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Congés payés : trois salariés français sur quatre laissent des jours de vacances de côté
C’est le résultat d’une étude publiée par la plateforme de gestion des ressources humaines Deel.
La France cumule un paradoxe assez unique en Europe. C’est le pays qui accorde le plus de jours de repos à ses salariés, mais c’est aussi l’un de ceux où ces jours sont le moins consommés. Selon une étude de la plateforme de gestion des ressources humaines Deel, portant sur 23 pays, les salariés français disposent d’une médiane de 34 jours de congés par an, RTT compris, ce qui les place en tête du classement. Pourtant, seuls 25 % d’entre eux parviennent à poser l’intégralité de ces jours chaque année. En moyenne, 6 jours de repos restent ainsi inutilisés.
bon à savoir
La France, championne des droits, mais pas de leur utilisation
Avec 34 jours de congés en médiane, RTT compris, la France arrive largement en tête des 23 pays étudiés. Ce chiffre masque toutefois des situations très différentes selon les salariés, le minimum légal restant fixé à 25 jours. Or, seul un salarié français sur quatre pose l’intégralité de ses jours chaque année, un taux d’utilisation qui place la France en dernière position du classement. À titre de comparaison, ce taux grimpe entre 40 et 50 % en Norvège, au Royaume-Uni ou en Pologne.
Résultat ? Six jours de congés restent inutilisés, en moyenne, chaque année en France. L’étude ne précise pas si ce chiffre intègre les jours placés sur un compte épargne-temps (CET), un dispositif qui permet, dans certaines entreprises, de différer ou de monétiser une partie de ces congés non pris.
Pour Maxime Hoff, directeur commercial et porte-parole de Deel en France, la situation française tient à un vrai décalage : le pays fait partie des plus généreux en matière de droits, mais reste « l’un des moins efficaces dans leur utilisation ».
Des écarts qui tiennent surtout à la culture, pas au nombre de jours accordés
L’étude montre que le comportement face aux vacances varie fortement d’un pays à l’autre, indépendamment du volume de congés accordés. En Norvège, au Royaume-Uni et en Pologne, où les salariés disposent d’environ 25 jours comme en France, plus de 45 % d’entre eux posent la totalité de leurs droits. Ce taux redescend à un peu plus de 35 % au Danemark et en Espagne, puis à moins de 30 % aux Pays-Bas et en Italie.
Le même écart se retrouve entre l’Allemagne et la Finlande, deux pays où les salariés bénéficient pourtant d’une médiane de 30 jours de congés : le taux d’utilisation dépasse 40 % chez les premiers, contre moins de 25 % chez les seconds, qui affichent ainsi un score comparable à celui de la France.
Le continent nord-américain illustre lui aussi ce contraste culturel. Les salariés canadiens disposent d’à peine 15 jours de repos, et moins de 20 % d’entre eux les utilisent en totalité. À l’inverse, au Mexique, où le nombre de jours accordés est tout aussi faible, 45 % des salariés posent l’ensemble de leurs congés.
Malgré ces 6 jours perdus chaque année, les salariés français restent globalement mieux dotés que leurs voisins européens en jours de congés effectivement pris : 28 jours en médiane, contre 26 en Allemagne, 24 en Suède et au Royaume-Uni, 16 aux États-Unis et 11 seulement au Canada.
En France, tout le monde part en même temps… en août
L’étude s’est aussi penchée sur les périodes de l’année où les salariés posent le plus de congés. En France, la tendance est décrite comme très concentrée sur une courte période : près de 40 % des salariés sont absents le 14 août, veille de l’Assomption, marquant le pic estival le plus marqué observé dans l’étude.
En Allemagne, où les vacances d’été sont également privilégiées, ce pic est beaucoup plus étalé : entre 10 et 20 % seulement des salariés sont absents au même moment. Aux États-Unis, le mois de juillet est légèrement plus demandé qu’août, mais sans véritable concentration. Le Canada suit une logique proche, avec un pic isolé le 30 juin, à la veille de la fête nationale.
Dans l’ensemble des pays étudiés, la journée d’été la plus demandée correspond systématiquement à la veille ou au lendemain d’un jour férié, ce qui confirme le rôle central des ponts dans les stratégies de prise de congés.
Le vrai pic d’absence a lieu à Noël, pas en été
Autre enseignement de l’étude : ce n’est pas l’été qui vide le plus les bureaux, mais la semaine de fin d’année. En France, le 26 décembre reste la journée la plus chômée, avec 56 % de salariés absents, un taux nettement supérieur au pic estival du 14 août (40 %).
L’étude explique cet écart par la nature différente des deux périodes : les congés de fin d’année se concentrent presque tous sur les mêmes jours ouvrés dans un pays donné, alors que la période estivale s’étale sur plusieurs mois, de juin à septembre, ce qui dilue mécaniquement les pics d’absence.
Ce phénomène touche la quasi-totalité des pays étudiés : sur les 23 pays analysés, 22 enregistrent leur journée de congé la plus demandée de l’année durant la dernière semaine de décembre. Seule l’Arménie s’écarte de cette tendance, avec un pic observé le 7 août.
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