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Congé sabbatique : peut-on signer un CDI chez un autre employeur ?

Par Adèle Charrier Publié le

Le congé sabbatique offre une vraie liberté professionnelle, mais pas sans règles. Voici ce que vous pouvez faire, et ce qu'il vaut mieux éviter.

Congé sabbatique : peut-on signer un CDI chez un autre employeur ?
Pour pouvoir prendre un congé sabbatique, vous devez remplir trois conditions cumulatives au moment de votre demande. © vitaliymateha / Adobe Stock

Le congé sabbatique est souvent perçu comme une parenthèse professionnelle totale. Voyage, projet personnel, reconversion… les motivations sont nombreuses. Mais une question revient régulièrement : est-il possible de profiter de cette période pour signer un contrat chez un autre employeur ? La réponse est oui, sous conditions. Tour d'horizon des règles à connaître pour ne pas transformer cette liberté en faute professionnelle.

Ce que permet vraiment le congé sabbatique

Une suspension du contrat, pas une rupture

Le congé sabbatique est encadré par les articles L3142-28 à L3142-33 du Code du travail. Il suspend votre contrat de travail pour une durée comprise entre six et onze mois, sauf dispositions conventionnelles prévoyant une durée différente.

Concrètement, votre poste est préservé et votre employeur est tenu de vous réintégrer à votre retour, dans votre emploi ou dans un poste similaire avec une rémunération au moins équivalente. Votre ancienneté n’est en principe pas acquise pendant le congé, elle reste en suspend jusqu'à vôtre retour, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.

Ce n'est donc pas une rupture du lien contractuel. Votre CDI initial existe toujours. Vous restez juridiquement salarié de votre entreprise, même si vous n'y travaillez plus pendant cette période. À noter : le congé sabbatique n'est pas rémunéré par votre employeur. Pensez à anticiper cette absence de revenus, notamment en mobilisant votre épargne salariale si vous en disposez.

Quelles conditions pour en bénéficier ?

Pour pouvoir prendre un congé sabbatique, vous devez remplir trois conditions cumulatives au moment de votre demande :

  • justifier d'au moins 36 mois d'ancienneté dans l'entreprise, consécutifs ou non
  • avoir travaillé au moins six ans en tant que salarié au cours de votre carrière
  • ne pas avoir bénéficié d'un congé sabbatique, d'un congé pour création d'entreprise ou d'un congé individuel de formation au cours des six années précédentes

La demande doit être adressée à votre employeur par écrit, au moins trois mois avant la date de départ souhaitée. L’employeur peut, selon la taille de l’entreprise et la situation, refuser ou reporter le congé dans deux cas précis : si le nombre de salariés simultanément absents dépasse le seuil fixé par accord collectif, ou si votre absence risque d'avoir des conséquences préjudiciables à la bonne marche de l'entreprise. Ce report ne peut pas excéder six mois.

Travailler ailleurs pendant un congé sabbatique : est-ce légal ?

Le principe de liberté du travail

Oui, vous pouvez exercer une activité professionnelle pendant votre congé sabbatique. C'est même l'un des atouts de ce dispositif par rapport à d'autres formes de congé. La loi ne l'interdit pas. Le principe constitutionnel de liberté du travail s'applique : chaque personne est libre de travailler pour qui elle souhaite, dès lors qu'elle respecte ses engagements contractuels.

Un salarié en congé sabbatique peut donc signer un CDD, un CDI, exercer en freelance ou même créer sa propre structure. C'est précisément ce qui différencie ce congé d'un arrêt maladie ou d'un congé maternité, pendant lesquels toute activité rémunérée est en principe interdite.

Les deux limites à respecter absolument

Deux obligations encadrent cette liberté.

La première concerne les clauses restrictives de votre contrat. Si votre contrat de travail actuel contient une clause d'exclusivité, son application pendant le congé sabbatique est une question délicate. Dans la mesure où ce congé a précisément vocation à permettre une autre activité, une telle clause pourrait être considérée comme contraire à l'objet même du dispositif. En cas de doute, consultez un avocat spécialisé en droit social ou un conseiller du travail avant de signer quoi que ce soit.

