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Statut cadre en 2026 : avantages, inconvénients et guide complet

Par Fabrice Mazoir • Mis à jour le , publié en janvier 2015

Le statut cadre a ses particularités, avec des avantages et des inconvénients. Salaire, congés, RTT, temps de travail retraite complémentaire… voici en détail de quoi peser le pour et le contre.

Statut cadre en 2026 : avantages, inconvénients et guide complet
En 2024, les cadres représentaient 23% de la population active française. © xavier gallego morel@stock.adobe.com

En 2024, les cadres représentaient 23% de la population active française, soit près d'un salarié sur quatre selon l'Insee (enquête Emploi 2024). Le statut cadre reste un objectif de carrière pour de nombreux professionnels, synonyme d'autonomie, de reconnaissance et de rémunération attractive. Mais qu'en est-il vraiment ? Entre salaire médian de 55 000€ bruts par an (Apec, Baromètre 2025), forfait jour de 218 jours maximum et cotisations sociales majorées, le statut cadre présente des avantages indéniables... mais aussi des contreparties importantes.

Dans ce guide complet, découvrez tout ce qu'il faut savoir avant d'accepter ou de négocier le statut cadre : définition légale, comparatif détaillé avec chiffres officiels, conseils pratiques et réponses aux questions les plus fréquentes.

Qu'est-ce que le statut cadre ? Définition et cadre légal

Une notion sans définition légale stricte

Le statut cadre n'est défini par aucun article du Code du travail. C'est l'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 28 février 2020 qui en donne la description la plus précise. Selon cet accord, un cadre se caractérise par :

  • Une aptitude à des fonctions à caractère intellectuel prédominant, nécessitant un haut degré de jugement et de connaissances théoriques, techniques ou professionnelles
  • Une influence sur l'action ou la réflexion des autres salariés, même sans rôle hiérarchique direct
  • Une marge suffisante d'initiative et d'autonomie dans l'organisation de son travail
  • Une responsabilité effective contribuant au développement de l'entreprise

Le statut cadre est donc historiquement formalisé depuis 1947 avec la création de l'AGIRC (Association Générale des Institutions de Retraite Complémentaire des Cadres), mais sa définition reste souple et dépend largement de chaque convention collective.

Les 3 catégories de cadres selon le Code du travail

Le Code du travail (article L3121-58) et les conventions collectives distinguent plusieurs types de cadres avec des régimes juridiques différents :

1. Le cadre dirigeant (article L3111-2 du Code du travail)

  • Responsabilités dont l'importance implique une large indépendance dans l'organisation de l'emploi du temps
  • Pouvoir de décision largement autonome
  • Participe à la direction de l'entreprise
  • Non soumis aux dispositions sur la durée du travail (pas de durée maximale, pas de repos compensateurs)

2. Le cadre autonome

  • Grande autonomie dans l'organisation du travail
  • Souvent en forfait jour (218 jours maximum par an selon l'article L3121-64)
  • Ne suit pas l'horaire collectif de son service
  • Responsabilités stratégiques sans nécessairement de fonction de direction générale

3. Le cadre intégré

  • Suit l'horaire collectif de son service ou équipe
  • Soumis à la durée collective du travail de l'entreprise (35h/semaine en principe)
  • Peut être en convention de forfait avec référence horaire

bon à savoir

Aujourd'hui, on peut être cadre sans encadrer d'équipe, et inversement, manager sans avoir le statut cadre. Ce qui compte davantage, c'est le niveau de responsabilité stratégique et d'autonomie.

Les 7 avantages du statut cadre (données 2024-2025)

1. Une rémunération nettement supérieure

Le principal attrait du statut cadre reste financier. Selon les données officielles 2024-2025 :

Salaire net moyen cadres (2024) : 4 570€/mois soit 54 840€/an (source : Insee)

Salaire médian cadres (2025) : 55 000€ bruts/an (source : Apec, Baromètre 2025)

Salaire net moyen secteur privé (2024) : 2 733€/mois (source : Insee)

À retenir : 80% des cadres gagnent entre 38 000€ et 95 000€ bruts annuels (source : Apec)

Cette rémunération supérieure s'explique par le niveau de responsabilités stratégiques, l'expertise technique et l'autonomie accordée.

