Évoluer dans sa vie pro

Portabilité de la mutuelle après un licenciement économique : vos droits expliqués

Par Johannie BONIN • Publié le

Licenciement économique : comment conserver votre mutuelle d'entreprise et vos garanties santé après la rupture du contrat

Portabilité de la mutuelle après un licenciement économique : vos droits expliqués
Perdre son emploi ne signifie pas perdre sa mutuelle. Voici comment conserver vos garanties santé. © Garun Studios/stock.adobe.com

Perdre son emploi ne signifie pas perdre sa mutuelle. Voici comment conserver vos garanties santé.

Qu'est-ce que la portabilité de la mutuelle ?

Le dispositif de portabilité, encadré par l'article L911-8 du Code de la sécurité sociale, permet à tout salarié quittant son entreprise dans les conditions ouvrant droit à l'assurance chômage de continuer à bénéficier de la complémentaire santé collective pendant une période déterminée, sans frais supplémentaires.

Un filet de sécurité pendant la transition professionnelle

La portabilité couvre deux types de garanties : la complémentaire santé (remboursements des frais médicaux, dentaires, optiques) et, si l'entreprise dispose d'un régime de prévoyance, les garanties liées aux risques décès, incapacité de travail et invalidité. Le salarié conserve exactement les mêmes garanties que celles dont il bénéficiait en activité, sans modification du niveau de couverture.

Ce maintien est intégralement financé par l'ancien employeur et les salariés toujours en poste, dans le cadre d'une cotisation mutualisée. L'ancien salarié n'a donc aucune cotisation à régler pendant la période de portabilité.

Le licenciement économique ouvre bien droit à la portabilité

Le licenciement économique figure explicitement parmi les motifs de rupture du contrat de travail ouvrant droit à la portabilité. Sont également concernés : le licenciement pour motif personnel (hors faute lourde), la rupture conventionnelle homologuée, la fin de CDD et la démission légitime. En revanche, le licenciement pour faute lourde exclut le salarié du bénéfice du dispositif.

bon à savoir

La portabilité s'applique dans les mêmes conditions aux ayants droit du salarié (conjoint, enfants à charge) qui bénéficiaient de la couverture collective à la date de la rupture du contrat.

Les conditions pour bénéficier de la portabilité

Pour activer le maintien des garanties après un licenciement économique, trois conditions fixées par l'article L911-8 du Code de la sécurité sociale doivent être réunies simultanément.

Les critères d'éligibilité

La première condition est d'avoir été effectivement affilié à la complémentaire santé collective de l'entreprise au moment de la rupture du contrat. Un salarié ayant exercé une dispense d'adhésion ne peut pas bénéficier de la portabilité.

La deuxième condition est que la cessation du contrat ouvre droit à une indemnisation par France Travail. En cas de licenciement économique, cette condition est automatiquement remplie dès lors que les allocations chômage sont versées.

La troisième condition est que la rupture du contrat ne soit pas consécutive à une faute lourde. Un licenciement pour faute simple n'exclut pas la portabilité.

La durée de la portabilité

La durée de la portabilité est doublement encadrée : 12 mois maximum à compter du lendemain de la fin du contrat de travail, sans pouvoir excéder la durée du dernier contrat dans l'entreprise. Concrètement, un salarié licencié après 8 mois d'ancienneté bénéficie d'une portabilité de 8 mois. Un salarié avec 3 ans ou plus d'ancienneté bénéficie du maximum légal de 12 mois.

La portabilité peut s'interrompre avant son terme dans trois situations : si les droits à l'indemnisation chômage prennent fin, si le salarié retrouve un emploi entraînant l'affiliation à une nouvelle complémentaire santé obligatoire, ou s'il cesse de remplir les conditions d'ouverture de droits.

Les démarches pour activer la portabilité

La portabilité ne nécessite pas de démarche active de la part du salarié licencié pour l'activer, mais deux obligations doivent être respectées pour en bénéficier.

