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CDI intermittent : comment savoir si c’est une vraie piste à explorer ?

Par Laura Lamassourre Publié le

Flexibilité et sécurité dans un même contrat : le CDI intermittent séduit, mais ne convient pas à tous. Ce qu’il faut savoir avant de signer.

CDI intermittent : comment savoir si c’est une vraie piste à explorer ?
Le CDII s’adresse à des emplois permanents qui comportent, par nature, une alternance d’activité : il est distinct du statut d'intermittent du spectacle. © New Africa@stock.adobe.com

Alterner des semaines de travail intense et de longues périodes sans mission, tout en conservant la protection d’un CDI : l’idée paraît séduisante. Le contrat de travail intermittent (ou CDII) est pourtant méconnu, souvent confondu avec d’autres formules contractuelles, et surtout soumis à des conditions strictes. Avant d’y voir la solution idéale pour concilier activité saisonnière et stabilité, il convient de comprendre précisément ce à quoi on s’engage.

Qu’est-ce que le CDI intermittent (CDII) ?

Le contrat de travail intermittent, aussi désigné sous les sigles CDII ou CD2I, est un contrat à durée indéterminée permettant d’alterner des périodes travaillées et des périodes non travaillées. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, il n’a rien à voir avec le statut d’intermittent du spectacle : ce dernier relève en réalité de CDD successifs, régis par des règles d’indemnisation chômage spécifiques.

Le CDII s’adresse, lui, à des emplois permanents qui comportent, par nature, une alternance d’activité. Moniteur de ski, animateur en centre de loisirs, formateur, saisonnier touristique : c’est dans ces profils que ce contrat trouve sa légitimité. L’idée centrale est que le poste existe durablement dans l’entreprise, mais que son exécution n’est pas continue sur l’année.

À noter également : le CDI intermittent est distinct du CDI intérimaire, qui, lui, est conclu entre un salarié et une agence de travail temporaire, et obéit à une logique de missions successives chez différentes entreprises utilisatrices. Dans cet article, on s’intéresse exclusivement au CDII « classique », conclu directement avec un employeur.

bon à savoir

CDII, CD2I, CDI intermittent : ces trois appellations désignent le même contrat. À ne pas confondre avec l’intermittent du spectacle (CDD successifs) ni avec le CDI intérimaire (contrat avec une agence d’intérim).

Qui peut conclure un CDI intermittent ?

Le recours au CDII n’est pas ouvert à toutes les entreprises. En règle générale, l’employeur doit être couvert par une convention collective ou un accord d’entreprise qui prévoit expressément cette possibilité ; c’est cet accord qui définit les emplois permanents pouvant être pourvus en CDII et fixe les droits spécifiques des salariés concernés.

Les secteurs les plus concernés sont notamment : le spectacle vivant et enregistré, le tourisme, l’animation socioculturelle, la restauration saisonnière, les centres de loisirs ou encore certains établissements d’enseignement.

Des exceptions existent toutefois. Les entreprises de moins de 50 salariés relevant de certaines conventions collectives (sport, articles de sport, équipements de loisirs...) peuvent recourir au CDII sans accord collectif spécifique ; de même, les entreprises adaptées, qui emploient majoritairement des travailleurs handicapés, bénéficient d’une dérogation à cette règle.

Attention : si l’employeur conclut un CDII sans y être autorisé par un accord collectif, le contrat sera automatiquement requalifié en CDI à temps plein par les tribunaux, avec toutes les conséquences financières que cela implique.

Quels sont les droits du salarié en CDII ?

Sur le plan des droits, le salarié en contrat de travail intermittent bénéficie des mêmes garanties qu’un salarié en CDI classique à temps plein : congés payés, formation professionnelle, accès aux avantages sociaux de l’entreprise, etc. Les périodes non travaillées sont prises en compte intégralement pour le calcul des droits liés à l’ancienneté : un point souvent sous-estimé.

En ce qui concerne la rémunération, deux modalités sont possibles. Soit le salarié est payé en fonction des heures effectivement travaillées chaque mois ; soit le contrat prévoit un lissage mensuel : dans ce cas, le salaire est versé de façon régulière, indépendamment des heures réellement effectuées sur la période. Cette option, qui doit être prévue par la convention collective, offre une visibilité financière appréciable.

Le contrat doit obligatoirement mentionner la durée annuelle minimale de travail. Le salarié peut la dépasser, mais sans excéder le tiers de cette durée ; sauf accord de sa part. Au-delà, les heures travaillées ouvrent droit à des majorations, comme pour les heures supplémentaires.

bon à savoir

Le CDII doit impérativement être rédigé par écrit. Il doit préciser : la qualification du salarié, la durée annuelle minimale de travail, les périodes travaillées et non travaillées, ainsi que les modalités de rémunération. L’absence de définition des périodes travaillées dans le contrat entraîne sa requalification automatique en CDI à temps plein (Cass. soc., 25 mai 2016).

CDI intermittent et chômage : le point de vigilance

C’est souvent là que le bât blesse. Les périodes non travaillées d’un CDII ne donnent pas droit aux allocations chômage : le salarié reste lié à son employeur par un CDI, même si son contrat est temporairement suspendu. En clair, il ne s’inscrit pas à France Travail entre deux périodes d’activité.

Cette caractéristique est fondamentale dans l’évaluation du contrat. Pour un salarié dont les périodes d’inactivité sont courtes et prévisibles, elle ne pose pas de difficulté majeure ; pour quelqu’un qui travaille, par exemple, quatre mois sur douze, elle peut en revanche représenter une contrainte financière considérable, à moins de bénéficier du lissage de salaire.

Si la convention collective applicable le prévoit, le salarié peut percevoir une rémunération minimale garantie pendant les périodes creuses. Il est donc impératif de se référer à l’accord collectif en vigueur dans son secteur avant toute signature.

Le CDII est-il vraiment une bonne piste ? Bilan honnête

Le CDI intermittent présente des atouts réels. Pour les salariés dont l’activité est structurellement saisonnière, il constitue une alternative bien plus sécurisante qu’une succession de CDD : pas de prime de précarité en contrepartie, certes, mais une stabilité juridique, des droits sociaux préservés et une relation de travail inscrite dans la durée. Pour l’employeur, c’est également un levier de fidélisation efficace, qui évite de repartir chaque année à la recherche de profils qualifiés.

Ses limites, en revanche, méritent d’être posées clairement. Le champ d’application du CDII reste restreint ; il n’est pas conçu pour contourner la réglementation sur les CDD ou le temps partiel. En l’absence d’accord collectif adapté, le contrat est non seulement invalide, mais expose l’employeur à des sanctions sérieuses ; côté salarié, l’absence d’indemnités chômage pendant les périodes non travaillées peut constituer un frein décisif.

Avant de signer (ou de proposer) un CDII, quelques questions s’imposent donc :

  • Mon secteur d’activité et mon poste sont-ils bien couverts par une convention collective qui autorise le CDII ?
  • La durée annuelle minimale prévue au contrat est-elle suffisante pour assurer un revenu viable ?
  • Mon contrat prévoit-il un lissage de la rémunération pendant les périodes non travaillées ?
  • Ai-je bien vérifié les dispositions spécifiques de ma convention collective en matière de droits conventionnels ?

Si les réponses sont positives, le CDI intermittent peut effectivement constituer une piste sérieuse. Dans le cas contraire, d’autres formules (temps partiel aménagé, contrat saisonnier, voire CDI classique à temps partiel) méritent d’être explorées avec le même soin.

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