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Puis-je partir à l'étranger en étant inscrit à France Travail ?

Par Adèle Charrier Publié le

Oui, mais sous certaines conditions, pour une certaine durée et surtout en le déclarant.

Puis-je partir à l'étranger en étant inscrit à France Travail ?
Si votre projet n'est pas de partir en vacances mais de chercher du travail dans un pays de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou en Suisse, une procédure spécifique existe : le transfert temporaire de vos droits au chômage. © Halfpoint / Adobe Stock

Vous êtes inscrit à France Travail (anciennement Pôle Emploi) et vous projetez de partir à l'étranger ? Que ce soit pour des vacances bien méritées, suivre un proche ou même chercher de nouvelles opportunités professionnelles ailleurs en Europe, vous vous interrogez légitimement sur vos droits.

Bonne nouvelle : oui, partir à l'étranger reste possible même en étant demandeur d'emploi. Mais attention, cette mobilité s'accompagne de règles strictes à respecter pour conserver vos allocations. Voici tout ce qu'il faut savoir pour voyager en toute sérénité sans compromettre vos droits au chômage.

Ce que dit la réglementation en 2025

La règle fondamentale est simple : en tant que demandeur d'emploi, vous devez rester disponible pour occuper un emploi et rechercher activement du travail. Un départ à l'étranger peut potentiellement remettre en question cette disponibilité. C'est pourquoi la législation encadre strictement ces absences du territoire français.

Depuis janvier 2025, toute absence doit désormais être déclarée à France Travail, quelle que soit sa durée. Auparavant, seules les absences de plus de 7 jours consécutifs devaient être signalées. Ce changement réglementaire marque une volonté de suivi plus étroit de la disponibilité des demandeurs d'emploi.

Les absences courtes : le droit aux congés même au chômage

En revanche, être au chômage ne vous prive pas du droit de prendre des vacances. Vous disposez d'un quota de 35 jours calendaires par an, soit cinq semaines, durant lesquelles vous pouvez vous absenter de votre domicile habituel tout en continuant à percevoir vos allocations. Ces jours courent du 1er janvier au 31 décembre.

Concrètement, si vous partez une semaine à Barcelone ou quinze jours en Asie du Sud-Est, vous continuez à recevoir votre Aide au Retour à l'Emploi (ARE) sans interruption, à condition de respecter la procédure de déclaration et de ne pas dépasser ce plafond annuel de 35 jours.

L'actualisation mensuelle reste évidemment obligatoire, même pendant votre absence. Vous devrez donc vous connecter à votre espace personnel entre le 28 du mois et le 15 du mois suivant pour déclarer votre situation, y compris si vous êtes encore à l'étranger.

Comment déclarer votre départ ?

Depuis 2025, la déclaration d'absence est devenue plus systématique. Vous devez informer France Travail de tout départ, même pour quelques jours seulement, avant votre absence. Plusieurs canaux s'offrent à vous :

  • En ligne : connectez-vous à votre espace personnel sur francetravail.fr, accédez à la rubrique « Mon inscription et mes allocations », puis cliquez sur « Signaler un changement de situation ». C'est la méthode la plus simple et la plus rapide.
  • Par téléphone : composez le 3949, le service automatisé est disponible 24h/24 et 7j/7.
  • Par courrier ou email : vous pouvez aussi envoyer un email à votre conseiller référent ou adresser un courrier recommandé à votre agence en précisant vos dates de départ et de retour ainsi que votre identifiant.

Cette déclaration présente plusieurs avantages pratiques : votre conseiller sera informé de votre absence et ne vous convoquera pas pendant cette période. Vous éviterez ainsi de manquer des rendez-vous importants ou des opportunités d'emploi.

Le cas particulier de la recherche d'emploi en Europe

Si votre projet n'est pas de partir en vacances mais de chercher du travail dans un pays de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou en Suisse, une procédure spécifique existe : le transfert temporaire de vos droits au chômage. Ce dispositif, souvent méconnu, peut s'avérer précieux dans votre parcours professionnel.