À noter : 50% des cadres bénéficient d'une rémunération variable (primes sur objectifs, participation, intéressement) représentant en moyenne 11,2% de leur rémunération totale (Apec 2025). Au-delà du salaire de base, les cadres peuvent aussi recevoir des avantages en nature comme la voiture de fonction, le téléphone portable ou la carte bancaire professionnelle.

2. Une autonomie et flexibilité dans l'organisation du travail

Les cadres autonomes ne sont pas soumis à des horaires fixes. La plupart travaillent au forfait jour, avec un maximum de 218 jours travaillés par an selon l'article L3121-64 du Code du travail.

Concrètement, cela signifie :

  • Liberté d'arriver plus tard ou de partir plus tôt selon les besoins personnels
  • Possibilité de gérer son emploi du temps en fonction des contraintes familiales
  • Pas de pointeuse ni de contrôle horaire strict
  • Capacité à organiser ses journées selon les pics de productivité

Service-public.fr précise que « le salarié en forfait jours est tenu de travailler un certain nombre de jours dans l'année. Ce nombre de jours de travail dans l'année est fixé à 218 jours au maximum. »

Cette flexibilité facilite grandement la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle : déposer les enfants à l'école, gérer un rendez-vous médical, ou adapter son rythme devient plus simple.

3. Des jours de repos supplémentaires (RTT)

Grâce au forfait jour de 218 jours maximum, les cadres bénéficient de jours de repos supplémentaires en plus des congés payés légaux.

Calcul pour 2026 (Service-public.fr) :

365 jours dans l'année - 218 jours forfait - 104 jours de week-end (samedi/dimanche) - 25 jours de congés payés - 9 jours fériés tombant en semaine (2026) = 9 jours de repos supplémentaires (RTT) en 2026

Ce qui fait au total : 25 jours de congés payés + 9 RTT = 34 jours de repos (sans compter les week-ends), soit environ 7 semaines dans l'année.

Attention toutefois : dans la réalité, beaucoup de cadres ne prennent pas l'intégralité de leurs RTT en raison de leur charge de travail. Certaines entreprises proposent un compte épargne-temps (CET) pour valoriser ces jours non pris.

4. Une meilleure couverture prévoyance et protection sociale

Les cadres bénéficient d'une couverture prévoyance obligatoire renforcée, financée en grande partie par l'employeur. Cette protection inclut notamment :

  • Une garantie décès plus élevée (capital versé aux ayants droit)
  • Une couverture invalidité plus protectrice
  • Une meilleure prise en charge en cas d'arrêt maladie
  • Des garanties d'incapacité temporaire de travail avantageuses

Les entreprises cotisent davantage pour leurs cadres, ce qui se traduit par une sécurité financière accrue pour les salariés et leurs familles en cas d'accident de la vie.

5. Un accompagnement spécifique avec l'Apec

Les cadres cotisent à l'Apec (Association pour l'emploi des cadres) à hauteur de 0,06% du salaire brut (0,036% pour l'employeur, 0,024% pour le salarié).

En contrepartie, ils bénéficient :

  • D'un accompagnement personnalisé en cas de recherche d'emploi
  • D'un accès à des offres d'emploi qualifiées
  • De conseils en gestion de carrière et évolution professionnelle
  • D'ateliers, webinaires et événements networking
  • D'un suivi tout au long de la vie active

Selon le Baromètre Apec 2025, l'association accompagne les cadres sur l'ensemble du territoire français.

