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L'IA divise le marché du travail en deux : votre métier est-il du « bon » côté ? 

Par Laura Lamassourre Publié le

Selon la dernière étude du cabinet PwC, plus une entreprise est exposée à l’IA, plus elle recrute et paie. Enfin, ça dépend du métier. 

L'IA divise le marché du travail en deux : votre métier est-il du « bon » côté ? 
L'étude évoque des métiers « professionnalisés » pour lesquels l'IA absorbe les tâches répétitives. © Reddragonfly@stock.adobe.com

À Paris, le salon VivaTech ouvre ses portes ce mercredi. La veille, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonçait 655 millions d'euros supplémentaires investis dans l'intelligence artificielle via le plan d'investissement « France 2030 ». C'est dans ce contexte que PwC publie son baromètre annuel sur l'IA et l'emploi, analysant plus d'un milliard d'offres d'emploi à travers le monde. Résultat ? L'étude montre, entre autres, que depuis 2018, les entreprises mondiales les plus exposées à l'IA affichent une croissance de leurs effectifs plus de deux fois supérieure à celle des moins exposées (52 % vs 36 %).

Deux « métiers », deux destins

Derrière ce constat global se dessine une fracture. Le « wagon » IA n'embarque pas, en effet, tous les métiers de la même façon. Dans certains postes, elle absorbe les tâches répétitives et laisse à l'humain le travail qui demande du jugement et de l'expertise. PwC parle de métiers « professionnalisés » (Professionalised jobs, en VO). Le recruteur en est l'exemple type : l'IA trie les CV, le professionnel, lui, négocie les contrats. Même logique pour le radiologue, dont l'IA analyse désormais les images standards, ou le contrôleur aérien, dont elle gère les situations routinières.

Dans d'autres postes, c'est l'inverse. L'IA prend en charge les tâches complexes et laisse à l'humain les tâches d'exécution. PwC parle alors de métiers « démocratisés » (Democratised jobs). C'est l'IA qui, dans de nombreux cas, va désormais rédiger les comptes rendus et gérer les dossiers d'une secrétaire médicale, et générer le code d'un développeur informatique. Les chiffres rassemblés par le cabinet traduisent cet écart : depuis 2018, les offres dans les métiers professionnalisés ont progressé de 39 %, contre 17 % pour les démocratisés ; et les salaires ont crû de 37 % dans les premiers, contre 26 % dans les seconds depuis 2021.

 

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bon à savoir

PwC répartit les métiers en trois catégories. Les métiers à faible exposition à l'IA (26 % des offres mondiales) sont peu touchés par ces transformations, comme les cuisiniers, les maçons ou les mécaniciens. Le niveau d'expertise des métiers « professionnalisés » (22 %) monte à mesure que l'IA prend les tâches répétitives, alors que la barrière à l'entrée des métiers « démocratisés » (52 %) s'abaisse à mesure que l'IA absorbe leurs tâches complexes.

La France dans la course, mais à son rythme

En France, plus particulièrement, PwC note une très forte progression des offres d'emploi exigeant des compétences IA. En 2018, le cabinet en comptait 16 000 contre 178 000 l'année passée. Et ces compétences rapportent dans tous les secteurs. En moyenne, elles représentent des primes salariales de 43 % dans les technologies, médias et télécommunications, 32 % dans l'industrie et la santé, et 30 % dans le secteur public. Ce dernier chiffre peut d'ailleurs étonner : la transformation est plus avancée qu'on ne le croit dans les administrations françaises, et les annonces de Sébastien Lecornu sur l'utilisation de l'intelligence artificielle dans les ministères de la Justice et de l'Intérieur s'inscrivent dans une dynamique déjà en cours.

 

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Ces avancées n'empêchent pas la France d'accuser un décalage par rapport à la tendance mondiale. La corrélation entre exposition à l'IA et transformation des compétences n'y est que de 0,15, un niveau que PwC qualifie lui-même de « moins prononcé que dans les marchés à forte corrélation ». Les 655 millions d'euros annoncés pour soutenir infrastructures, recherche et filières industrielles pourraient accélérer la bascule. Ce que les données indiquent déjà, c'est que les entreprises qui ont pris le virage recrutent et paient davantage.

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