Suivre l'actu de l'emploi

Un jeune actif sur trois envisage de se réorienter dans les premières années de sa carrière

Par Adèle Charrier Publié le

Selon une étude du Céreq parue mardi 25 août, plus d'un jeune actif sur trois envisage de se réorienter professionnellement, alors même qu'il se dit épanoui dans son travail.

Un jeune actif sur trois envisage de se réorienter dans les premières années de sa carrière
Le niveau d'études change aussi la donne sur les motivations des reconversions. Les titulaires d'un bac + 5 veulent donner du sens à leur activité. © BalanceFormCreative@stock.adobe.com

Et si les jeunes actifs n'étaient pas si désengagés qu'on le pense ? C'est ce que suggère une étude du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq)*, publiée en 2023 et mise à jour ce mardi 25 août, avec le soutien de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP). Dès qu'ils occupent un emploi, les jeunes se déclarent en réalité majoritairement satisfaits et épanouis dans leur travail. Alors, tout va bien ? Pas si simple.

Le paradoxe : épanouis, mais déjà sur le départ

C'est là que l'étude devient intéressante. Plus d'un jeune actif sur cinq cherche un autre emploi en parallèle de celui qu'il occupe déjà. Et 36 % déclarent carrément souhaiter se réorienter professionnellement, un chiffre qui ne baisse que très légèrement chez ceux qui se disent pourtant épanouis. En clair, se sentir bien dans son poste n'empêche pas de vouloir voir ailleurs.

Bonne nouvelle pour les employeurs inquiets : entre l'envie et le passage à l'acte, il y a un monde. Seuls 23 % des jeunes concernés engagent réellement des démarches de réorientation, et 4 % seulement voient leur projet aboutir. Quand ils sautent le pas, c'est surtout pour changer de métier (92 % des démarches) ou de secteur d'activité (84 %). Le changement de statut (55 %) et le changement de lieu de vie (34 %) arrivent plus loin, ce dernier étant plus fréquent chez les plus diplômés.

Le niveau d'études change aussi la donne sur les motivations. Les titulaires d'un bac + 5 et plus courent moins après le salaire ou de meilleures conditions de travail. Ils cherchent avant tout à donner du sens à leur activité. À l'inverse, les jeunes aux parcours les plus décousus (accès tardif à l'emploi, chômage à répétition) sont ceux qui aspirent le plus à une reconversion, mais aussi ceux qui ont le moins de chances de la voir aboutir rapidement.

Trois explications à ce grand écart

Comment expliquer que l'on puisse s'épanouir dans son travail tout en voulant déjà passer à autre chose ? Les chercheurs avancent trois pistes.

  • Un système scolaire qui ne laisse pas droit à l'erreur.

    En France, il faut « se placer » vite : parcours linéaire, pas de redoublement, pas de retard. Cette pression à choisir sa vie très tôt, sans possibilité de tâtonner, nourrit un sentiment d'urgence qui ne s'évapore pas une fois en poste.

  • Des règles du jeu dictées par les entreprises elles-mêmes.

    Ayant grandi avec un marché du travail précaire, les jeunes actifs ont intégré l'idée qu'on ne fait plus carrière dans la même entreprise toute sa vie, contrairement à leurs parents. Un basculement que résume bien la sociologue Dominique Méda, coautrice de l'étude, dans un entretien pour Le Monde : les jeunes « se comportent vis-à-vis des entreprises comme celles-ci se comportent à leur égard ». Autrement dit, la mobilité permanente, ce sont d'abord les employeurs qui l'ont érigée en norme.

  • Des conditions de travail qui se dégradent en début de carrière.

    Les jeunes sont surreprésentés dans les métiers les plus pénibles, disposent de moins d'autonomie et vivent une insécurité professionnelle plus marquée que leurs aînés. Un quart des moins de 25 ans craint carrément de perdre son emploi dans l'année, et près de la moitié pense devoir changer de métier ou de qualification dans les trois prochaines années.

Une façon de reprendre la main

Loin d'un désengagement générationnel, ce désir de réorientation ressemble donc plutôt à une tentative de reprendre le contrôle sur un parcours souvent décidé trop tôt, sans marge d'expérimentation. De quoi donner à réfléchir aux entreprises qui veulent fidéliser leurs jeunes recrues : ce n'est pas forcément leur poste qu'elles fuient, mais un système qui ne leur a jamais vraiment laissé le choix.

*Étude fondée sur l'enquête Génération 2017 du Céreq, menée auprès de 8 735 jeunes sortis du système éducatif en France en 2016-2017, réinterrogés en 2023, soit 6 ans après la fin de leurs études, tous niveaux de diplôme confondus.

Partager l’article
  • Facebook
  • X
  • Linkedin
Recevez l’essentiel de l’actu emploi par mail
  • Restez à jour sans effort
  • On trie le meilleur pour vous
  • 2 emails par semaine
Créer mon compte

Préparez-vous à
décrocher votre job !

155 000

CV lus en moyenne chaque jour, soyez le prochain à être vu !

soyez visible auprès des recruteurs

Déposer mon CV

883 305

offres en ce moment, on vous envoie celles qui collent ?

soyez alerté rapidement

Créer mon alerte

Toutes les offres d’emploi

  • Paris
  • Lyon
  • Toulouse
  • Marseille
  • Nantes
  • Rennes
  • Bordeaux
  • Strasbourg
  • Lille
  • Nice
  • Montpellier
  • Aix-en-Provence
Voir les offres d’emploi par ville
Les sites
L'emploi
  • Offres d'emploi par métier
  • Offres d'emploi par ville
  • Offres d'emploi par entreprise
  • Offres d'emploi par mots clés
L'entreprise
  • Qui sommes-nous ?
  • On recrute
  • Accès client
Les apps
Nous suivre sur :
Informations légales CGU Politique de confidentialité Gérer les traceurs Accessibilité : non conforme Aide et contact