6. Une retraite complémentaire plus élevée

Depuis la fusion de l'Agirc et de l'Arrco en 2019, tous les salariés cotisent au même régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco. Néanmoins, les cadres conservent un avantage significatif : leurs pensions de retraite sont plus élevées car calculées sur des salaires supérieurs tout au long de leur carrière.

Les cadres cotisent sur :

  • La tranche 1 (jusqu'au plafond de la Sécurité sociale : 3 925€/mois en 2025 selon Legifrance)
  • La tranche 2 (de 1 à 8 fois le plafond)

Plus le salaire est élevé, plus les points de retraite accumulés sont importants, garantissant une pension confortable à la retraite.

7. Une période d'essai plus longue (avantage pour tester le poste)

La période d'essai des cadres est de 4 mois, renouvelable une fois (soit potentiellement 8 mois), contre 2 mois pour les employés et ouvriers.

Cela peut être un avantage car :

  • Vous avez plus de temps pour évaluer si le poste vous convient réellement
  • Vous pouvez tester en profondeur la charge de travail et l'ambiance
  • Vous mesurez mieux l'adéquation entre les missions annoncées et la réalité du terrain
  • Si le poste ne convient pas, vous pouvez partir avec un préavis court pendant cette période

Les 6 inconvénients du statut cadre

1. Une charge de travail souvent importante et des horaires extensibles

Le principal inconvénient du statut cadre est la surcharge de travail. Une étude Dares de 2015 (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques) montre que les cadres au forfait jours travaillent en moyenne 44,6 heures par semaine, contre 39 heures pour les salariés au forfait heures.

Concrètement :

  • Les journées de travail dépassent régulièrement les 10 heures
  • Les soirées et week-ends sont parfois impactés par les urgences professionnelles
  • La pression sur les résultats et objectifs est constante
  • Le risque de burn-out est plus élevé

bon à savoir

Pour limiter ces dérives, la loi impose un droit à la déconnexion (article L2242-17 du Code du travail). Les entreprises doivent mettre en place des dispositifs de régulation de l'usage des outils numériques hors temps de travail. De plus, le Code du travail garantit un repos quotidien minimum de 11 heures et un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives, même pour les cadres au forfait jour.

2. Pas d'heures supplémentaires rémunérées

Les cadres au forfait jour ne comptent pas leurs heures et ne bénéficient d'aucune majoration pour heures supplémentaires. Selon l'article L3121-62 du Code du travail, les salariés dont la durée de travail est décomptée en jours ne sont pas soumis aux dispositions relatives aux heures supplémentaires.

Cette situation peut devenir problématique lorsque :

  • Le salaire n'est pas à la hauteur du temps réellement investi
  • La charge de travail est manifestement déraisonnable
  • L'équilibre vie pro/vie perso devient impossible à maintenir

Attention : Le forfait jour ne signifie pas que l'employeur peut exiger un temps de travail illimité. L'employeur doit s'assurer que la charge de travail reste raisonnable et permet une bonne répartition dans le temps (article L3121-62 du Code du travail).

3. Des cotisations sociales plus élevées

Être cadre coûte plus cher en charges sociales. Si les taux exacts varient selon les situations, les cadres supportent des cotisations supplémentaires :

  • La cotisation Apec (0,024% pour le salarié, 0,036% pour l'employeur)
  • Des cotisations de prévoyance obligatoires plus élevées
  • Des cotisations retraite complémentaire sur la tranche 2 des salaires

Exemple

Pour un salaire brut de 4 000€/mois, les charges salariales sont légèrement supérieures pour un cadre, réduisant d'autant le salaire net perçu.

Il est donc crucial de bien négocier son salaire brut pour que le net corresponde à vos attentes et compense ces charges supplémentaires.