Cette exportation de vos allocations est possible pour une durée de trois mois, parfois prolongeable jusqu'à six mois selon les situations. Le principe est le suivant : vous continuez à percevoir vos allocations françaises versées par France Travail, mais c'est le service de l'emploi du pays d'accueil qui assure votre suivi et votre accompagnement dans votre recherche d'emploi.

Les conditions à remplir :

  • Vous devez être inscrit comme demandeur d'emploi depuis au moins quatre semaines avant votre départ (sauf circonstances particulières validées par France Travail).
  • Vous devez obtenir le formulaire U2 (anciennement E303) auprès de France Travail avant votre départ, qui atteste du maintien du versement de l’assurance chômage.
  • Une fois sur place, vous disposez de sept jours pour vous inscrire auprès du service public de l'emploi local.
  • Et enfin, vous devez bien évidemment vous conformer au contrôle de la recherche d'emploi de l'État de destination.

Cette démarche nécessite une anticipation. Prenez contact avec votre conseiller France Travail au moins un mois avant votre départ envisagé pour constituer votre dossier et obtenir les documents nécessaires.

À votre retour en France, vous devez vous réinscrire auprès de France Travail dans les sept jours suivant la date de fin d'inscription dans le pays étranger. Vos droits reprennent alors leur cours normal.

Partir hors Union européenne : une situation plus complexe

La situation se complique si votre destination se situe hors de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse. En principe, il n'existe pas de portabilité de vos droits vers ces pays, sauf convention bilatérale spécifique entre la France et le pays concerné.

Cependant, ne perdez pas espoir : si vous partez travailler ou vous expatrier hors Europe, vous pouvez suspendre vos droits. Cette suspension, aussi appelée « gel des droits », vous permet de conserver votre allocation pour plus tard. Vos droits restent valables pendant une période de trois ans, à laquelle s'ajoute votre durée d'indemnisation initiale.

Exemple concret : vous aviez droit à 24 mois d'ARE. Vous partez au Japon et suspendez vos droits. À votre retour, vous avez jusqu'à cinq ans (3 + 2) après votre départ pour vous réinscrire et récupérer le reliquat de vos allocations non utilisées.

Pour geler vos droits, lors de votre dernière actualisation avant le départ, déclarez que vous n'êtes « plus à la recherche d'emploi ». Informez également votre conseiller par email ou courrier de votre expatriation en précisant la durée et la destination. Cette traçabilité vous protégera en cas de litige ultérieur.

Les risques à ne pas prendre à la légère

Le non-respect de ces obligations expose à des sanctions graduées mais potentiellement lourdes. Si vous oubliez de déclarer votre absence, vous risquez tout d'abord de manquer des convocations ou des opportunités d'emploi. Mais les conséquences peuvent aller bien au-delà.

En cas de non-déclaration d'une absence ou de dépassement du quota de 35 jours, vous pouvez être radié de la liste des demandeurs d'emploi. Le versement de vos allocations sera alors interrompu. Si France Travail découvre que vous avez perçu des allocations pendant une période où vous n'étiez pas disponible pour occuper un emploi, vous devrez rembourser les sommes indûment versées.

Les contrôles sont bien réels. France Travail dispose de moyens pour vérifier votre présence sur le territoire et échange des informations avec les autorités compétentes dans d'autres pays. Les fraudes ou fausses déclarations peuvent même entraîner des pénalités administratives et, dans les cas les plus graves, des poursuites judiciaires.

Actualisation et absence : mode d'emploi

L'actualisation mensuelle constitue le pilier de votre maintien sur les listes de demandeurs d'emploi. Même en étant à l'étranger, cette obligation demeure. Entre le 28 du mois et le 15 du mois suivant, vous devez vous connecter à votre espace personnel pour mettre à jour votre situation.

Si vous avez déclaré une absence de courte durée (dans la limite des 35 jours), votre actualisation se fera normalement. Indiquez simplement que vous êtes toujours à la recherche d'emploi et renseignez les activités éventuellement exercées durant le mois écoulé.

En revanche, si vous dépassez les 35 jours d'absence cumulés sur l'année, vous ne serez plus considéré comme immédiatement disponible. Votre inscription sera automatiquement modifiée en catégorie « non immédiatement disponible » et le versement de vos allocations cessera à compter du 36ème jour. Il vous faudra alors vous réinscrire dès votre retour.

