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Congé parental et licenciement : vos protections et vos droits

Par Johannie BONIN • Publié le

Le licenciement pendant un congé parental est possible, mais sous conditions strictes. Le Code du travail définit des protections précises.

Congé parental et licenciement : vos protections et vos droits
La loi encadre les motifs valables, le calcul de vos indemnités et vos droits au retour. © Seventyfour/stock.adobe.com

La question du congé parental et licenciement préoccupe régulièrement les salariés qui envisagent de suspendre ou réduire leur activité pour élever un enfant. Ce dispositif légal peut être pris à temps plein, ce qui suspend entièrement le contrat de travail, ou à temps réduit. Dans les deux cas, la relation d'emploi se poursuit. Une rupture du contrat durant cette période n'est pas interdite. Elle doit cependant reposer sur un motif strictement indépendant du choix parental. Connaître vos droits en matière de congé parental et licenciement vous permet de détecter une décision abusive et d'y répondre efficacement.

Le congé parental d'éducation est-il protégé contre le licenciement ?

En matière de congé parental et licenciement, la législation sociale ne prévoit pas de bouclier absolu. Contrairement au congé maternité, ce dispositif ne met pas la personne concernée à l'abri d'une rupture du contrat de travail.

Une garantie fondée sur le motif, pas sur la période

La situation de congé parental et licenciement est possible à tout moment, que vous soyez en congé parental partiel ou à temps plein. La loi autorise une notification de rupture contrat pour faute grave ou motif économique. La lettre doit expliciter clairement ce motif étranger à votre absence parentale, sous peine de nullité de la décision.

Un licenciement économique possible, mais non ciblé

En cas de plan de sauvegarde de l'emploi, l'employeur peut inclure tout membre du personnel absent pour congé parental d'éducation dans les suppressions de postes. Il lui est interdit de le cibler prioritairement en raison de son absence, au risque de contrevenir au principe de non-discrimination. Les critères d'ordre définis par la législation sociale s'appliquent de manière identique à toutes les personnes concernées, qu'elles soient en poste, en parental partiel ou en arrêt.

Maternité et paternité : une couverture légale bien plus étendue

Le régime du congé parental et licenciement diffère sensiblement selon la nature du congé dont vous bénéficiez. Avant d'entrer dans la période d'éducation parentale, vous bénéficiez d'une couverture légale bien plus forte pendant le congé maternité et le congé paternité.

La protection absolue pendant le congé maternité

Pendant la grossesse médicalement constatée, le congé maternité et les congés payés immédiatement accolés à ce congé, aucune notification de rupture n'est possible, quel qu'en soit le motif. Ce bouclier légal est absolu et couvre même la salariée en cas de faute grave. La Cour de cassation a précisé, dans un arrêt de novembre 2023, que même la convocation à un entretien préalable constitue une mesure préparatoire interdite pendant cette période. Une fois ces congés écoulés, les dix semaines suivant le congé maternité offrent une couverture relative : une fin de contrat n'est possible que pour faute grave non liée à la grossesse ou pour impossibilité de maintenir l'emploi. La salariée doit être informée expressément de ce motif dans la lettre de notification.

La garantie étendue au père et au second parent

L'article L1225-4-1 du Code du travail reconnaît au père ou au second parent une couverture relative contre toute fin de contrat travail pendant les dix semaines suivant la naissance ou l'arrivée de l'enfant au foyer. Durant cette période, seule une faute grave ou l'impossibilité de maintenir la relation professionnelle peut justifier une décision de résiliation. La lettre doit expressément mentionner ce motif, à défaut de quoi la décision est déclarée nulle.

bon à savoir

En cas de nouvelle grossesse pendant un congé parental d'éducation, la salariée récupère automatiquement la protection attachée au congé maternité. Aucune rupture de contrat ne peut être notifiée pendant cette suspension.

Quelles conséquences si la décision est liée au congé parental ?

