La « prime trampoline » entre en vigueur en Belgique : la France devrait-elle s'en inspirer ?
Depuis le 1er mars, les salariés belges peuvent démissionner après dix ans de carrière tout en touchant le chômage. Une source d'inspiration pour la France ?
Démissionner de son emploi et continuer à percevoir des allocations chômage pendant six mois, voire un an, c'est désormais possible en Belgique grâce à la « prime trampoline ». Entré en vigueur le 1er mars 2026, ce nouveau dispositif vise à sécuriser les reconversions professionnelles des travailleurs belges. En France, au moins deux dispositifs peuvent répondre à des besoins similaires.
Qu'est-ce que la prime trampoline ?
La « prime trampoline », aussi appelée « droit au rebond », est l'une des mesures phares de la réforme du chômage adoptée par le gouvernement fédéral belge dans le cadre de la loi-programme votée en juillet 2025. Son principe est de permettre à un travailleur qui quitte volontairement son emploi de bénéficier d'allocations chômage, ce qui était jusqu'ici impossible en Belgique après une démission.
Pour y prétendre, il faut justifier d'un passé professionnel d'au moins 3 120 jours de travail, soit environ dix ans de carrière. Le travailleur doit ensuite introduire sa demande dans les 30 jours suivant la notification de sa décision d'exclusion pour abandon d'emploi. Il obtient alors six mois d'allocations. Une durée qui peut être prolongée à douze mois s'il s'engage, dans les trois premiers mois de son indemnisation, dans une formation menant à un métier en pénurie.
Autre particularité, ce droit ne peut être exercé qu'une seule fois au cours d'une carrière.
Pourquoi la Belgique a-t-elle créé ce droit au rebond ?
Le gouvernement belge présente la mesure comme un outil de prévention du burn-out et un levier de reconversion pour les travailleurs qui se sentent enfermés dans une trajectoire professionnelle sans issue. En Belgique, une personne qui démissionne ne peut prétendre à aucune allocation chômage. La rupture d'un commun accord, qui existe chez nos voisins, n'ouvre pas non plus automatiquement le droit aux allocations, car elle est considérée comme une perte volontaire d'emploi. De nombreux travailleurs restent ainsi bloqués dans leur poste par crainte financière, faute de filet de sécurité pour franchir le pas, avec des risques importants d'épuisement professionnel.
En instaurant la prime trampoline, le gouvernement belge souhaite mieux accompagner la mobilité professionnelle et orienter les reconversions là où le marché du travail en a le plus besoin.
En France, plusieurs dispositifs existent déjà pour rebondir
Deux mécanismes permettent déjà à un salarié français de quitter son emploi tout en touchant les allocations chômage. Peu connu mais très proche de la prime trampoline belge, le dispositif démission-reconversion existe depuis novembre 2019. Il permet à un salarié en CDI justifiant de cinq ans d'activité continue de démissionner tout en étant indemnisé, à condition de porter un projet de reconversion ou de création d'entreprise validé par une commission Transitions Pro. Le dispositif ne représente toutefois que 1 % de l'ensemble des démissions (27 000 bénéficiaires fin 2024), signe que les démarches à accomplir en amont restent un frein.
Beaucoup plus répandu, le dispositif de la rupture conventionnelle. Créée en 2008, elle permet de rompre un CDI d'un commun accord avec son employeur, sans condition d'ancienneté ni obligation de justifier un projet. En 2024, 515 000 ruptures conventionnelles ont été signées en France selon l'Unedic, pour un coût de 9,4 milliards d'euros à l'assurance chômage, soit 26 % des dépenses totales d'indemnisation. Un succès qui fait débat depuis quelques années. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a récemment dénoncé des abus et a demandé aux partenaires sociaux de négocier des ajustements sur l'accès aux allocations chômage après une rupture conventionnelle.
Mais, malgré les critiques sur son coût, force est de constater que ce mécanisme répond déjà parfaitement aux enjeux de la prime trampoline. Loin d'être miracle, sachant qu'il faut obtenir l'accord de l'employeur, la rupture co' permet tout de même de fluidifier le marché du travail, de réduire les contentieux aux prud'hommes et offre souvent un rebond bienvenu aux salariés.
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