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Être bien au travail

Congés imposés par l'employeur : vos droits selon votre situation

Par Johannie BONIN • Publié le

L'employeur a bien le droit de fixer vos dates de congés mais ce droit n'est pas sans limite. Délai de prévenance, fermeture annuelle, congés non acquis : voici ce qu'il peut vous imposer, et ce qu'il ne peut pas.

Congés imposés par l'employeur : vos droits selon votre situation
Tout savoir sur vos droits face aux congés imposés par votre employeur. © PBXStudio/stock.adobe.com

Salarié ou employeur, la question se pose dans les deux sens. Quand peut-on refuser des congés imposés ? Jusqu'où l'entreprise peut-elle aller ? Découvrez règles applicables et les recours disponibles selon votre situation.

L'employeur peut imposer vos congés dans un cadre strict

L'organisation des congés payés relève du pouvoir de direction de l'employeur. C'est lui qui fixe la période de prise des congés et l'ordre des départs, conformément aux articles L. 3141-12 à L. 3141-14 du Code du travail. Le salarié ne peut pas poser ses congés à la date de son choix sans l'accord de l'employeur, même si ce principe est souvent mal compris.

Ce pouvoir s'exerce dans un cadre précis. La période de prise des congés doit obligatoirement inclure la période légale du 1er mai au 31 octobre. Elle est fixée soit par accord collectif, soit par l'employeur lui-même après avis du comité social et économique (CSE). Une fois cette période définie, elle doit être portée à la connaissance des salariés au moins deux mois avant son ouverture.

L'ordre des départs tient compte de plusieurs critères : la situation familiale du salarié (enfants scolarisés, conjoint travaillant dans la même entreprise), l'ancienneté, et les éventuelles activités professionnelles chez d'autres employeurs. Ces critères ne sont pas laissés à la libre appréciation de l'employeur. Ils sont encadrés par la loi et, le cas échéant, par la convention collective applicable.

Le délai de prévenance : la règle que beaucoup d'employeurs ignorent

Avant de fixer des dates de congés imposés, l'employeur a une obligation claire : informer les salariés au moins un mois à l'avance. Ce délai de prévenance est prévu aux articles D. 3141-5 et D. 3141-6 du Code du travail. Il s'applique aussi bien à la fixation initiale des dates qu'à leur modification ultérieure.

Ce délai d'un mois n'est pas négociable unilatéralement. Seul un accord d'entreprise, d'établissement ou de branche peut le réduire. Sans un tel accord, l'employeur qui communique les dates moins d'un mois avant le départ prévu ne respecte pas ses obligations légales et le salarié est alors en droit de refuser les congés ainsi imposés.

La modification des dates de congés déjà fixées obéit aux mêmes règles. Si votre employeur souhaite déplacer des congés que vous aviez prévus, il doit respecter ce même délai d'un mois, sauf circonstances exceptionnelles. La notion de circonstances exceptionnelles est strictement interprétée : une surcharge de travail habituelle ou un simple besoin de réorganisation interne ne suffit pas à justifier une modification tardive.

Fermeture annuelle et congés collectifs : ce que ça change pour vous

La fermeture annuelle est la forme la plus courante de congés imposés. Elle suit des règles précises, aussi bien sur la procédure à respecter que sur la durée maximale des congés concernés.

Des règles strictes que l'employeur doit respecter

La fermeture annuelle de l'entreprise est le cas le plus fréquent de congés imposés. L'employeur décide de fermer l'établissement pendant une période donnée et oblige l'ensemble des salariés à prendre leurs congés simultanément. Ce droit lui est reconnu par le Code du travail, sous réserve de respecter les règles de consultation et de prévenance.

Avant toute fermeture collective, l'employeur doit consulter le CSE ou, à défaut, les délégués du personnel. Cette consultation n'est pas optionnelle. Il doit ensuite informer les salariés au moins un mois avant la date de fermeture prévue. Sans ces deux étapes, la fermeture peut être contestée.