4. Une période d'essai et un préavis plus longs (contrainte en cas de départ)

Si la période d'essai longue peut être un avantage, elle présente aussi des inconvénients :

Période d'essai de 4 mois (renouvelable une fois) :

  • Période d'incertitude prolongée avant la confirmation définitive
  • Stress et pression pour faire ses preuves rapidement
  • Possibilité d'être licencié avec un court préavis pendant cette phase (24 à 48h selon l'ancienneté)

Préavis de 3 mois en cas de démission ou licenciement :

  • Contraignant si vous souhaitez rejoindre rapidement une nouvelle entreprise
  • Votre futur employeur doit parfois attendre 3 mois
  • En cas de rupture de confiance, cette période peut être difficile à vivre

bon à savoir

La durée du préavis se négocie. Selon les circonstances, l'employeur peut accepter de réduire cette période, notamment s'il a déjà trouvé un remplaçant ou dans le cadre d'une rupture conventionnelle.

5. Une pression et un stress professionnels accrus

Le statut cadre s'accompagne d'une obligation de résultats et d'un niveau d'exigence élevé qui peuvent peser lourdement :

  • Pression hiérarchique constante
  • Responsabilité en cas d'échec d'un projet stratégique
  • Difficultés à déléguer et à « lâcher prise »
  • Sentiment de ne jamais en faire assez
  • Culpabilité lors des absences ou des congés

Cette pression peut impacter la santé mentale et physique (troubles du sommeil, anxiété, épuisement professionnel). C'est pourquoi le Code du travail impose des entretiens réguliers entre le cadre et l'employeur pour faire le point sur la charge de travail.

6. Des RTT souvent non utilisés en pratique

Paradoxalement, bien que les cadres aient droit à des jours de repos supplémentaires, beaucoup ne les prennent pas entièrement. Les raisons sont multiples :

  • Charge de travail trop importante
  • Crainte d'accumuler du retard pendant l'absence
  • Culture d'entreprise peu favorable aux pauses
  • Manque d'anticipation et de planification
  • Pression implicite ou explicite du management

Résultat : de nombreux cadres perdent chaque année plusieurs jours de RTT, ce qui réduit considérablement l'avantage théorique du forfait jour.

bon à savoir

L'article L3121-64 du Code du travail permet aux entreprises de mettre en place un compte épargne-temps (CET) permettant de capitaliser les jours non pris et de les utiliser ultérieurement (sabbatique, congé parental, formation longue, ou rachat en fin de carrière).

Statut cadre vs non-cadre : tableau comparatif 2024-2025

Critère Cadre Non-cadre
Salaire net moyen 2024 4 570€/mois 1 960€ employés / 2 030€ ouvriers
Salaire médian 2025 55 000€ bruts/an environ 30 000€ bruts/an (estimation)
% de la population active 23% 77%
Temps de travail Forfait 218 jours/an 35h/semaine (1 607h/an)
Heures supplémentaires Non rémunérées Payées (majoration 25-50%)
RTT 2026 9 jours + 25 CP = 34 jours Selon entreprise (5 sem. légales)
Période d'essai 4 mois (renouvable 4 mois) 2 mois (renouvable 2 mois)
Préavis démission/licenciement 3 mois 1 mois
Cotisations sociales Plus élevées (Apec + prévoyance) Standard
Retraite complémentaire Agirc-Arrco (T1 + T2) Agirc-Arrco (T1)
Accompagnement Apec Oui (cotisation 0,024%) Non
Prévoyance obligatoire Renforcée (décès, invalidité) Standard
Autonomie Très élevée Variable selon poste
Repos quotidien minimum 11h 11h
Repos hebdomadaire minimum 24h + 11h 24h + 11h

Sources : Insee (données 2024), Apec (baromètres 2024-2025), Code du travail, Service-public.fr

Comment obtenir le statut cadre ?

1. Par la formation initiale (voie directe)

La voie la plus courante reste le diplôme d'enseignement supérieur. Les cadres justifient généralement d'un niveau de formation élevé, même si aucun diplôme minimum n'est légalement exigé.

