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Jalousie au travail : êtes-vous victime du syndrome du grand-coquelicot ?
Ce syndrome affecterait toutes les personnes qui se sentent victimes de rejet ou de critiques après une récente réussite. Il toucherait en particulier les femmes.
Un compliment un peu trop appuyé de votre patron, et voilà que l'ambiance change dans l'open space. Une promotion accueillie par un silence gêné plutôt que par des félicitations. Si votre réussite semble déranger plus qu'elle ne réjouit, le problème ne vient peut-être pas de vous. Il porte même un nom, aussi poétique qu'inattendu : le syndrome du grand-coquelicot.
C’est quoi ce syndrome au nom étrange ?
Depuis votre promotion, certains collègues se sont éloignés ou dévalorisent en permanence votre travail, vous avez l’impression que votre réussite dérange ? Vous voilà peut-être victime du syndrome du grand-coquelicot ou « tallest poppy syndrome » en anglais. Derrière ce nom farfelu, se cache un syndrome à prendre au sérieux car il peut être à l’origine de nombreux maux en entreprise. Imaginez-vous comme la plus grande de ces jolies fleurs rouges : vous poussez plus haut et vous faites de l’ombre à vos collègues, alors ils décident de vous « couper », c’est-à-dire de vous remettre à leur niveau en vous dévalorisant. Votre seul tort selon eux ? Vous vous démarquez trop ! Et ils ont décidé de vous le faire payer. Ce sentiment peut être ressenti par tous les salariés critiqués ou dénigrés par leurs collègues à cause de leur succès.
L’origine de l’expression nous viendrait tout droit d’Australie. Dans le pays, « couper les grands coquelicots » signifie « critiquer des personnes qui réussissent ». Cette expression a été reprise et popularisée par l’entrepreneuse et chercheuse canadienne, Rumeet Billan dans une étude intitulée le syndrome du Grand coquelicot qui analyse ce phénomène de jalousie dans le milieu professionnel, en particulier chez les femmes.
Les femmes plus touchées
Selon une étude 2023 de Women of Influence+, menée auprès de 4 710 femmes dans 103 pays, 86,8 % d'entre elles ont déjà vécu le syndrome du grand-coquelicot au travail. Concrètement, cela se traduit par des réalisations minimisées (77 %), une mise à l'écart des réunions ou des discussions (72,4 %), ou encore un travail dont le mérite revient à quelqu'un d'autre (66,1 %).
Fait notable révélé par l'étude : ce sont surtout les hommes occupant des postes de direction qui pénalisent les femmes pour leur réussite, tandis que les femmes ont davantage tendance à "couper" leurs pairs ou collègues de même niveau plutôt que leurs supérieures. On retrouve souvent ce syndrome du grand-coquelicot dans des milieux professionnels très concurrentiels.
Un réel mal-être au quotidien
Cette dévalorisation permanente peut s'avérer très difficile à vivre au quotidien. Selon la même étude, 85,6 % des femmes concernées rapportent une hausse de leur stress, 73,8 % un impact négatif sur leur santé mentale, et 66,2 % une baisse de leur confiance en elles. Les personnes atteintes par le syndrome vont donc avoir tendance à se dévaloriser et à croire qu'elles ne méritent finalement pas ce succès. Le syndrome du grand-coquelicot peut donc avoir un impact négatif sur leurs carrières : 75 % des répondantes estiment qu'il a nui à leur productivité, et près de 68 % ont fini par chercher un nouveau poste. Pour éviter de subir jalousies et mesquineries au quotidien, certaines vont aller jusqu'à refuser une nouvelle opportunité professionnelle ou vont se mettre en retrait dans leur travail.
Les signes qui doivent alerter
Une nouvelle responsabilité ou une récompense professionnelle sont souvent les éléments déclencheurs du syndrome du grand coquelicot. La plupart des femmes de l’étude évoquent une dégradation de leur relation avec leurs collègues après une promotion ou un changement de poste. Cela peut commencer par des petites réflexions désobligeantes de vos collègues après un compliment de votre boss et aller jusqu’à la mise à l’écart dans une équipe. Les témoignages de l’étude évoquent un dénigrement permanent de leur travail ou de leur comportement. Si vous êtes alerté par un de ces signaux, n’attendez pas, il est temps de lutter contre ce vilain coquelicot !
Comment éviter le syndrome du grand-coquelicot ?
Voici quelques conseils :
Briser le silence
Si vous en êtes victime, essayez d’en parler avec l’un de vos supérieurs ou une personne en qui vous avez confiance au sein de votre entreprise. Il devrait pouvoir vous aider à apaiser la situation et en parler au sein de votre équipe. Si vous rendez compte que l’un de vos collègues en est victime, essayez de prévenir aussi l’un de vos managers ou un responsable de ressources humaines.
Bien s’entourer
Essayez de prendre du recul sur la situation en vous entourant de personnes bienveillantes dans votre entourage. Elles sauront vous écouter et vous rappeler qu’elles sont fières de vous et de votre réussite. Vous pouvez vous appuyer par exemple sur d’anciens collègues qui n’ont jamais douté de vos talents ou sur des amis proches qui vous aiment comme vous êtes.
Ne pas se sentir coupable
Vous réussissez dans tout ce que vous entreprenez et tant mieux pour vous ! Vous méritez votre succès. Ne gaspillez pas votre énergie à essayer de renouer avec vos collègues jaloux. Restez confiant dans vos capacités pour éviter de basculer dans un autre syndrome tout aussi sournois : le syndrome de l’imposteur. Vous avez mérité ce succès ou ce nouveau poste parce que vous avez tout simplement bien travaillé ! Soyez-en convaincu.
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