La durée de la fermeture est également encadrée. L'employeur ne peut pas imposer plus de 24 jours ouvrables de congés consécutifs, soit quatre semaines. La cinquième semaine de congés payés doit être prise à un autre moment de l'année et ne peut pas être accolée aux quatre premières.

Ce qui se passe si vous n'avez pas assez de congés acquis

La fermeture annuelle pose un problème concret pour les salariés récemment embauchés. Si vous n'avez pas accumulé suffisamment de jours de congés payés pour couvrir toute la période de fermeture, votre employeur ne peut pas vous imposer de poser des congés que vous n'avez pas encore acquis. C'est une limite légale claire.

Plusieurs solutions existent dans ce cas. L'employeur peut vous proposer des congés par anticipation, c'est-à-dire des congés pris avant d'être officiellement acquis, mais uniquement avec votre accord. Il peut aussi vous accorder un congé sans solde pour couvrir les jours manquants, là encore avec votre consentement. En aucun cas il ne peut déduire des jours non acquis de votre solde sans votre accord exprès.

Exemple

Amara est embauchée en CDI en septembre. Son entreprise ferme trois semaines en décembre. Elle n'a acquis que six jours de congés. Son employeur lui propose des congés par anticipation pour couvrir les jours restants. Amara peut accepter ou refuser : l'employeur ne peut pas l'y contraindre.

Ce que l'employeur ne peut pas vous imposer

Le pouvoir de direction de l'employeur en matière de congés a des limites précises. Les ignorer, c'est s'exposer à un litige. Voici les principales interdictions à connaître.

Il ne peut pas vous imposer de poser des congés que vous n'avez pas encore acquis. Si votre solde est insuffisant pour couvrir la période imposée, il doit trouver une autre solution avec votre accord.

L'employeur ne peut pas vous imposer des congés payés pendant votre préavis, sauf en cas de fermeture annuelle de l'entreprise déjà prévue ou si vous en faites vous-même la demande. Cette règle est prévue à l'article D. 3141-3 du Code du travail.

Il ne peut pas davantage imposer la prise de congés payés pour éviter une mise en chômage partiel. En période de baisse d'activité, il peut encourager les salariés à poser des congés, mais les contraindre est illégal.

Enfin, si vous êtes en arrêt maladie pendant une période de congés imposés, ces congés sont automatiquement reportés. Vous conservez vos droits intégraux : la maladie suspend les congés, elle ne les efface pas.

Peut-on refuser des congés imposés par l'employeur ?

La question revient souvent et la réponse dépend entièrement de la situation. Un refus peut être parfaitement légitime ou constituer une faute grave. Tout dépend du respect par l'employeur de ses obligations légales.

Les cas où votre refus est légitime

Vous êtes en droit de refuser des congés imposés si l'employeur n'a pas respecté les règles prévues par la loi. Les principaux motifs légitimes de refus sont les suivants : le délai de prévenance d'un mois n'a pas été respecté, la période de congés ne comprend pas la période légale du 1er mai au 31 octobre, l'employeur cherche à vous imposer des congés non encore acquis, ou les règles de consultation du CSE n'ont pas été suivies avant une fermeture collective.

Dans ces situations, votre refus ne peut pas vous être reproché sur le plan disciplinaire. L'employeur qui tenterait de vous sanctionner pour un refus fondé sur le non-respect de ses propres obligations s'exposerait à un recours aux prud'hommes.

Les risques d'un refus injustifié

En revanche, si l'employeur a respecté toutes ses obligations légales et conventionnelles, refuser les congés imposés constitue une faute professionnelle. Ce refus peut faire l'objet d'une sanction disciplinaire, pouvant aller jusqu'au licenciement pour faute dans les cas les plus graves.

Il en va de même si vous partez ou rentrez de congés en dehors des dates fixées par l'employeur. Le fait que vous ayez des contraintes personnelles ou des projets prévus ne constitue pas un motif légitime de refus si l'employeur a respecté le délai d'un mois.

En cas de désaccord persistant, la voie la plus prudente est de saisir les représentants du personnel ou d'adresser une réclamation écrite à l'employeur avant tout refus unilatéral. Si le litige persiste, le conseil de prud'hommes peut être saisi pour trancher.

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