Les formations les plus courantes :

  • Master universitaire (gestion, finance, informatique, RH, ingénierie...)
  • Diplôme d'école d'ingénieur (généraliste ou spécialisé)
  • Diplôme d'école de commerce (programme Grande École)
  • Mastères spécialisés (MS) ou MBA

Avantage : Accès direct au statut cadre dès le premier emploi.

2. Par promotion interne ou reconnaissance de l'expérience

Il est possible d'accéder au statut cadre sans diplôme de niveau Bac+5, grâce à l'expérience professionnelle et à la reconnaissance de compétences acquises.

Les étapes clés pour y parvenir :

  • Démontrer son expertise technique et ses compétences stratégiques
  • Prendre des responsabilités croissantes sur des projets importants
  • Développer ses soft skills (leadership, autonomie, prise de décision)
  • Faire savoir à sa hiérarchie son ambition d'évoluer vers le statut cadre
  • Suivre des formations complémentaires (MBA, certificats, VAE)

bon à savoir

La Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) permet d'obtenir une certification professionnelle en valorisant son parcours, sans retourner en formation initiale.

3. Négocier son passage au statut cadre : conseils pratiques

Si vous êtes en position de négocier le statut cadre, voici les points clés à aborder :

Avant la négociation :

  • Documentez vos réalisations et l'impact de votre travail sur l'entreprise
  • Comparez votre rémunération avec le marché (grilles de salaire de votre convention collective)
  • Identifiez ce que vous souhaitez : statut seul ou statut + augmentation ?

Pendant la négociation :

  • Demandez une augmentation de salaire significative (le passage au statut cadre seul ne suffit pas, car les charges augmentent)
  • Précisez le type de cadre visé (autonome au forfait jour ? intégré aux 35h ?)
  • Négociez les modalités de télétravail si c'est important pour vous
  • Clarifiez les attentes en termes de charge de travail, d'objectifs et d'amplitude horaire
  • Demandez la mise en place d'entretiens réguliers pour faire le point

Attention : Le statut cadre n'est pas toujours avantageux. Si l'augmentation de salaire ne compense pas les inconvénients (charge de travail, cotisations, préavis...), il est légitime de refuser ou de demander plus de garanties.

Statut cadre : est-ce fait pour vous ?

Les profils qui en bénéficient le plus

Le statut cadre est particulièrement avantageux si vous êtes :

Un profil à fort potentiel salarial : si votre rémunération dépasse nettement la moyenne, les avantages (retraite, prévoyance, Apec) compensent les inconvénients

Un amoureux de l'autonomie : vous aimez organiser votre temps et gérer vos priorités sans supervision constante

Un stratège : vous souhaitez contribuer aux décisions importantes et avoir un impact sur l'entreprise

Un adepte de la flexibilité : vous privilégiez la souplesse d'organisation et l'équilibre vie pro/perso

Un professionnel expérimenté : vous avez la maturité pour gérer la pression et les responsabilités

Quand refuser le statut cadre ?

Il peut être judicieux de refuser le statut cadre (ou de le négocier différemment) si :

L'augmentation de salaire est insuffisante et ne compense pas les charges supplémentaires et la charge de travail

Vous tenez à votre équilibre vie perso/vie pro : certains postes de cadre sont très chronophages

Vous souhaitez être rémunéré pour vos heures supplémentaires : le forfait jour fait perdre ce droit

Vous n'avez pas l'expérience nécessaire : le statut cadre implique une pression importante

L'entreprise pratique une politique de "faux cadres" : statut donné pour contourner les 35h sans vraies responsabilités stratégiques

bon à savoir

Refuser le statut cadre est un droit. Cela ne doit pas être perçu comme un manque d'ambition, mais comme une décision réfléchie.