La question du congé parental et licenciement prend toute son importance lorsque l'employeur motive sa notification par l'exercice du droit parental. La législation sociale sanctionne sévèrement cette situation.

La nullité automatique de la décision discriminatoire

Tout licenciement motivé, même partiellement, par la prise d'un congé parental est nul de plein droit en application de l'article L1225-71 du Code du travail. Vous pouvez alors exiger votre réintégration et percevoir les salaires perdus depuis votre éviction. Si vous renoncez à la réintégration, un versement minimal équivalent à six mois de salaire brut vous est dû. Cette garantie s'applique que vous soyez en parental partiel ou à temps plein.

L'action prud'homale pour contester la décision

Vous disposez de douze mois à compter de la notification pour saisir le Conseil de prud'hommes. Lorsque la décision est déclarée nulle, le barème Macron ne s'applique pas : les juges prud'homaux fixent librement le montant de la compensation au-delà du plancher légal de six mois. Dans les situations de congé parental et licenciement abusif, la charge de la preuve pèse sur l'employeur, qui doit démontrer que sa notification est étrangère à ce congé d'éducation.

Comment sont calculées les indemnités et le préavis ?

Les règles propres au congé parental et licenciement organisent un calcul favorable, notamment sur le versement légal de licenciement et le régime du préavis.

Le calcul de l'indemnité de licenciement

Dans cette situation, vous percevez les mêmes versements légaux qu'en CDI, à condition de justifier d'au moins huit mois d'ancienneté. Une règle spécifique s'applique au parental partiel : si vous étiez engagé à temps plein avant de réduire votre activité, l'indemnité de licenciement est calculée sur la base de votre paie à temps plein et non sur votre paie réduite. Votre paie de référence n'est pas pénalisée par la réduction temporaire de votre activité. Ce principe est consacré par la jurisprudence française et européenne ; il s'applique aussi à la compensation des congés payés dus à la date de rupture contrat.

Le préavis lors d'une notification pendant ce congé

Pendant le congé à temps plein, le contrat de travail est suspendu. Si la totalité du préavis est couverte par la période de suspension restante, aucune indemnité de préavis n'est due, l'exécution étant impossible dans ce contexte. Si le délai excède la fin du congé, il court normalement à compter de cette date. En congé parental partiel, vous pouvez exécuter votre préavis normalement, votre contrat n'étant pas totalement suspendu.

Quels droits à la fin du congé parental d'éducation ?

Que la situation de congé parental et licenciement se soit posée ou non, tout salarié reprenant son activité après un congé parental bénéficie des garanties légales prévues par le Code du travail.

Retrouver son poste ou un emploi similaire

L'article L1225-55 du Code du travail garantit que vous retrouviez votre précédent emploi ou un poste similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente. Cet emploi doit réunir des fonctions comparables, une classification identique et une paie équivalente. L'employeur ne peut pas imposer de déclassement ni modifier le contrat travail sans votre accord. Si cette obligation n'est pas respectée, vous pouvez prendre acte de la rupture contrat à ses torts et obtenir les mêmes versements que pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse, le barème Macron ne s'appliquant pas dans ce cas.

L'entretien de parcours professionnel, une obligation depuis 2025

Depuis la loi du 24 octobre 2025, le retour d'un congé parental d'éducation déclenche obligatoirement un entretien de parcours professionnel. Ce rendez-vous, proposé dès la reprise d'activité, porte sur votre situation professionnelle, vos besoins en formation et vos perspectives d'évolution. Il peut être demandé avant la fin du congé, à votre initiative. Sur le plan de l'ancienneté, le congé à temps plein est pris en compte pour moitié. Depuis la loi du 9 mars 2023, le congé à temps réduit est intégralement assimilé à de l'activité normale pour ce calcul.

bon à savoir

La durée du congé parental à temps réduit est prise en compte à 100 % dans le calcul de l'ancienneté depuis la loi du 9 mars 2023. Le congé à temps plein n'est, lui, comptabilisé qu'à 50 %.

FAQ

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