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Démission pour motif familial : dans quels cas garder vos allocations chômage
Un motif familial peut transformer une démission en droit aux allocations chômage, à condition de remplir des critères précis.
Démissionner ferme en principe l'accès aux allocations chômage : le salarié qui quitte son poste de son plein gré est considéré comme responsable de la rupture de son contrat. Certaines situations personnelles bénéficient toutefois d'un régime dérogatoire. France Travail et l'Unédic reconnaissent une liste précise de motifs familiaux qui rendent une démission légitime, avec un droit aux allocations chômage dans les mêmes conditions qu'après un licenciement. Suivre un conjoint muté, déménager après un mariage ou un Pacs, accompagner un enfant handicapé vers une structure d'accueil éloignée, ou fuir des violences conjugales, font partie de ces cas. Chaque situation répond à des conditions précises et demande des justificatifs spécifiques auprès de France Travail.
Quelles démissions pour motif familial sont reconnues comme légitimes ?
Le règlement général de l'assurance chômage, annexé à la convention du 15 novembre 2024, liste plusieurs situations de démission pour motif familial considérées comme légitimes. Cette reconnaissance ouvre droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), sans attendre le délai de réexamen imposé aux démissions non légitimes. D'autres cas de démission légitime existent en parallèle, liés au non-paiement du salaire, au harcèlement ou à la création d'entreprise.
L'avis d'une experte sur les autres démissions légitimes
Vanessa Dabin Rémignon, coach en alignement professionnel.
Chaque motif familial répond à des conditions précises, détaillées ci-dessous.
Démissionner pour suivre son conjoint qui déménage
Ce motif de démission légitime concerne le salarié dont le conjoint, partenaire de Pacs ou concubin doit déménager pour des raisons professionnelles.
Quelles conditions remplir ?
Le salarié qui démissionne pour suivre son époux, son partenaire de Pacs ou son concubin peut bénéficier des allocations chômage, à condition que ce dernier change de résidence pour un motif professionnel : mutation, changement d'employeur, reprise d'un emploi après une période de chômage, création ou reprise d'une entreprise, ou début d'une activité de travailleur indépendant. Cette démission pour conjoint n'est en revanche pas reconnue légitime si le déménagement fait suite à un départ à la retraite, à une formation suivie en tant que demandeur d'emploi, à un congé de transition professionnelle, ou à une mission de coopération dans le cadre du service national.
Le salarié qui démissionne pour suivre son conjoint dans un pays de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen pour un motif professionnel peut, sous certaines conditions, exporter ses droits à l'assurance chômage pendant trois mois.
Quels justificatifs fournir ?
France Travail demande plusieurs pièces pour valider une démission pour suivre son conjoint : livret de famille, contrat de Pacs, certificat de concubinage ou preuve de vie commune avant et après le changement de résidence (quittances de loyer ou d'électricité, par exemple), justificatif de domicile pour l'ancien et le nouveau lieu de résidence, ainsi que l'ordre de mutation, le contrat de travail ou le bulletin de salaire attestant du nouvel emploi du conjoint. Une simple promesse d'embauche ne suffit pas à constituer ce dernier justificatif.
Démissionner pour un mariage ou un Pacs
Le salarié qui se marie ou se pacse et dont le nouveau lieu de résidence se situe trop loin de son emploi actuel peut également bénéficier des allocations chômage. La démission peut intervenir avant l'union, ou au maximum deux mois après la date du mariage ou du Pacs. La démission doit être en rapport direct avec ce changement de domicile, mais elle n'a pas nécessairement lieu immédiatement après le déménagement.
Démissionner pour accompagner son enfant en situation de handicap
Un parent qui démissionne pour suivre son enfant en situation de handicap, admis dans une structure d'accueil qui impose un déménagement du foyer, peut bénéficier des allocations chômage. Cette reconnaissance suppose l'existence d'un lien de causalité entre la démission et le changement de résidence motivé par l'admission de l'enfant, et suppose également que le nouveau lieu de résidence soit incompatible avec le maintien de l'activité professionnelle du parent.
Démissionner en cas de violences conjugales
Un salarié qui démissionne parce qu'il est victime de violences conjugales peut bénéficier des allocations chômage, à condition de joindre à sa demande un récépissé de dépôt de plainte.
Démissionner pour suivre un tuteur ou un parent
Un salarié mineur qui démissionne pour suivre ses parents, ou la personne qui exerce l'autorité parentale, peut bénéficier des allocations chômage, quel que soit le motif du déménagement de ses parents. Un jeune majeur placé sous sauvegarde de justice, tutelle ou curatelle qui démissionne pour suivre son parent mandataire spécial, curateur ou tuteur, bénéficie de la même reconnaissance.
Quelles démarches accomplir après la démission ?
Une fois la démission actée, direction France Travail. Le salarié doit s'inscrire comme demandeur d'emploi, dans les 12 mois suivant sa fin de contrat, en remplissant le dossier unique d'inscription en ligne ou par téléphone. Il doit ensuite joindre à sa demande d'allocation les justificatifs propres à son motif familial : livret de famille, récépissé de dépôt de plainte, justificatifs de domicile, ou attestation de l'employeur du conjoint, selon les cas.
Un entretien avec un conseiller France Travail permet de vérifier les droits à l'allocation et de remettre l'attestation employeur. Comme pour toute démission, le salarié doit par ailleurs justifier d'une durée d'affiliation suffisante : avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois précédant la fin du contrat de travail, une période étendue à 36 mois pour les salariés d'au moins 53 ans. Depuis le 1er avril 2026, les demandeurs d'emploi primo-entrants peuvent bénéficier d'une condition d'affiliation abaissée à 5 mois de travail.
Si la situation du salarié démissionnaire ne correspond à aucun des motifs familiaux reconnus comme légitimes, il reste une dernière option : demander un réexamen de son dossier par l'instance paritaire régionale (IPR), après un délai de 121 jours sans allocation, en apportant la preuve de ses démarches actives de recherche d'emploi. D'autres solutions permettent aussi de quitter un emploi en conservant des droits au chômage, comme démissionner pour un projet de reconversion ou la rupture conventionnelle. Les étapes d'une démission classique, hors motif légitime, restent par ailleurs à respecter dans tous les cas.
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