour anticipé. Un salarié, arrêt maladie non encore expiré, doit donc respecter une procédure précise avant de reprendre effectivement son poste.
L'autorisation nécessaire pour une reprise anticipée
Seul le médecin ayant prescrit l'arrêt de travail initial peut avancer la date de fin, à l'occasion d'une consultation prévue ou demandée à cet effet, généralement au moyen d'un certificat médical. Le médecin du travail ne peut ni modifier un arrêt maladie en cours, ni autoriser lui-même une reprise anticipée : son rôle se limite à la visite de reprise, un certificat médical établi par le médecin traitant restant le seul document valable pour avancer la date de fin. Salarié comme employeur ont intérêt à bien formaliser cette reprise anticipée, ce qui évite ensuite toute contestation sur la date exacte de reprise du travail. L'accord de l'employeur reste également nécessaire : le salarié doit le prévenir pour que la reprise du poste puisse s'organiser dans de bonnes conditions.
Les démarches à accomplir avant de reprendre le travail
Une fois l'autorisation médicale obtenue, plusieurs informations doivent circuler rapidement entre le salarié, l'employeur et la caisse d'assurance maladie.
Prévenir sa caisse pour stopper les indemnités journalières
Le salarié doit informer sa CPAM ou sa caisse de MSA de sa reprise anticipée, par téléphone ou par message, afin que le versement des indemnités journalières cesse sans délai. Une reprise du travail non signalée à la caisse peut entraîner un versement indu, que l'assuré devra ensuite rembourser.
Les obligations spécifiques de l'employeur
Lorsque l'employeur maintient le salaire pendant l'arrêt, il perçoit directement les indemnités journalières à la place du salarié, un mécanisme appelé subrogation. Dans cette situation, l'article L323-6-1 du Code de la sécurité sociale lui impose d'informer, par tout moyen, la caisse d'assurance maladie de la reprise anticipée, par la déclaration sociale nominative (DSN), via le site net-entreprises.fr, ou au moyen d'une attestation de salaire papier au format Cerfa. Un employeur qui omet cette déclaration s'expose à devoir restituer les indemnités journalières indûment perçues, ainsi qu'à une sanction financière prévue par l'article L114-17-1 du même code.
La visite médicale de reprise, obligatoire selon les cas
Le retour au poste ne dispense pas toujours d'une visite médicale de reprise auprès du médecin du travail, cette visite de reprise ayant pour but de vérifier l'aptitude du salarié. Elle devient obligatoire après une absence d'au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel, d'au moins 30 jours en cas d'accident du travail, et quelle que soit la durée en cas de maladie professionnelle. Tant que cette visite, lorsqu'elle est requise, n'a pas eu lieu, le contrat de travail reste juridiquement suspendu, même si le salarié a repris son poste dans les faits.
Les risques d'une reprise non déclarée
Une reprise anticipée non signalée expose à un trop-perçu entre salaire et indemnités journalières, que la caisse d'assurance maladie peut réclamer a posteriori, aussi bien auprès du salarié que de l'employeur selon qui a perçu les sommes en trop. Un dossier de presse du ministère du Travail, publié le 9 avril 2026 dans le cadre du renforcement de la lutte contre les arrêts de travail abusifs, rappelle que ces règles de déclaration participent directement à la fiabilisation du dispositif d'indemnisation.
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