Le rôle de l'employeur

À la date de la rupture du contrat, l'employeur a l'obligation d'informer l'organisme assureur de la cessation du contrat de travail et du droit au maintien des garanties. Il doit également mentionner la portabilité dans le certificat de travail remis au salarié. Ces deux obligations incombent exclusivement à l'entreprise.

Les justificatifs à fournir par le salarié

Le salarié doit justifier auprès de l'organisme assureur de sa prise en charge par l'assurance chômage. Cette justification prend la forme d'une attestation France Travail, disponible dans l'espace personnel en ligne du demandeur d'emploi. Si l'indemnisation chômage prend fin avant le terme prévu de la portabilité, le salarié doit en informer l'organisme assureur.

Exemple

Sophie, licenciée pour motif économique après 10 mois de CDI, reçoit son certificat de travail mentionnant le maintien des garanties. Elle transmet son attestation France Travail à la mutuelle de l'entreprise dès réception. Sa portabilité est activée pour une durée de 10 mois, sans aucune cotisation à sa charge.

Que se passe-t-il à la fin de la portabilité ?

Lorsque la période de portabilité arrive à son terme, l'ancien salarié doit anticiper la suite pour éviter toute interruption de couverture santé.

Le relais assuré par la loi Évin

À l'issue de la portabilité, un second dispositif peut prendre le relais : la loi Évin (loi du 31 décembre 1989, art. 4). L'organisme assureur adresse une proposition de maintien des garanties à titre individuel au plus tard deux mois après la fin de la portabilité. Ce dispositif ne couvre que les frais de santé, et non la prévoyance.

Avec la loi Évin, la prise en charge mutualisée prend fin : l'ancien salarié assume seul le coût des cotisations. Ces dernières sont encadrées par le décret du 21 mars 2017 pendant les trois premières années : identiques au tarif global des salariés actifs la première année, elles ne peuvent dépasser ce tarif de plus de 25 % la deuxième année, ni de plus de 50 % la troisième année. Au-delà, l'assureur retrouve sa liberté tarifaire. Le salarié dispose de 6 mois à compter de la fin de la portabilité pour formuler sa demande de maintien auprès de l'assureur.

Anticiper pour éviter toute rupture de droits

Il est conseillé d'entamer les démarches deux à trois mois avant la date de fin de portabilité inscrite sur les documents remis par l'employeur. Cette anticipation permet de comparer les offres de complémentaire santé individuelle disponibles sur le marché et d'éviter toute période sans couverture, notamment en cas de soins programmés.

bon à savoir

Si vous retrouvez un emploi avant la fin de la portabilité, celle-ci s'arrête. Votre nouvel employeur est tenu de vous proposer sa complémentaire santé collective. Il vous appartient de remplir le bulletin d'adhésion remis à l'embauche pour que la couverture prenne effet sans interruption.

FAQ

Partager l’article
  • Facebook
  • X
  • Linkedin
Les sujets liés
Recevez l’essentiel de l’actu emploi par mail
  • Restez à jour sans effort
  • On trie le meilleur pour vous
  • 2 emails par semaine
S’inscrire à la newsletter

Préparez-vous à
décrocher votre job !

155 000

CV lus en moyenne chaque jour, soyez le prochain à être vu !

soyez visible auprès des recruteurs

Déposer mon CV

907 288

offres en ce moment, on vous envoie celles qui collent ?

soyez alerté rapidement

Créer mon alerte

Toutes les offres d’emploi

  • Paris
  • Lyon
  • Toulouse
  • Marseille
  • Nantes
  • Bordeaux
  • Rennes
  • Lille
  • Strasbourg
  • Nice
  • Montpellier
  • Aix-en-Provence
Voir les offres d’emploi par ville
Les sites
L'emploi
  • Offres d'emploi par métier
  • Offres d'emploi par ville
  • Offres d'emploi par entreprise
  • Offres d'emploi par mots clés
L'entreprise
  • Qui sommes-nous ?
  • On recrute
  • Accès client
Les apps
Nous suivre sur :
Informations légales CGU Politique de confidentialité Gérer les traceurs Accessibilité : non conforme Aide et contact