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Aux États-Unis, les parents de la Gen Z s'invitent dans la recherche d’emploi de leurs enfants
Ce phénomène, qui passe mal auprès des recruteurs, porte même un nom : celui des « parents hélicoptères ».
Après les Millennials, c'est au tour de la génération Z de faire son entrée sur le marché du travail. Aux Etats-Unis, elle représente désormais près d'un cinquième des actifs du pays.
Outre-Atlantique, cette arrivée s'accompagne d'une évolution plus inattendue, celle de l’émergence des parents « hélicoptères ». Ce phénomène relayé par le Wall Street Journal, fait état de la présence croissante des parents dans les processus de recrutements et dans les démarches professionnelles de leurs enfants. Certains d'entre eux appelleraient directement les recruteurs pour poser des questions à la place de leur enfant, postuleraient en leur nom à des offres d'emploi, ou assisteraient, parfois en retrait, à des entretiens en visioconférence.
Dans l’enquête du Wall Street Journal relayée par Paris Match, on découvre par exemple le témoignage de Steven Clark, directeur des opérations d'une société d'intérim en Alaska. Ce dernier avait licencié un employé de 24 ans après plusieurs absences et retards au cours de sa première semaine sur un chantier. La mère du jeune homme l'avait alors contacté pour lui demander de revenir sur sa décision.
Et cette anecdote n’est pas un cas isolé. Sur les réseaux sociaux, plusieurs professionnels RH américains ont raconté des situations similaires. Lynne Alba, directrice du recrutement dans un grand groupe hospitalier de l'État de New York, se souvient d'une mère venue présenter le CV de sa fille lors d'un salon de l'emploi. « Même si j'ai apprécié qu'elle veuille aider, j'ai volontairement reporté mon attention sur sa fille. Quelle que soit la parole de la mère, je voulais l'entendre directement de la candidate », peut-on lire dans l’article.
Un phénomène loin d’être nouveau
Outre les témoignages, cette tendance se ressent aussi dans les chiffres. Selon une enquête relayée par Forbes, menée en 2026 auprès de 1 001 salariés américains de la génération Z, 44 % des interrogés ont été aidés par un parent pour rédiger leur CV, 21 % ont eu un parent qui a contacté directement un employeur ou un recruteur à leur place, et 20 % ont eu un parent présent lors d'un entretien d'embauche (15 % en personne, 5 % en visioconférence). Des chiffres qui donnent l'impression d'une accélération, mais que certains observateurs RH nuancent : sur le terrain, les avis sont partagés quant à une réelle progression du phénomène, faute de point de comparaison fiable dans le temps.
Selon d'autres sources, le phénomène ne seraient pourtant pas totalement inédit (et donc pas propre à la Gen Z). Une enquête menée en 2007 par la Michigan State University auprès de 725 employeurs américains montrait déjà qu'environ 23 % d'entre eux constataient une implication de parents dans le recrutement de jeunes diplômés, que ce soit pour déposer un CV en leur nom (31 %) ou vanter leur candidature auprès de l'entreprise (26 %). À l'époque, il ne s'agissait pas de la génération Z, mais des Millennials.
Qu'en est-il en France ?
À ce jour, aucune étude chiffrée ne permet de mesurer l'ampleur de ce phénomène sur le marché du travail français. Les données disponibles concernent exclusivement les recruteurs et candidats américains.
Cela ne signifie pas que le sujet est totalement absent des radars en France, mais qu'il s'y présente sous une forme différente. Les chercheurs qui travaillent sur la « parentalité intensive » notent que le modèle éducatif français, souvent qualifié de parentalité positive ou bienveillante, se distingue du survoltage attribué aux parents hélicoptères nord-américains. Une différence culturelle qui pourrait expliquer pourquoi la France semble, pour l'instant, moins concernée, sans qu'on puisse l'affirmer avec certitude en l'absence de données comparables.
Pourquoi ça agace les recruteurs
Au-delà de l'anecdote, cette présence parentale nourrit une vraie inquiétude chez les recruteurs. Une chronique récente publiée par le média québécois Les Affaires résume bien le malaise, celle d’une peur de devoir gérer, en creux, le parent plutôt que le candidat, ce qui empêche de construire une relation employeur-employé équilibrée dès le départ.
Cette interférence alimente aussi la crainte d'embaucher des profils peu autonomes, qui peineraient à prendre des initiatives ou à encaisser un refus.
Le risque, pour le candidat, c'est aussi de voir sa présence parentale jouer contre lui. Celle-ci traduit souvent l'anxiété du parent plus que les compétences du candidat, ce qui peut desservir injustement quelqu'un pourtant capable de faire ses preuves seul. Les jeunes concernés partagent d'ailleurs souvent cet agacement.
C'est notamment ce que Paul Branson, jeune diplômé de l'université du Missouri à Columbia, qui, dans l’article du Wall Street journal relayé par Paris Match, reproche à cette pratique de coller à toute sa génération une image de dépendance, comme si les 20-25 ans avaient systématiquement besoin d'un adulte à leurs côtés pour réussir professionnellement.
Vers qui se tourner pour demander de l'aide
S'il est alors peu recommandé de solliciter l'aide de ses parents dans sa recherche d'emploi, sachez que d'autres relais existent pour être accompagné sans risquer de brouiller son image auprès des recruteurs.
La plateforme Hellowork et ses outils restent l'un des points d'entrée les plus efficaces. Elle met à disposition des logiciels gratuits pour avancer sereinement dans sa recherche : création de CV en ligne, rédaction de lettre de motivation, ou encore préparation aux questions d'entretien selon son métier. De quoi structurer sa candidature seul, sans se reposer sur un proche ni perdre en crédibilité auprès des recruteurs.
Du côté des écoles et universités, les services carrières et les réseaux d'anciens élèves peuvent mettre en relation avec des professionnels du secteur visé, pour un retour de terrain plus actuel qu'un conseil parental bien intentionné mais parfois daté. Certaines associations professionnelles proposent aussi du mentorat, une manière de bénéficier de l'expérience d'un tiers sans que ce tiers ne se substitue au candidat.
Enfin, les cabinets de recrutement peuvent eux aussi accompagner les candidats dans leurs démarches : conseils personnalisés, retours sur les candidatures, ou aide à la négociation salariale. De quoi avancer avec un vrai copilote professionnel, sans jamais se faire doubler par lui.
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