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Refus du congé parental : que dit la loi pour vous protéger ?

Par Johannie BONIN • Publié le

Quand un employeur refuse un congé parental, le droit donne toujours raison au salarié qui remplit les conditions légales.

Refus du congé parental : que dit la loi pour vous protéger ?
Congé parental refusé : ce que la loi interdit à l'employeur et comment faire valoir vos droits. © Yakobchuk Olena/stock.adobe.com

Le congé parental d'éducation est un droit, pas une faveur. Dès lors que le salarié remplit les conditions prévues par le Code du travail, l'employeur ne peut pas s'y opposer, quel que soit le motif invoqué. Pourtant, des refus surviennent encore, parfois fondés sur des arguments qui n'ont aucune valeur juridique. Voici ce que dit la loi, les cas où le refus est strictement illégal, et les recours disponibles pour faire valoir ce droit.

Congé parental d'éducation : un droit que l'employeur ne peut pas refuser

Pendant la période qui suit l'expiration du congé de maternité ou d'adoption, tout salarié justifiant d'une ancienneté minimale d'une année a le droit au bénéfice d'un congé parental d'éducation durant lequel le contrat de travail est suspendu, ou à la réduction de sa durée de travail, sans que cette activité à temps partiel puisse être inférieure à seize heures hebdomadaires.

Les conditions d'éligibilité au congé parental

Deux conditions cumulatives ouvrent le droit au congé parental d'éducation. Le salarié doit avoir au moins un an d'ancienneté dans l'entreprise au moment où survient l'événement ouvrant le droit : naissance, adoption, ou accueil d'un enfant n'ayant pas encore atteint l'âge de la scolarité obligatoire. La seconde est que le congé soit demandé après l'expiration du congé de maternité ou d'adoption.

Le congé parental d'éducation est prévu pour une durée initiale d'un an et peut être renouvelé deux fois jusqu'au 3e anniversaire de l'enfant. Lorsque l'enfant adopté est âgé de plus de 3 ans mais n'a pas encore atteint l'âge de la fin de l'obligation scolaire, le congé parental ne peut excéder une année à compter de l'arrivée au foyer.

Congé parental à temps plein ou à temps partiel : même protection

Dans le cadre d'une demande de suspension totale du contrat de travail, le salarié remplissant les conditions posées par le Code du travail ne peut voir sa demande de congé parental refusée par l'employeur. Dans le cadre d'une activité à temps partiel, l'employeur ne peut pas, par principe, opposer de refus au salarié. En cas de désaccord sur les horaires, il peut seulement choisir de fixer lui-même les nouveaux horaires de travail du salarié.

Délai de prévenance non respecté : l'employeur ne peut toujours pas refuser

L'une des raisons les plus fréquemment invoquées par les employeurs pour refuser un congé parental est le non-respect du délai de prévenance. Conformément à l'article L.1225-50 du Code du travail, le salarié doit prévenir son employeur au moins un mois avant la fin du congé de maternité ou d'adoption si le congé parental démarre juste après, ou au moins deux mois avant le début du congé dans les autres situations.

Ce délai existe, mais son non-respect n'autorise pas le refus. La Cour de cassation a confirmé dans un arrêt du 18 septembre 2024 (n° 23-18.021) que l'employeur ne peut pas refuser un congé parental même en cas de non-respect du délai de prévenance par le salarié. Le Code du travail ne prévoit aucune sanction en cas de demande effectuée hors délai : le délai de prévenance n'est pas une condition pour bénéficier du congé parental. L'employeur qui refuserait pour ce seul motif engage sa responsabilité et s'expose à une condamnation à verser des dommages et intérêts au salarié.

bon à savoir

Dans cette affaire, il s'agissait d'un pilote de ligne qui avait formulé sa demande seulement cinq jours avant le début du congé souhaité. La Cour de cassation a donné raison au salarié et renvoyé l'affaire en appel pour évaluation du préjudice.

Prolongation et modification du congé parental : l'employeur ne peut pas s'y opposer

Le droit au congé parental ne se limite pas à la demande initiale. Si un salarié demande une prolongation ou une modification de son congé parental, l'employeur ne peut refuser à condition que les durées légales maximales soient bien respectées.

En revanche, une nuance s'impose pour le congé à temps partiel : la durée de travail reste identique en cas de renouvellement, sauf accord de l'employeur ou dispositions conventionnelles plus favorables. L'employeur n'est pas tenu d'accepter une modification du taux d'activité, par exemple un passage de 50 % à 80 % : cette modification nécessite son accord.

Que faire en cas de refus illégal du congé parental ?

Face à un refus de l'employeur, plusieurs démarches sont possibles, à mener dans l'ordre.

Envoyer un courrier de rappel formel

Face à un refus initial, la première étape consiste à adresser un courrier de rappel formel à l'employeur, envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception pour constituer une preuve recevable. Ce courrier doit rappeler les droits du salarié, les articles du Code du travail applicables et la situation familiale concernée.

Saisir le conseil de prud'hommes

En cas de refus persistant, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes. Cette juridiction peut contraindre l'employeur à respecter la loi et à accorder le congé parental. Un refus injustifié peut entraîner des sanctions contre l'employeur, incluant des dommages et intérêts pour préjudice subi.

Contacter l'inspection du travail

Le salarié peut également signaler le refus à l'inspection du travail, qui a compétence pour intervenir en cas de méconnaissance des droits légaux liés au congé parental d'éducation. Cette démarche peut être menée en parallèle de la saisine prud'homale.

bon à savoir

Documenter chaque échange avec l'employeur dès le premier refus est essentiel pour constituer un dossier solide en cas de contentieux.

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