5 questions à se poser avant d'accepter

  1. Le salaire net proposé est-il vraiment attractif ? (comparez avec votre situation actuelle et le marché)
  2. Quelle sera ma charge de travail réelle ? (demandez des précisions, voire des témoignages)
  3. Quel type de forfait me sera appliqué ? (218 jours ? 35h ? horaires flexibles ?)
  4. Quelles sont les attentes en termes d'objectifs et de responsabilités ?
  5. L'entreprise respecte-t-elle le droit à la déconnexion et l'équilibre vie pro/perso ?

FAQ : 8 questions fréquentes sur le statut cadre

1. Quel est le salaire minimum pour être cadre ?

Il n'existe pas de salaire minimum légal national pour les cadres. Cependant, les conventions collectives fixent généralement des planchers. Par exemple, la convention collective Syntec prévoit un salaire minimum pour les cadres niveau VI.

En pratique, selon les données Apec 2025 :

  • Salaire médian tous cadres : 55 000€ bruts/an (soit 4 583€ bruts/mois)
  • 80% des cadres gagnent entre 38 000€ et 95 000€ bruts annuels

Consultez votre convention collective sur Legifrance pour connaître les minima applicables dans votre branche.

2. Peut-on être cadre sans Bac+5 ?

Oui, c'est possible. Le Code du travail n'impose aucun diplôme minimum pour être cadre. Ce qui compte, c'est :

  • Le niveau de responsabilité et d'autonomie
  • L'expertise technique ou managériale
  • La reconnaissance par l'employeur et la convention collective

Vous pouvez accéder au statut cadre :

  • Par promotion interne après plusieurs années d'expérience
  • Grâce à une expertise technique reconnue
  • Via une Validation des Acquis de l'Expérience (VAE)

Dans certains secteurs (tech, commerce), l'expérience peut primer sur le diplôme.

3. Un cadre peut-il refuser le forfait jour ?

Oui, absolument. Selon l'article L3121-64 du Code du travail, la forfaitisation de la durée du travail doit faire l'objet de l'accord du salarié et d'une convention individuelle de forfait établie par écrit.

Le forfait jour n'est pas obligatoire pour tous les cadres. Certains travaillent en horaire fixe (35h ou autre), notamment les "cadres intégrés" qui suivent l'horaire collectif de leur service.

Si vous refusez le forfait jour, votre employeur ne peut pas vous l'imposer, mais il peut décider de ne pas vous embaucher ou de vous proposer un autre type de contrat.

4. Combien de jours de RTT pour un cadre au forfait 218 jours ?

Le nombre de RTT varie chaque année en fonction du calendrier.

Pour 2026 (selon Service-public.fr) : Calcul : 365 jours - 218 jours forfait - 104 week-end - 25 congés payés - 9 jours fériés tombant en semaine = 9 jours de RTT

Attention : Ce calcul peut varier selon :

  • Le nombre de jours fériés tombant en semaine (change chaque année)
  • Les spécificités de votre convention collective
  • Les accords d'entreprise
  • Votre région (Alsace-Moselle a plus de jours fériés)

Consultez votre convention individuelle de forfait pour connaître précisément vos droits.

5. Un cadre peut-il démissionner sans préavis ?

Non, sauf accord avec l'employeur. Le préavis d'un cadre est généralement de 3 mois (selon la convention collective).

Cependant :

  • L'employeur peut accepter de réduire ou supprimer ce préavis (dispense de préavis)
  • En période d'essai, le préavis est réduit (24h à 2 semaines selon l'ancienneté)
  • Une rupture conventionnelle permet de négocier une date de départ

Attention : Partir sans respecter son préavis peut entraîner le versement de dommages et intérêts à l'employeur pour le préjudice causé.

6. Les cadres ont-ils droit aux heures supplémentaires ?

Non, pas les cadres au forfait jour. Selon l'article L3121-62 du Code du travail, leur temps de travail est décompté en jours (218 max/an) et non en heures. Ils ne peuvent donc pas prétendre à une rémunération des heures supplémentaires.

