Mylène, coupeuse de cuir : « C’est un puzzle différent à chaque peau »
Mylène a découvert la maroquinerie d’excellence par hasard, et elle n'en est plus repartie.
Mylène se destinait au métier d’infirmière, mais la vie en a décidé autrement. Une blessure au genou, suivie d’une longue rééducation, la pousse à explorer d’autres voies. En 2019, une mission d’intérim lui ouvre alors les portes de la Maroquinerie des Orgues, une des manufactures du Groupe Tolomei en Corrèze. Formée à la coupe en maroquinerie, elle découvre un métier plus technique qu’il n’y paraît. Le Groupe Tolomei lui propose un CDI six mois plus tard. « Ça m’a plu alors je suis restée ! » résume-t-elle simplement.
De novice à experte, une montée en compétence progressive
Mylène n’a pas attaqué la coupe de cuir d’entrée de jeu. Elle a commencé à apprendre le métier sur de la toile, un matériau moins exigeant. Sa formation, elle la tient d’abord de ses collègues déjà en poste, mais aussi d’un formateur itinérant du Groupe, qui sillonne les manufactures chaque mois pour harmoniser les pratiques de coupe sur l’ensemble des sites.
Six ans plus tard, Mylène est devenue référente cuir sur son site. Un statut construit à force de curiosité et d’engagement. « Je me suis vraiment spécialisée dans le cuir, sous tous ses aspects. »
« On doit choisir où couper les pièces »
Le travail commence dès l’installation de la peau sur la table de coupe. Les coupeurs s’appuient sur des machines numériques alimentées par des fichiers élaborés avec le bureau d’études : chaque modèle de sac embarque ses propres gabarits, ses propres exigences.
« Les pièces de cuir qu’on doit couper sont indiquées à chaque fois. Ensuite on réalise une lecture de peau. On choisit où la pièce va être placée, en fonction de sa tenue, de ses défauts, de la zone de destination. »
Deux modes de coupe coexistent : la coupe manuelle, pilotée de bout en bout par le coupeur, et la coupe digitalisée, où le logiciel optimise lui-même le placement après enregistrement de la peau. Cette seconde approche garantit une coupe plus sécurisée, strictement alignée sur les critères d’exigence de qualité. Pour autant, elle ne s’applique pas à tout. « Les cuirs verts passent sous les radars du tapis vert de la machine, et les cuirs imprimés résistent à toute lecture numérique », explique Mylène. Dans ces cas spécifiques, le coupeur reprend la main.
Quelle que soit la méthode retenue, le contrôle de qualité en sortie de coupe reste entièrement humain. Chaque pièce passe sous les yeux du coupeur, une à une, avant d’être travaillée par les maroquiniers en préparation.
« Il faut lire sa peau en fonction de sa tenue, mais aussi des défauts »
« Lire une peau » : l’expression revient souvent dans la bouche de Mylène. Elle désigne un savoir-faire qui se transmet sur le tas, et que nulle formation initiale ne saurait uniquement retranscrire.
« Il faut identifier plusieurs zones de tenue. De la culée, l’arrière de la vache, au collet qui est le cou, on y placera différentes pièces selon leurs contraintes mécaniques sur le produit fini. »
La lecture de peau ne s’arrête pas à la topographie de l’animal. Elle mobilise aussi toute une grille de lecture des défauts : coupures, taches, cicatrices. Une cicatrice ouverte disqualifie d’emblée la pièce. Une cicatrice fine, bien refermée, peut en revanche trouver sa place sur un sanglon ou le dessous d’une bandoulière. D’autant que chaque client apporte son propre cahier des charges. Les tolérances diffèrent aussi selon le type de modèle, entre un portefeuille et un grand sac par exemple.
« On respecte des critères propres à chaque client, mais on doit aussi rentrer dans nos objectifs, faciliter le travail des collègues et limiter les pertes », souligne la coupeuse.
bon à savoir
Patience, curiosité, esprit logique : les qualités d’un bon coupeur
Le parcours de Mylène montre bien que ce n’est pas le diplôme qui prime pour le Groupe Tolomei. La réussite repose avant tout sur le savoir-être. Les qualités d’un bon coupeur ? « Il faut être patient, curieux, avoir un esprit critique et un goût prononcé pour la logique », énumère Mylène.
« Il y a beaucoup de modèles, plus de quarante références de cuir différentes et de nombreux paramètres à intégrer. Et quand des pièces se rompent durant la fabrication, il faut réussir à identifier pourquoi : est-ce que notre travail a eu un impact ? La curiosité, c’est ce qui fait avancer. Sans elle, on stagne. Au niveau de la coupe, il faut aussi un esprit assez logique, aimer les puzzles. »
Certains réflexes s’acquièrent avec le temps. « Parfois les peaux ne sont pas complètes. Avoir l’idée de prendre les pièces d’un autre modèle pour compléter celui en cours, ça évite le gaspillage. »
Le métier nécessite aussi une bonne forme physique. « Ce sont surtout les mains qui sont sollicitées. Quand on contrôle cinq cents pièces dans la journée, elles finissent par se faire sentir. Une femme peut néanmoins très bien tenir ce rythme, j’en suis la preuve. Même quand on est petite, comme moi ! » Les peaux sont en effet manipulées une à une depuis des chariots, appelés chevalets. Une fois posées sur le tapis de la machine, c’est l’outil numérique qui prend le relais. Ce travail debout, rythmé, ancré dans le concret, fait partie de ce que Mylène apprécie dans son quotidien.
Mais son rôle de s’arrête pas là : elle collabore aujourd’hui directement avec le bureau d’études sur la création des fichiers de coupe, élabore des simulations pour anticiper les taux de casse… Elle est un réel relais sur lequel s’appuie son manager, en suggérant la meilleure stratégie entre qualité et rendement matière.
Une diversité de missions qui rend son quotidien particulièrement stimulant : « Ça change tout le temps. Les nouveaux sacs, les nouveaux cuirs… Quand on réussit à travailler un cuir compliqué, c’est une vraie satisfaction. Je suis toujours partante pour relever ce type de challenge ! »
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