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Ce que les recruteurs disent entre eux, et ce que ça change pour vous

Par Laura Lamassourre Publié le

Ghosting, lettres de motivation, IA : ce que révèlent les sondages de recruteurs.

Ce que les recruteurs disent entre eux, et ce que ça change pour vous
Disparaître sans mot ou « ghoster » est de mauvais goût pour les candidats comme les recruteurs. © New Africa@stock.adobe.com

Chaque semaine, nos collègues d'Helloworkplace interrogent leur communauté de recruteurs sur LinkedIn. Des centaines de professionnels du recrutement répondent, à visage couvert, à des questions qu'ils n'aborderaient pas forcément en réunion. Sur le ghosting, les lettres de motivation, l'intelligence artificielle ou la transparence des salaires, leurs réponses dessinent un portrait du recrutement contemporain : souvent surprenant, parfois inconfortable. Voici ce qu'il faut en retenir quand on est candidat.

On attend de vous d’être honnête, pas parfait(e)

Ne pas cocher toutes les cases ou manquer d'expérience ne signifie pas qu'il faille jouer sur l'esbrouffe pour valoriser son profil. Savoir se mettre en valeur, voire enjoliver très légèrement un aspect, c'est une chose ; mais le mensonge reste le pire red flag cité par les recruteurs. Pour 56 % des 625 participants au sondage Helloworkplace, il devance largement les retards (17 %), le manque de préparation (16 %) et les réponses vagues (10 %).

Une pratique répandue, dans un marché où la pression de se démarquer est réelle : d'après une étude de l'institut RH Florian Mantione (2022), 88 % des candidats estiment normal d'« arranger » leur CV pour trouver un emploi. Ce que rappelle le droit du travail, c'est que les conséquences peuvent dépasser le seul entretien : si le mensonge a été déterminant dans la décision d'embauche, il peut justifier un licenciement pour faute, voire, dans les cas les plus graves (faux diplômes notamment), une condamnation pénale. La leçon n'est pas de livrer un CV parfait, mais un CV honnête. Un recruteur qui doute creusera en entretien ; c'est d'ailleurs ce que font 35 % d'entre eux face à une incohérence, selon un autre sondage de nos collègues. En résumé, mieux vaut expliquer un parcours atypique que tenter de le maquiller.

Le silence ne veut pas dire « non »

On l’a tous connue, cette attente anxiogène d’une réponse dans un parcours de recrutement. Les chiffres permettent pourtant de relativiser : 87 % des recruteurs souhaitent conclure un recrutement en moins d’un mois, mais la réalité du terrain est tout autre. Selon une étude de Tellent publiée par France Travail en 2025, les entreprises mènent en moyenne huit entretiens sur 39 jours avant de pourvoir un poste, un délai en légère hausse depuis 2024. Résultat : 60 % des candidats abandonnent le processus en cours de route. Pic d'activité, multiplication des décideurs, période de vacances : les raisons d'un allongement des délais sont rarement liées à un désintérêt pour le candidat.

Et le nombre d’entretiens dans tout ça ? Côté RH, les avis sont partagés. Près de la moitié des recruteurs (47 %) estiment que trois entretiens sont justifiés pour certains postes ; 40 % trouvent que c'est un peu trop. En incluant un entretien RH, un entretien avec le manager et un échange avec la direction, le compteur atteint facilement trois étapes, auxquelles peuvent s'ajouter un test ou une mise en situation. Une étude Robert Half indique pourtant que 52 % des candidats fixent leur seuil de tolérance à deux étapes maximum, et 43 % à trois. Le fossé existe, mais il est négociable, à condition de le savoir.

La lettre de motivation n’est pas morte, mais elle se mérite

Si vous êtes vraiment attaché(e) à la lettre de motivation, rien n’est perdu ! À ce sujet, l’avis des recruteurs est tranché, dans tous les sens. Parmi les 585 participants au sondage, 26 % déclarent ne jamais les lire et 27 % s'en disent indifférents. Mais 22 % les jugent importantes et 24 % estiment qu'un mail de motivation ciblé suffit.

Pour faire simple, il n’est pas systématiquement nécessaire de rédiger une lettre de motivation, d’autant que tous les candidats ne sont pas à l’aise avec l’exercice. Mais, si vous décidez d’en envoyer une (ou qu’elle est imposée par le recruteur), le tout est de ne pas la bâcler. Un recruteur sondé par Helloworkplace le formule ainsi : une lettre « originale et très ciblée » peut faire la différence et donner envie d'aller plus loin. À l'heure où l'IA rédige des lettres en série, une lettre véritablement personnalisée devient, paradoxalement, plus rare et plus précieuse. Privilégiez donc l’IA pour la relecture ou certaines reformulations, pas pour vous présenter à votre place.

Le ghosting : disparaître sans un mot, ça se paye

Le ghosting, c'est l'art de disparaître sans laisser de trace : plus de réponses, plus de nouvelles, comme si l'autre n'avait jamais existé. 69 % des recruteurs estiment que le phénomène est plus fréquent qu'avant ; d'après une enquête Robert Half de 2023, près de 28 % d'entre eux ont déjà été « ghostés » par un candidat en cours de processus.

Les raisons sont souvent compréhensibles : plusieurs offres en parallèle, un changement de situation personnelle, ou simplement la difficulté d'annoncer un refus. Parfois aussi, une réaction à un processus vécu comme peu respectueux. Mais l'effet boomerang existe : selon une analyse du cabinet Hays, les candidats qui ont l'impression d'être mal traités ghostent davantage, et les recruteurs qui se font ghoster deviennent à leur tour moins attentionnés. Un cercle vicieux dont il vaut mieux ne pas être l'initiateur. Le recrutement est un secteur où les chemins se recroisent facilement ; prévenir, même brièvement, même par mail, est souvent plus simple qu'il n'y paraît, et généralement bien reçu.

IA et transparence salariale : ce que ça change (déjà) pour vous

On en entend parler partout, tout le temps. L’intelligence artificielle n’a pourtant pas encore conquis la majorité des recruteurs. En octobre dernier, 52 % la qualifiaient de « parfois utile » et seulement 18 % d'indispensable d’après un sondage Helloworkplace.

En revanche, sur la question, les lignes bougent vite. Selon notre enquête Hellowork « IA, Gen Z, transparence : ces défis qui attendent candidats et recruteurs en 2026 » (novembre 2025), 95 % des recruteurs sont convaincus que l'IA va transformer leur métier ; côté candidats, 50 % l'utilisent déjà dans leur recherche d'emploi. Une évolution que les candidats voient plutôt comme une opportunité (37 %) que comme une menace (22 %). Pour autant, la décision finale appartient encore à des professionnels : l'IA libère les recruteurs des tâches répétitives, mais c'est toujours un humain qui évalue.

Sur la transparence des salaires, le sondage Helloworkplace livre un enseignement moins attendu : 62 % des recruteurs interrogés regrettent le report de la directive européenne, et seul un tiers se dit soulagé du délai supplémentaire. L'aspiration à plus de clarté sur les rémunérations ne vient donc pas uniquement des candidats. Elle est partagée, de plus en plus ouvertement, par ceux qui recrutent. Et pour cause : selon une enquête de l'ANDRH auprès de 567 professionnels RH, 78 % des entreprises françaises ne disposent pas encore de politique de rémunération formalisée, ce qui explique à la fois l'impréparation et les réticences. La directive, dont l'entrée en vigueur est prévue pour juin 2026, oblige les entreprises à afficher les salaires dès le recrutement : une évolution qui, à terme, devrait bénéficier directement aux candidats.

 

 

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