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CDI : pourquoi les jeunes n'y restent plus ?

Par Hugo Diverres Publié le

Un quart des jeunes en CDI n'y sont plus trois ans après, selon le Céreq.

CDI : pourquoi les jeunes n'y restent plus ?
La fin du CDI ? © master1305/stock.adobe.com

Les ruptures de contrat en CDI ont largement augmenté chez les jeunes après le Covid. C’est l’une des conclusions d’une publication récente du Céreq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications). Phénomène conjoncturel ou tendance de fond ?

Le CDI, une stabilité en trompe-l'œil ?

Le CDI attire-t-il encore autant les salariés ? Est-ce toujours la promesse d’une carrière stable ? Du côté des jeunes générations, ce n’est plus forcément vrai. C’est ce que nous apprennent les dernières données du Céreq issues de son dispositif d’enquêtes Générations, intitulées « Ruptures choisies, ruptures subies : le CDI à l’épreuve des secteurs en début de carrière ».

Quand on regarde les jeunes actifs entrés sur le marché du travail en 2017, 58 % étaient en CDI en 2020. Trois ans plus tard, un quart d’entre eux avaient quitté leur CDI. Une proportion bien plus élevée que la génération 2010 (17 %) ou 2004 (16 %).

Pour le Céreq, la rupture du CDI en début de carrière « n’est plus une exception » mais un événement courant dans les trajectoires professionnelles. En conséquence, l’obtention d’un contrat à durée indéterminée « ne suffit pas à mesurer l’insertion des jeunes dans l’emploi ». Bien que ce contrat reste la norme juridique, il ne garantit en rien une insertion continue et sécurisée.

Ruptures choisies ou subies ?

Pour autant, si cette hausse des ruptures de CDI concerne presque tous les secteurs, les réalités sont souvent bien différentes selon les domaines professionnels. Par exemple, dans l’hébergement restauration ou les arts et spectacles, les sorties de CDI se sont avérées durables à hauteur de 45 %. En clair, les jeunes salariés n’ont pas retrouvé d’emploi stable dans le même secteur, ont changé de voie ou sont restés au chômage. Deux secteurs marqués par des horaires atypiques, une forte pénibilité et des rémunérations souvent basses, où le Covid a donc probablement amplifié les départs sans retour. À l’inverse, dans l’immobilier, les activités financières ou l’assurance, quitter son CDI signifie plutôt partir pour de meilleures opportunités et donc décrocher un autre CDI dans les mois qui viennent.

Au total, 60 % des jeunes ayant rompu leur CDI ont changé de secteur. Les taux les plus élevés concernent l'hébergement-restauration (37 %), le commerce (35 %) les services administratifs (36 %) et les arts et spectacles (36 %).

Ces sorties de CDI recouvrent donc deux réalités bien distinctes : les « ruptures subies » qui conduisent à des périodes de chômage ou des emplois plus précaires, mais aussi et surtout des « ruptures choisies » qui jouent le rôle de tremplin vers un meilleur emploi ou un projet professionnel plus cohérent avec ses aspirations.

Le Covid comme accélérateur

Pourquoi les chiffres sont-ils si hauts pour cette génération en particulier ? Selon le Céreq, le contexte post-Covid explique en grande partie cette mobilité accrue entre 2020 et 2023. D'abord, les tensions de recrutement dans de nombreux secteurs ont donné aux jeunes salariés un pouvoir de négociation inédit. Avec des offres d'emploi en hausse, quitter son poste devenait moins risqué. Ensuite, la crise sanitaire a provoqué chez beaucoup une remise en question profonde de leurs priorités. Sens du travail, équilibre vie pro/vie perso, conditions d'exercice : autant de critères qui ont pris du poids dans les décisions de carrière, en particulier chez les moins de 30 ans. Enfin, la généralisation du télétravail et la fluidité accrue du marché ont normalisé les changements de poste, rendant la mobilité moins stigmatisée qu'auparavant.

Dans la dernière enquête candidat-recruteur Hellowork (2025), la Gen Z montre une préférence notable pour les expériences professionnelles plus courtes : un jeune sur trois ne se projette pas plus de deux ans sur une même fonction. « Cette mobilité professionnelle accrue chez les plus jeunes semble être un marqueur fort d'identité » précise l'enquête. Un constat qui fait écho aux données du Céreq. Les jeunes ne se contentent pas de quitter leur CDI plus souvent que leurs aînés, ils revendiquent aussi très clairement cette mobilité.

Alors, phénomène conjoncturel ou tendance de fond ? Si le Covid a indéniablement accéléré le mouvement, tout indique que la dynamique lui survivra. Le CDI reste un repère juridique, apprécié des banques et des bailleurs, mais il ne fonctionne plus comme un point d'arrivée pour les jeunes actifs. Plutôt comme une étape parmi d'autres dans un parcours professionnel qu'ils veulent construire à leur rythme.

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