Le marché de l’emploi en Bretagne : entre attractivité et difficultés de recrutement
On vous parle de recrutement, en chiffres, dans notre fief !
Chez Hellowork, nous sommes peut-être (un peu) chauvins. C'est pour cela que nous avons choisi de vous parler de notre berceau, une péninsule reconnaissable entre toutes, la Bretagne. Ses quatre départements pour 3,5 millions d'habitants forment une région agricole et maritime, de même qu'une puissance industrielle méconnue, dominée par l'agroalimentaire. Des bourgs traditionnels aux technopôles, des calvaires de granit aux zones d'activités, la région conjugue héritages et modernité.
Cette modernité ne relève pas du folklore : première région halieutique de France, la Bretagne accueille plus de 15 000 emplois liés à la pêche et aux cultures marines et près de 12 000 chercheurs et chercheuses en entreprise et dans les laboratoires publics. S’y ajoutent plus de 800 entreprises innovantes et 8 000 exploitations agricoles accompagnées par la Région. Cette dernière a d’ailleurs lancé, en s’appuyant sur les divers atouts du territoire, une stratégie régionale de recherche et d’innovation, dite S3 (Smart Specialisation Strategy) 2021-2027 dont la vocation est d’accompagner « les transformations économiques et sociales en cours, en s’appuyant à la fois sur la "High-Tech" et la "Low-Tech". »
Une structure de l’emploi singulière
Avec un taux de chômage de 6,3 % au troisième trimestre 2025 – le deuxième plus bas de France, après les Pays de la Loire – elle attire jeunes actifs séduits par un marché de l'emploi dynamique, familles en quête d'un autre rythme de vie et retraités charmés par le cadre préservé. Résultat ? Une croissance démographique de 0,5 % par an, supérieure à la moyenne nationale. Mais cette prospérité masque des fragilités : vieillissement accéléré et disparités entre métropoles dynamiques (Rennes, Brest) et zones rurales en déclin.
Comme partout en France, les quelque 235 000 entreprises du territoire continuent de recruter et, selon les prévisions de l'Insee, devraient voir arriver de nombreux nouveaux candidats dans les prochaines décennies. L'institut estime qu'il y aura 257 000 habitants de plus en Bretagne d'ici 2050. En chiffres, quel visage prend l'emploi breton ?
131 730 projets de recrutement : quels métiers recherchés ?
Selon les données les plus récentes disponibles, il y avait, en 2021, 54,6 % d'actifs chez les Bretons de 15 ans ou plus. À la même époque, l'emploi était réparti dans la région comme suit :
Le constat est parlant : la région accueille davantage de salariés dans les secteurs de l'agriculture, l'industrie et la construction que la moyenne nationale. Or, sur le nombre de projets de recrutement recensés par France Travail en 2025 (131 730), ces secteurs sont certes représentés, mais n'atteignent pas le haut du classement des besoins de main d'œuvre.
Les disparités existent également entre les quatre départements bretons. Dans le Finistère et les Côtes-d'Armor, sur respectivement 35 190 et 21 490 projets de recrutements, les agriculteurs se placent second du classement des métiers les plus recherchés. L'Ille-et-Vilaine est le département qui cherche le plus d'artistes (musique, danse, spectacles) avec près de 900 projets de recrutement et propulse ces professions à la 9ᵉ place du classement local. Dans le Morbihan, tout comme dans le Finistère et les Côtes-d'Armor, ce sont les serveurs de cafés-restaurants qui sont les plus prisés alors qu'en Ille-et-Vilaine, ils passent second juste après les agents d'entretien de locaux.
Des tensions de recrutement au-dessus de la moyenne nationale
L'enquête Besoins en main-d'œuvre 2025 de France Travail révèle également des difficultés bretonnes de recrutement bien supérieures au reste de l'Hexagone : 55,7 % des projets de recrutement sont jugés difficiles en Bretagne contre 50,1 % dans le reste de la France. Le marché de l'emploi breton se structure ainsi autour de trois grandes familles de métiers.
D'abord, les métiers du soin et de l'aide à la personne (aides-soignants, aides à domicile) qui cumulent volume important et difficultés majeures : 70,8 % des recrutements d'aides-soignants sont jugés difficiles, un taux qui grimpe à 75 % pour les aides à domicile. Ensuite, les métiers de l'hôtellerie-restauration (serveurs, cuisiniers, employés d'hôtellerie) dominent en volume avec 15 660 projets cumulés, mais se caractérisent surtout par une saisonnalité écrasante, dépassant 80 % pour les serveurs et employés d'hôtellerie.
Enfin, les métiers de l'entretien et de l'industrie agroalimentaire conjuguent volume modéré et tensions très fortes, avec respectivement 65,6 % et 72,7 % de projets difficiles. Cette cartographie révèle un marché dual : d'un côté, des emplois permanents en tension chronique dans le soin ; de l'autre, des emplois saisonniers massifs dans le tourisme (36,1 % des projets contre 31 % en France), avec entre les deux, un secteur agricole et industriel confronté à des difficultés structurelles de recrutement.
Là encore, des disparités sont à constater entre les départements bretons, avec des difficultés particulièrement importantes dans le Morbihan.
Le dynamisme breton n'est pas un mythe, mais il repose sur des équilibres fragiles. Avec 55,7 % de projets de recrutement jugés difficiles et des tensions particulièrement aiguës dans le soin, l'agroalimentaire et le tourisme, la région fait face à des défis structurels que le faible taux de chômage ne doit pas masquer. Entre vieillissement démographique et disparités territoriales, la Bretagne devra intensifier ses efforts pour continuer d'attirer les talents dont ses entreprises ont besoin. Une nécessité pour que la péninsule reste ce territoire où il fait bon vivre… et travailler.
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