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Renouvellement de CDD : ce que votre employeur peut (et ne peut pas) faire

Par Johannie BONIN • Publié le

Votre employeur peut renouveler votre CDD, dans des limites précises fixées par le Code du travail.

Renouvellement de CDD : ce que votre employeur peut (et ne peut pas) faire
CDD renouvelé : ce que la loi autorise, ce qu'elle sanctionne. Le guide complet. © EUDPic/stock.adobe.com

Votre CDD touche à sa fin et votre employeur évoque un renouvellement ? Avant de signer quoi que ce soit, il est utile de connaître les règles qui encadrent cette situation. Car si le renouvellement d'un CDD est légalement possible, il obéit à des conditions strictes que ni l'employeur ni le salarié ne peuvent ignorer. Nombre de renouvellements, durée maximale, formalités obligatoires, délai de carence : voici ce que la loi prévoit.

Combien de fois un CDD peut-il être renouvelé ?

Le Code du travail fixe une limite claire : un CDD ne peut être renouvelé que deux fois au maximum, en l'absence de dispositions conventionnelles contraires. Une convention ou un accord de branche peut prévoir un nombre différent de renouvellements, mais cette possibilité reste encadrée.

La durée totale du CDD, renouvellements inclus, ne peut pas dépasser 18 mois dans la grande majorité des cas. Ce plafond s'apprécie en jours calendaires et s'applique quelle que soit la durée de chaque renouvellement. Il est tout à fait possible que le renouvellement soit plus long ou plus court que le contrat initial.

Quelques exceptions existent. La durée maximale est réduite à 9 mois lorsque le CDD est conclu dans l'attente de l'entrée en fonction d'un salarié recruté en CDI. Elle peut en revanche être portée à 24 mois pour les CDD liés à une commande exceptionnelle à l'exportation, ou conclus dans le cadre de travaux urgents de sécurité.

Exemple

Théo est en CDD de 10 mois pour accroissement temporaire d'activité. Son employeur lui propose un premier renouvellement de 6 mois, puis un second de 2 mois. La durée totale atteint 18 mois, ce qui correspond au plafond légal. Un troisième renouvellement serait impossible.

Quelles conditions doivent être respectées pour renouveler un CDD ?

Le renouvellement ne peut pas être décidé unilatéralement par l'employeur. Deux conditions cumulatives doivent être réunies pour qu'il soit valable.

L'avenant écrit : une obligation avant le terme

Tout renouvellement doit être formalisé par un avenant écrit, signé par les deux parties avant la date d'échéance du contrat en cours. L'avenant peut être transmis au salarié la veille du terme, mais en aucun cas après. Si le contrat se poursuit sans avenant signé, il est automatiquement requalifié en CDI.

Une alternative à l'avenant existe : inclure dès le départ une clause de renouvellement automatique dans le contrat initial. Dans ce cas, le renouvellement intervient sans qu'un nouvel accord signé soit nécessaire, à condition que la clause mentionne explicitement les modalités (durée, conditions).

Lors du renouvellement, il n'y a pas de délai de carence entre le contrat initial et le renouvellement : celui-ci prend effet immédiatement à l'issue de la période précédente, sans interruption.

Le motif de recours ne peut pas changer

Le motif de recours au CDD est fixé lors de la conclusion du contrat initial. Il ne peut pas être modifié par avenant lors du renouvellement. Si le motif initial était un accroissement temporaire d'activité, ce motif doit toujours être valable au moment du renouvellement.

Si l'employeur souhaite recourir à un CDD pour un motif différent, il doit conclure un nouveau contrat, en respectant le cas échéant le délai de carence applicable. Modifier le motif dans un avenant constitue une irrégularité pouvant entraîner la requalification en CDI.

Que se passe-t-il entre deux CDD successifs sur le même poste ?

Lorsqu'un CDD prend fin sans être renouvelé, l'employeur ne peut pas immédiatement conclure un nouveau CDD sur le même poste. Un délai de carence doit être respecté. Cette règle vise à éviter que le recours au CDD ne devienne un moyen de pourvoir durablement un poste qui devrait l'être par un CDI.

Le délai de carence : définition et calcul

Le délai de carence est calculé en jours d'ouverture de l'entreprise, selon la durée totale du CDD écoulé, renouvellements inclus. Pour un CDD d'au moins 14 jours, le délai de carence est égal au tiers de la durée totale du contrat. Pour un CDD de moins de 14 jours, il est égal à la moitié de cette durée.

Exemple

Un CDD de 3 mois renouvelé une fois pour 3 mois atteint 6 mois de durée totale. Le délai de carence est de 2 mois (soit 1/3 de 6 mois), calculé en jours d'ouverture. Pendant ces 2 mois, l'employeur ne peut pas conclure un nouveau CDD sur ce poste, avec le même salarié ou un autre.

Les exceptions au délai de carence

Dans certains cas, le délai de carence ne s'applique pas. C'est notamment le cas pour les CDD de remplacement d'un salarié absent, les CDD saisonniers, et les CDD d'usage (dans les secteurs où ce type de contrat est habituel). Une convention ou un accord de branche peut également prévoir d'autres dérogations.

Quelles conséquences si les règles ne sont pas respectées ?

Le non-respect des règles encadrant le renouvellement du CDD expose l'employeur à des conséquences sérieuses, tant pour le salarié que sur le plan pénal.

Pour le salarié, la première conséquence est la requalification du CDD en CDI, prononcée par le conseil de prud'hommes. Cela signifie que la relation de travail est réputée avoir été un CDI depuis le début, avec tous les droits qui en découlent : ancienneté, indemnité de licenciement, préavis. Le salarié a également droit à une indemnité de requalification d'au moins un mois de salaire.

Pour l'employeur, les sanctions pénales s'ajoutent aux conséquences civiles. Le non-respect des durées maximales ou du nombre de renouvellements est puni d'une amende de 3 750 €. En cas de récidive, cette amende peut atteindre 7 500 € et être assortie d'une peine de 6 mois d'emprisonnement.

bon à savoir

Lorsque le CDD arrive à son terme normal sans renouvellement et sans embauche en CDI, le salarié perçoit une indemnité de fin de contrat, dite indemnité de précarité, égale à 10 % du montant total des salaires bruts versés pendant la durée du contrat. Certains motifs de CDD en sont cependant exclus, comme les CDD saisonniers.

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