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Lettre de rupture conventionnelle pour souffrance au travail : modèle et conseils

Par Johannie BONIN • Publié le

Demander une rupture conventionnelle pour souffrance au travail se prépare, se rédige et se négocie, sans jamais s'imposer à l'employeur.

Lettre de rupture conventionnelle pour souffrance au travail : modèle et conseils
Modèle de lettre et conditions pour une rupture conventionnelle liée au burn-out © Rido/stock.adobe.com

Un salarié en souffrance au travail, épuisement professionnel, burn-out ou climat conflictuel, peut tout à fait demander une rupture conventionnelle à son employeur pour mettre fin à son contrat de travail. Le contrat de travail, rupture conventionnelle comprise, ne se rompt jamais unilatéralement. Sans l'accord de l'employeur, la rupture conventionnelle reste impossible : elle ne peut jamais être imposée par le salarié seul, contrairement à une démission ou à une prise d'acte de rupture du contrat. Comprendre ce que dit le droit du travail sur ce sujet, préparer une lettre claire, connaître un modèle de rédaction adapté, et identifier les précautions à prendre avant de signer, permet d'aborder cette demande de la manière la plus sereine possible, de la première prise de contact jusqu'à la signature de la convention.

Peut-on demander une rupture conventionnelle en cas de souffrance au travail ?

Avant de rédiger une lettre, il faut savoir ce que le droit du travail autorise réellement dans cette situation.

La reconnaissance en maladie professionnelle est-elle un préalable à la rupture conventionnelle ?

Non, les deux démarches sont indépendantes et peuvent être menées en parallèle. Attendre l'issue d'une procédure de reconnaissance, qui prend plusieurs mois et n'aboutit pas toujours, retarde inutilement une rupture conventionnelle déjà envisagée. Un salarié peut tout à fait signer une rupture conventionnelle sans jamais engager de démarche de reconnaissance, les deux visant des objectifs différents : l'une l'indemnisation d'une pathologie, l'autre la sortie du contrat de travail.

La rupture conventionnelle est-elle possible pendant un arrêt maladie ?

Oui, la jurisprudence admet qu'un salarié en arrêt maladie, y compris pour un burn-out, peut signer une rupture conventionnelle avec son employeur. Signer une rupture conventionnelle, arrêt maladie compris, reste possible, à condition que le consentement du salarié reste libre et éclairé au moment de la signature. Aucune disposition du Code du travail ne l'interdit. Cette règle vaut aussi bien pour un arrêt maladie ordinaire que pour un arrêt consécutif à un accident du travail, sous réserve que l'employeur ne profite pas de la vulnérabilité du salarié pour imposer des conditions défavorables.

Comment rédiger une lettre de demande de rupture conventionnelle pour souffrance au travail ?

Cette lettre reste une proposition adressée à l'employeur, pas une mise en demeure : le ton employé compte autant que le contenu.

Quelles informations inclure dans cette lettre ?

La lettre doit mentionner la demande d'ouverture d'un entretien pour envisager une rupture conventionnelle du contrat de travail, sans nécessairement détailler tous les motifs personnels de santé, qui relèvent du secret médical. Rester factuel sur le contexte de travail, sans accusation directe envers l'employeur, facilite l'ouverture d'une négociation apaisée plutôt qu'un conflit. Préciser l'ancienneté dans l'entreprise et le poste occupé aide également l'employeur à situer rapidement la demande dans le cadre du contrat en cours.

Modèle de lettre de demande de rupture conventionnelle

Un modèle simple peut suivre cette structure : identité et poste du salarié en en-tête, objet clair indiquant une demande d'entretien pour envisager une rupture conventionnelle, un paragraphe expliquant brièvement le souhait de mettre fin au contrat de travail d'un commun accord compte tenu de la situation actuelle, puis une formule de politesse demandant une date d'entretien. Un exemple à adapter :

Madame, Monsieur,

Salarié au sein de votre entreprise depuis le [date], occupant le poste de [intitulé du poste], je me permets de vous solliciter afin d'envisager ensemble une rupture conventionnelle de mon contrat de travail.

Ma situation actuelle m'amène à souhaiter mettre un terme à notre collaboration d'un commun accord, dans des conditions satisfaisantes pour chacun. Je reste à votre disposition pour convenir d'un premier entretien à une date qui vous conviendra, afin d'échanger sur les modalités de cette rupture.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Prénom, nom, signature]

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Ce modèle reste volontairement neutre et factuel, sans détailler les motifs médicaux ni accuser l'employeur, ce qui facilite l'ouverture d'un dialogue. Il peut être adapté avec l'aide d'un conseiller ou d'un avocat en droit du travail pour les situations les plus sensibles, notamment en cas de suspicion de harcèlement moral.

bon à savoir

La lettre n'a aucune valeur contraignante pour l'employeur : elle ouvre simplement la discussion. En cas de refus, le salarié conserve d'autres options, arrêt maladie, démission, ou saisine des prud'hommes, à examiner selon la gravité de la situation.

Quelles précautions prendre avant de signer la convention de rupture ?

Signer trop vite, sous le coup de l'épuisement, reste l'un des principaux risques identifiés par les praticiens du droit du travail. Demander une rupture conventionnelle du contrat de travail pour souffrance au travail suppose l'accord de l'employeur, jamais une décision unilatérale.

Le consentement peut-il être remis en cause en cas de harcèlement moral ?

Si le salarié démontre que son consentement a été obtenu dans un contexte de harcèlement moral, la Cour de cassation, chambre sociale, admet que la convention de rupture peut être annulée et requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Cette annulation reste toutefois soumise à la preuve du harcèlement, ce qui suppose souvent de réunir des éléments écrits, mails, arrêts de travail, témoignages de collègues. L'employeur reste par ailleurs tenu à une obligation de sécurité envers ses salariés, ce qui implique de prévenir les situations de souffrance au travail avant même qu'une demande de rupture ne soit formulée. Documenter la situation en amont, plutôt qu'au moment de la signature, renforce la position du salarié si un contentieux survient ultérieurement.

Faut-il consulter le médecin du travail avant de signer ?

Consulter le médecin du travail, même en dehors d'une visite obligatoire, permet d'obtenir un avis médical neutre sur l'état de santé du salarié et sur sa capacité à négocier sereinement les termes de la rupture. Ce professionnel peut aussi orienter vers d'autres solutions si la rupture conventionnelle ne semble pas la mieux adaptée à la situation, par exemple une reprise progressive du travail ou un aménagement de poste avant d'envisager un départ définitif.

Quelle indemnité et quels droits après une rupture conventionnelle pour souffrance au travail ?

Le montant perçu et les droits ouverts ensuite ne dépendent pas du motif de souffrance invoqué, mais des règles générales applicables à toute rupture conventionnelle.

Quel est le montant minimum de l'indemnité ?

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, calculée sur l'ancienneté et le salaire de référence du salarié, ou à l'indemnité conventionnelle si elle est plus favorable. Le calcul légal retient un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers de mois par année au-delà. Rien n'empêche de négocier un montant supérieur, notamment si la situation de souffrance au travail est bien documentée et que l'employeur souhaite éviter tout risque de contentieux ultérieur devant les prud'hommes.

Quels sont les droits au chômage après la signature ?

La rupture conventionnelle ouvre droit à l'allocation de retour à l'emploi versée par France Travail, dans les mêmes conditions qu'un licenciement, une fois la convention homologuée par l'administration. Cette homologation intervient après un délai de rétractation de 15 jours calendaires suivant la signature, puis un délai supplémentaire de 15 jours ouvrables pendant lequel l'administration peut refuser la demande.

FAQ

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