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En chiffres : qu'attendre de la reconversion professionnelle en 2026 ?
Ce qui change concrètement si vous sautez le pas cette année.
L'an dernier, on faisait le point sur l'ampleur du désir de reconversion en France, entre aspirations nombreuses et passages à l'acte clairsemés. Douze mois plus tard, le cadre légal a bougé et le marché de l'emploi aussi.
Un projet qui se prépare, rarement dans l'urgence
Le baromètre Centre Inffo/CSA 2025 confirme ce que l'on pressentait déjà l'an dernier, la reconversion est un projet qui se mûrit. 18 % des actifs préparent actuellement une reconversion et, parmi les autres, 36 % en envisagent une, à l'horizon deux à cinq ans, soit au total près d'un actif sur deux concerné ou intéressé par la reconversion. Entre les deux, une évolution progressive, portée surtout par l'accompagnement : 62 % des personnes concernées le jugent décisif, et 61 % suivent, ont suivi ou vont suivre une formation pour donner corps à leur envie professionnelle.
Le cadre légal a changé sur ce point. Depuis le 1er février 2026, la « période de reconversion » remplace deux dispositifs qui coexistaient jusque-là, la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) et les Transitions collectives (Transco). Elle s'ouvre désormais à l'ensemble des salariés, sans condition d'âge, d'ancienneté ni de qualification, quand la Pro-A restait réservée aux titulaires d'un CDI. Son financement passe par l'Opco de l'entreprise, avec un forfait de 9,15 € de l'heure à défaut d'accord de branche, pour un montant moyen de prise en charge de 5 000 €.
bon à savoir
Or, une soif de changement ne veut pas pour autant dire qu'on veut se reconvertir. Selon le baromètre 2026 Ifop pour Mon CEP publié en août 2026, 78 % des salariés envisagent une évolution professionnelle dans les deux ans, mais 61 % d'entre eux souhaitent rester dans leur secteur d'activité et 59 % au sein de leur organisation. Seuls 8 % envisagent de quitter le salariat. L'envie de bouger est donc largement majoritaire, la reconversion au sens strict, elle, reste un choix plus radical et plus minoritaire. L'intelligence artificielle s'invite d'ailleurs dans cette réflexion, 46 % des répondants disent que son essor les pousse à réfléchir davantage à leur parcours professionnel.
Ce que vous pouvez espérer si vous vous lancez
Combien franchissent le pas ? Les données du dispositif de démission-reconversion, qui permet de démissionner pour mener un projet professionnel tout en conservant ses droits à l'Assurance chômage, apportent un début de réponse. Il comptait 27 000 allocataires indemnisés fin 2024, une part encore marginale de l'ensemble des allocataires (1 %), mais progresse de manière constante depuis sa création en 2019, passant de 6 500 ouvertures de droits en 2020 à environ 18 000 quatre ans plus tard, pour un coût de 540 millions d'euros la même année.
Parmi ces bénéficiaires, 7 sur 10 s'engagent dans une démarche entrepreneuriale, avec une création d'entreprise qui intervient, en moyenne, trois mois après l'ouverture de droit. Les autres bénéficiaires se répartissent entre formation (22 %, plutôt longue et certifiante, notamment dans le soin, les services à la personne et le transport) et absence de démarche engagée dans les 24 mois (10 %, dont 60 % ont malgré tout retrouvé un emploi). Deux ans plus tard, plus de 6 bénéficiaires en formation sur 10 ont décroché un CDI ou un CDD d'au moins six mois.
Les données du projet de transition professionnelle (PTP) convergent aussi en ce sens. L'Observatoire des Transitions Professionnelles a interrogé 15 600 bénéficiaires sortis de formation en 2024. Six mois après la fin de leur parcours, 92 % avaient concrétisé leur projet ou poursuivaient activement leur reconversion, et 94 % avaient obtenu le titre ou le diplôme visé. Mais le taux de réussite varie fortement selon le secteur d'arrivée. Ainsi, 85 % des bénéficiaires en santé exercent déjà dans leur nouveau métier, contre 65 % en électricité-électronique et 64 % dans le commerce. Depuis 2020, environ 80 000 personnes ont terminé une formation dans le cadre d'un PTP.
Un marché qui reprend (un peu) son souffle
Le contexte est sensiblement plus favorable qu'il y a un an. L'enquête Besoins en main-d'œuvre (BMO) 2026 de France Travail recense 2,275 millions de projets de recrutement, un repli de 6,5 %, et la part des recrutements jugés difficiles recule de 6,3 points, à 43,8 %. Cette accalmie n'est cependant pas uniforme, la santé et le social restent les seuls secteurs en croissance selon le baromètre Hellowork, avec une concurrence entre candidats qui recule même légèrement. Ce n'est donc pas une surprise si la grande majorité des bénéficiaires d'un PTP reconvertis vers la santé exercent déjà dans leur nouveau métier.
Les données Dares racontent la même histoire autrement. Au deuxième trimestre 2026, le taux d'emplois vacants recule globalement à 2,19 %, mais grimpe dans le tertiaire non marchand, santé et enseignement en tête, à 2,86 %, des postes qui existent, cherchent preneur, et où une reconversion a statistiquement plus de chances d'aboutir vite.
Le désir de reconversion, enfin, ne se limite pas aux salariés en milieu de carrière. Une étude du Céreq publiée fin août 2026 montre que 36 % des jeunes actifs envisagent de se réorienter, alors même qu'ils se disent épanouis dans leur travail, mais seuls 23 % engagent des démarches, et 4 % voient leur projet aboutir en trois ans, un écart qui n'est pas sans rappeler celui des allocataires de la démission-reconversion.
Se reconvertir en 2026, c'est miser sur des chances meilleures qu'il y a un an, à condition de viser juste, et de ne pas se lancer seul.
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