Exception : L'article L3121-59 du Code du travail permet au cadre, s'il le souhaite et avec l'accord de l'employeur, de renoncer à des jours de repos en contrepartie d'une majoration de salaire d'au moins 10%. Le nombre total de jours travaillés ne peut alors pas dépasser 235 jours par an (ou une limite différente fixée par accord collectif).

Cadres intégrés (en horaire 35h) : ils peuvent bénéficier d'heures supplémentaires selon les modalités de leur convention collective.

7. Le forfait jour est-il obligatoire pour tous les cadres ?

Non, le forfait jour n'est pas obligatoire. Selon le Code du travail (articles L3121-58 et L3121-64), seuls certains cadres peuvent être soumis au forfait jour :

Peuvent être au forfait jour :

  • Les cadres qui disposent d'une autonomie dans l'organisation de leur emploi du temps
  • Les cadres dont la nature des fonctions ne les conduit pas à suivre l'horaire collectif
  • Les salariés non-cadres disposant d'une réelle autonomie et dont la durée de travail ne peut être prédéterminée

Ne peuvent PAS être au forfait jour :

  • Les cadres dirigeants (ils relèvent d'un régime spécifique défini par l'article L3111-2 du Code du travail sans limitation de durée)
  • Les cadres intégrés suivant l'horaire collectif (ils sont généralement aux 35h)
  • Tout salarié dont les fonctions ne correspondent pas aux critères ci-dessus

De plus, le forfait jour nécessite l'accord écrit du salarié formalisé dans une convention individuelle.

8. Le statut cadre est-il encore avantageux en 2025 ?

Oui, mais de façon plus nuancée qu'avant. Les données officielles montrent que :

Le statut cadre reste attractif pour :

  • La rémunération : salaire médian de 55 000€ bruts/an vs 30 000€ pour les non-cadres (Apec 2025)
  • L'autonomie : flexibilité dans l'organisation du temps de travail
  • La retraite : pensions plus élevées grâce aux cotisations sur tranches supérieures
  • La protection sociale : prévoyance renforcée et accompagnement Apec

Mais attention aux contreparties :

  • Charge de travail : les cadres au forfait jour travaillent en moyenne 44,6h/semaine vs 39h (Dares 2015)
  • Pas d'heures sup' : temps de travail supplémentaire non rémunéré
  • Évolutions 2024-2025 : selon l'Apec, seulement 53% des cadres ont été augmentés en 2025 (vs 60% en 2024), et l'écart salarial hommes/femmes reste important (16% brut, 6,8% à poste égal)

L'équilibre avantages/inconvénients dépend de :

  • Votre secteur d'activité
  • Votre niveau de rémunération
  • La culture de votre entreprise
  • Vos priorités personnelles (équilibre vie pro/perso, ambition, autonomie...)

Pesez le pour et le contre

Le statut cadre reste en 2025-2026 une promotion attractive pour de nombreux salariés français. Avec un salaire médian de 55 000€ bruts annuels (Apec 2025), une autonomie accrue et des jours de repos supplémentaires, il offre des avantages indéniables.

Toutefois, il ne faut pas négliger les contreparties : charge de travail importante (44,6h/semaine en moyenne selon la Dares), absence d'heures supplémentaires rémunérées, pression constante sur les résultats et cotisations sociales plus élevées.

Avant d'accepter ou de négocier le statut cadre, posez-vous les bonnes questions :

  • Le salaire proposé compense-t-il vraiment les inconvénients ?
  • Êtes-vous prêt à assumer la charge de travail et le stress ?
  • Votre équilibre vie pro/vie perso sera-t-il préservé ?
  • L'entreprise respecte-t-elle le droit à la déconnexion et les temps de repos (11h/jour, 24h/semaine minimum selon le Code du travail) ?

Si vous hésitez, n'hésitez pas à demander conseil à des professionnels RH, à négocier les conditions ou même à refuser si le statut ne correspond pas à vos aspirations. Le statut cadre n'est pas une fin en soi : c'est un outil au service de votre projet professionnel.

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