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Guylène Riera-Cochu, présidente de L'Entrepôt du Bricolage : « Il faut oser lever la main et se sentir légitime à le faire »
Un parcours qui prouve qu'on peut diriger une entreprise sans renoncer ni à ses valeurs, ni à sa vie de famille.
En janvier 2025, Guylène Riera-Cochu prend la présidence de L'Entrepôt du Bricolage. Dans un secteur encore perçu comme masculin, les réactions ne se font pas attendre : « J'ai eu beaucoup de retours de collaboratrices qui m'ont dit : “Une femme présidente, je ne pensais pas voir ça un jour.” Ma nomination leur a montré que c'était possible, il y a eu un vrai effet miroir. » De quoi les encourager à marcher sur ses traces : « Comme je leur dis souvent, il faut oser lever la main, dire “j'ai envie d'évoluer, de manager” et se sentir légitime à le faire. »
« Je voulais être actrice de ma carrière, pas spectatrice »
Rien ne prédestinait pourtant Guylène Riera-Cochu à prendre la tête d'une enseigne de bricolage. Après des études de finance, elle démarre sa carrière dans l'audit : « J'ai travaillé pour des PME dans différents secteurs d'activité, avant de déménager à Grenoble il y a 20 ans », retrace-t-elle. Elle y rejoint le groupe SAMSE (dont fait partie L'Entrepôt du Bricolage) en tant que responsable comptable, puis directrice comptable.
En 2019, elle devient directrice administrative et financière de la branche bricolage du groupe. « J'avais déjà occupé ces fonctions avant, mais dans de plus petites entreprises où les missions étaient moins techniques. » Ce poste de DAF lui met le pied à l'étrier pour la suite : nommée directrice générale déléguée en 2022, elle prend la présidence de L'Entrepôt du Bricolage en janvier 2025.
Plus que l'ambition, c'est sa personnalité qui a dessiné sa carrière : « Je ne me suis jamais dit que je serais directrice générale ou présidente, ça n'a jamais été une cible. Ce qui m'a toujours animée, c'est l'envie de me faire plaisir, de ne pas m'ennuyer, de travailler avec des personnes avec qui je m'entends bien et de progresser à tous les niveaux », résume-t-elle.
Diriger s'est imposé comme une évidence. « Dans l'audit, on se contente d'analyser les chiffres après coup, ça ne me convenait pas. J'ai toujours eu besoin d'être actrice de mon environnement et non spectatrice. Je me suis donc très vite tournée vers le management. La sphère financière étant souvent intégrée aux comités de direction, j'ai rapidement grimpé les échelons. »
Un Codir qui se féminise progressivement
Cette montée en grade ne l'a pas isolée pour autant. Au quotidien, Guylène s'appuie sur son binôme Franck Ougier, directeur général de la filiale, et toute une équipe de directeurs de service. Si elle est majoritairement entourée d'hommes, la dynamique est en train de changer : « On intègre une nouvelle directrice des ressources humaines en novembre, donc le Codir comptera bientôt deux femmes sur cinq membres », se félicite-t-elle.
Une arrivée qui s'inscrit dans une tendance de fond : le comité exécutif du groupe SAMSE, où elle siège depuis 2019, est progressivement passé de deux à six femmes (sur 20). « Le nombre a triplé en sept ans. Petit à petit, on progresse ! »
« Je n'ai pas de sentiment de solitude »
Avec près de 40 magasins en France, L'Entrepôt du Bricolage emploie plus de 2 200 collaborateurs. Présider une entreprise de cette envergure nécessite d'avoir les épaules solides. « C'est beaucoup de responsabilités, concède-t-elle. On prend des décisions qui ont un impact fort pour l'entreprise et pour les équipes. Pour autant, c'est passionnant car on s’intéresse à tous types de sujets. Quand on a envie d'apprendre en permanence, c'est vraiment le poste parfait. »
Plus elle avance dans sa carrière, plus Guylène mesure l'importance du collectif. « Il est au cœur du poste. C'est un plaisir fou de travailler avec des personnalités très différentes, des expertises qui m'épatent. Je n'ai pas du tout de sentiment de solitude ! »
« J'ai évolué dans ma carrière quand j'étais prête »
Mère de trois garçons aujourd'hui adultes, elle n'a pas eu à sacrifier son équilibre pour gravir les échelons. « Les choses se sont bien faites, au fur et à mesure. Quand mes enfants étaient petits, j'avais un poste très sédentaire, même si je manageais déjà une trentaine de personnes dans les équipes finance. Le soir, je rentrais à heure fixe chez moi, et le matin je déposais mes enfants à l'école. Quand j'ai été prête à endosser des postes plus exposés, avec davantage de déplacements, mes enfants avaient grandi », explique-t-elle.
L'important est, selon elle, « d'avancer à son rythme ». « Parfois, il faut être prêt à attendre, tout en partageant ses souhaits d'évolution à son manager. J'ai pour ma part bénéficié d'une écoute incroyable sur mes contraintes personnelles, je pense que c'est l'une des forces de notre entreprise. »
Manager depuis ses 25 ans, elle revendique une proximité assumée avec ses équipes, doublée d'une vraie exigence. « Ce qui me caractérise, c'est la simplicité, la proximité avec les collaborateurs, la volonté de comprendre leurs difficultés et ce qui les motive. J'ai aussi la volonté de les faire progresser, quitte à les faire parfois sortir de leur zone de confort. Si vous interrogez mes équipes, elles vous diront que je suis exigeante, que j'ai le souci du travail bien fait. Pour moi c'est très important d'aller au bout du geste, d'être fier de ce qu’on accomplit. C'est mon moteur donc forcément j'essaie de le transmettre aux autres. Sans oublier de se faire plaisir ! »
Sa vision pour la suite de l’aventure
D'ici cinq ans, Guylène Riera-Cochu imagine L'Entrepôt du Bricolage sur tous les fronts, avec un conseil client qui se décline aussi bien en magasin qu'en ligne. Elle mise sur un développement du serviciel : davantage de location et de prêt de matériel plutôt qu'un achat systématique, une évolution qu'elle juge souhaitable d'un point de vue écologique. Une même logique de proximité guide sa vision des produits, qu'elle souhaite plus locaux, et des nouveaux magasins, pensés pour se rapprocher des clients.
Cette ambition se double d'une volonté de s'ancrer encore plus sur les territoires. « Faire du commerce, c'est bien mais le rôle d'une entreprise est aussi de soutenir l'écosystème local, via du mécénat ou de l'embauche de proximité par exemple. Il y a plein de choses à faire et on va continuer à s'engager sur ce plan dans les années à venir. »
Ce qui ne changera pas, c'est l'attention portée aux équipes. « Notre fer de lance, c'est de continuer à faire en sorte que nos collaborateurs progressent et montent en compétence. Le but est d'ouvrir leur champ des possibles, chez nous ou même ailleurs. On leur permet aussi de s'investir sur des sujets qui dépassent leur cœur de métier. C'est déjà le cas aujourd'hui, on peut être vendeur en magasin et devenir ambassadeur d'un sujet qui nous plaît, lié à l'écologie, au bien-être au travail… En plus de votre job, vous avez un autre projet qui vous nourrit différemment, qui vous rend fier au quotidien. Parce qu'on reste convaincus que si on est bien dans ses baskets, le service client n'en sera que meilleur. »
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