La seconde est l'obligation de loyauté. Même suspendu, votre contrat de travail vous lie encore à votre employeur. Vous ne pouvez pas travailler pour un concurrent direct si cela porte atteinte aux intérêts de votre entreprise actuelle. Débaucher des clients, utiliser des informations confidentielles ou rejoindre une société rivale dans le même secteur pourrait être qualifié de concurrence déloyale, avec des conséquences sérieuses à votre retour.

Exemple

Lucie est responsable commerciale dans une entreprise de logiciels B2B. Elle prend un congé sabbatique de neuf mois et signe un CDI chez un concurrent direct, avant de reprendre contact avec plusieurs clients de son ancien portefeuille. Dans ce cas de figure, elle s'exposerait à une procédure disciplinaire pour violation de l'obligation de loyauté, voire à une action en justice pour concurrence déloyale.

Signer un CDI pendant son congé : ce qu'il faut anticiper

Les clauses de votre contrat actuel à vérifier

Avant de signer quoi que ce soit, trois points méritent une attention particulière dans votre contrat de travail actuel :

  • La clause d'exclusivité, qui interdit d'exercer toute autre activité professionnelle
  • La clause de non-concurrence qui peut s'appliquer après la fin du contrat mais aussi, dans certains cas, pendant sa suspension (elle ne s’applique en principe pas pendant le congé sabbatique, le contrat n’étant pas rompu. Pendant le congé, c’est surtout l’obligation de loyauté qui s’impose).
  • La clause de confidentialité, qui vous interdit de divulguer des informations sensibles à un tiers, y compris un nouvel employeur.

Si votre contrat ne contient aucune de ces clauses, vous disposez d'une grande liberté. Dans le doute, n'improvisez pas : un rendez-vous avec un avocat en droit social ou une consultation auprès d'un conseiller du travail peut vous éviter bien des complications.

Ce que devient votre CDI initial

Votre contrat initial reste en vigueur. À la fin du congé sabbatique, votre employeur est tenu de vous proposer votre ancien poste ou un poste équivalent, avec une rémunération au moins identique. Vous avez alors le choix : réintégrer l'entreprise, ou démissionner pour vous consacrer pleinement à votre nouvel emploi.

Si vous choisissez de ne pas revenir, vous devrez respecter le préavis prévu dans votre contrat. En principe, une démission n'ouvre pas droit à l'allocation chômage. Cependant, si votre situation correspond à un cas de démission légitime reconnu par France Travail - comme un suivi de conjoint ou une création d'entreprise - vous pourrez percevoir des allocations. Par ailleurs, après quatre mois de chômage, il est possible de demander à France Travail une reconnaissance a posteriori du caractère légitime de votre démission pour ouvrir des droits (uniquement après examen par une commission, et sous conditions strictes).

Exemple

Marc est ingénieur dans un groupe industriel. Il prend un congé sabbatique de huit mois et signe un CDI dans une startup tech sans lien avec son secteur d'origine. Son contrat initial ne contient ni clause d'exclusivité ni clause de non-concurrence. À l'issue de son congé, il démissionne avec un préavis de deux mois et s'engage pleinement dans sa nouvelle aventure professionnelle, en toute légalité.

Et si l'employeur l'apprend ? Quels risques concrets ?

La loi n'impose aucune obligation d'informer votre employeur actuel de vos activités pendant le congé sabbatique, sauf si votre contrat le prévoit explicitement. Vous n'avez pas à demander une autorisation pour travailler ailleurs.

En revanche, si vous violez une clause d'exclusivité ou l'obligation de loyauté, votre employeur peut engager une procédure disciplinaire à votre retour, voire prononcer un licenciement pour faute. Dans les cas les plus graves, il peut aussi saisir le tribunal judiciaire pour obtenir des dommages et intérêts.

Le risque est largement maîtrisable : il suffit de s'assurer que votre nouvel emploi n'entre pas en conflit direct avec les intérêts de votre employeur actuel, et que votre contrat ne contient pas de clause restrictive applicable pendant le congé.

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