Cas particuliers à connaître

Le suivi de conjoint : si vous partez à l'étranger pour suivre votre conjoint, concubin ou partenaire pacsé expatrié, vous pouvez bénéficier du dispositif de démission légitime qui vous permet de conserver ou d'ouvrir des droits au chômage. Renseignez-vous auprès de France Travail avant votre départ.

La formation à l'étranger : partir suivre une formation à l'étranger peut être compatible avec le maintien de vos allocations, à condition que cette formation soit validée par France Travail dans le cadre de votre projet professionnel. Une démarche préalable est indispensable.

Le travail frontalier : si vous devenez travailleur frontalier, des règles spécifiques s'appliquent concernant le pays qui vous indemnisera en cas de perte d'emploi. Ces situations sont complexes et nécessitent un accompagnement personnalisé.

Les démarches au retour

Votre voyage touche à sa fin ? Il est temps de penser à votre réinscription. Si vous avez simplement pris des congés dans la limite des 35 jours, aucune démarche particulière n'est nécessaire. Continuez simplement vos actualisations mensuelles comme d'habitude.

En revanche, si vous revenez après une exportation de droits en Europe, vous devez vous réinscrire dans les sept jours suivant la fin de votre inscription à l'étranger. Connectez-vous à votre espace personnel ou appelez le 3949 pour effectuer cette démarche.

Pour ceux qui reviennent après une expatriation hors Europe avec des droits gelés, la réinscription doit intervenir dans le délai de validité de vos droits (trois ans + durée d'indemnisation initiale). Une fois réinscrit, vous retrouverez le montant et la durée restante de vos allocations, calculés sur la base de votre situation au moment de votre départ.

Si vous avez travaillé dans un pays européen et souhaitez faire valoir ces périodes pour ouvrir ou compléter vos droits en France, munissez-vous du formulaire U1 (anciennement E301) délivré par l'organisme compétent de ce pays. Ce document récapitule vos périodes d'emploi à l'étranger et permettra à France Travail de les prendre en compte pour calculer vos droits, à condition que votre dernière activité salariée ait eu lieu en France.

Les bons réflexes à adopter

Pour voyager l'esprit tranquille tout en préservant vos droits, quelques bonnes pratiques s'imposent. Anticipez toujours vos démarches : déclarez votre absence avant de partir, jamais pendant ou après. Conservez une trace écrite de toutes vos déclarations, que ce soit des captures d'écran de votre espace personnel, des confirmations d'email ou des accusés de réception.

Restez vigilant sur votre compteur de jours d'absence. Avec le quota de 35 jours annuels, mieux vaut tenir un calendrier précis pour éviter les mauvaises surprises. Certaines applications ou tableaux simples peuvent vous aider à suivre vos départs.

N'hésitez pas à contacter votre conseiller France Travail en cas de doute sur une situation particulière. Un projet de séjour long, une offre d'emploi à l'étranger, une formation internationale : chaque cas mérite un échange avec votre agence pour sécuriser vos démarches.

Enfin, restez joignable pendant votre absence. Consultez régulièrement vos emails et votre espace personnel. Une offre d'emploi correspondant à votre profil pourrait vous être proposée, et vous devez pouvoir y répondre rapidement.

Ce qu'il faut retenir

Partir à l'étranger en étant inscrit à France Travail est donc possible, que ce soit pour des vacances, chercher du travail en Europe ou s'expatrier temporairement. L'essentiel réside dans le respect scrupuleux des procédures de déclaration et des délais impartis. Les règles de 2025 renforcent l'obligation de transparence avec France Travail : toute absence, même courte, doit désormais être signalée.

Les 35 jours de congés annuels offrent une vraie souplesse pour se ressourcer ou explorer de nouvelles opportunités à court terme. Pour des projets plus ambitieux en Europe, le transfert temporaire de droits ouvre la voie à une recherche d'emploi internationale soutenue. Et pour ceux tentés par l'aventure hors Europe, le gel des droits préserve l'avenir.

Dans tous les cas, la clé du succès réside dans l'anticipation, la communication avec France Travail et le respect des obligations déclaratives.

 

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