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La promesse de stage a-t-elle une valeur juridique ?

Par Adèle Charrier Publié le

Accord trouvé, convention pas encore signée : votre promesse de stage vous protège-t-elle vraiment ?

La promesse de stage a-t-elle une valeur juridique ?
Si l'entreprise revient sur sa promesse sans motif légitime, elle engage sa responsabilité civile. Le candidat lésé peut demander réparation du préjudice subi. © Arnéll Koegelenberg/peopleimages.com / Adobe Stock

Une promesse de stage vous a été faite, mais rien n'est encore signé. Est-ce suffisant pour vous considérer comme stagiaire ? L'entreprise peut-elle se rétracter sans conséquences ? Et vous, pouvez-vous décliner sans risque ? La promesse de stage a bel et bien une valeur juridique, à condition de respecter certains critères. On vous explique tout.

La promesse de stage : de quoi parle-t-on exactement ?

Définition et formes que peut prendre la promesse

La promesse de stage est un engagement, formel ou informel, par lequel une entreprise indique à un candidat qu'elle accepte de l'accueillir en stage. Elle peut prendre plusieurs formes :

  • un e-mail confirmant la sélection du candidat
  • un courrier officiel mentionnant les dates et les modalités du stage
  • un appel téléphonique suivi ou non d'un écrit

La forme écrite est de loin la plus sécurisante. Un échange oral, aussi sincère soit-il, reste difficile à prouver en cas de litige. Si vous recevez une promesse par téléphone, pensez à la faire confirmer par e-mail.

Promesse de stage vs convention de stage : ne pas confondre

Ces deux notions sont souvent confondues, mais elles n'ont pas la même portée.

La convention de stage est le document officiel et obligatoire qui encadre le stage. Elle est signée par trois parties : l'entreprise, l'établissement d'enseignement et le stagiaire. Sans convention signée, pas de stage légal. C'est elle qui fixe les missions, la durée, la gratification et les conditions d'accueil.

La promesse de stage, elle, intervient en amont. Elle signale l'intention de l'entreprise d'accueillir le candidat, avant que la convention soit rédigée et signée. Elle ne remplace pas la convention, mais elle peut créer des obligations juridiques à part entière.

La promesse de stage a-t-elle une valeur juridique contraignante ?

Ce que dit le droit

Le Code civil, et non le Code du travail, s'applique ici. Le stage n'étant pas un contrat de travail, c'est le droit commun des contrats qui régit la promesse de stage.

Depuis la réforme du droit des contrats de 2016 (ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016), le Code civil distingue deux types d'avant-contrats : la promesse unilatérale (article 1124) et le pacte de préférence (article 1123). La promesse de stage s'apparente à une promesse unilatérale de contrat : l'entreprise s'engage à conclure une convention de stage avec le candidat si ce dernier accepte.

En clair : une promesse de stage écrite, claire et précise peut être juridiquement contraignante.

Les conditions pour qu'elle soit juridiquement valable

Pour que la promesse de stage ait une valeur juridique solide, elle doit réunir plusieurs éléments :

  • l'identification des parties : nom du candidat, nom et coordonnées de l'entreprise
  • l'objet du stage : intitulé du poste ou de la mission envisagée
  • la durée et les dates : période de stage prévue
  • la gratification : montant ou mention de son absence si le stage est inférieur à deux mois

Plus la promesse est précise, plus elle est opposable. Un simple « on vous prend pour votre stage de fin d'études » sans autre détail a une valeur bien plus limitée qu'un e-mail récapitulant l'ensemble des modalités.

Exemple

Laura, étudiante en master 2 de communication, reçoit un e-mail d'une agence parisienne confirmant son accueil en stage du 1er septembre au 28 février, pour une gratification de 600 euros net par mois, sur un poste de chargée de communication digitale. Cet e-mail, signé par le directeur, constitue une promesse de stage dotée d'une réelle valeur juridique.

Que se passe-t-il en cas de rupture de la promesse ?

L'entreprise rompt sa promesse : quels recours ?

Si l'entreprise revient sur sa promesse sans motif légitime, elle engage sa responsabilité civile. Le candidat lésé peut demander réparation du préjudice subi, sur le fondement de la responsabilité délictuelle (article 1240 du Code civil) ou contractuelle selon les circonstances.

Les préjudices indemnisables peuvent inclure :

  • la perte d'une autre opportunité de stage refusée en raison de cette promesse
  • les frais engagés en anticipation du stage (logement, déménagement, matériel)
  • le préjudice moral lié à la situation

La démarche passe en général par une mise en demeure adressée à l'entreprise, puis, si nécessaire, par une saisine du tribunal judiciaire compétent. Avant d'en arriver là, une tentative de résolution amiable est toujours recommandée.

Exemple

Thomas a refusé deux propositions de stage pour honorer la promesse d'une entreprise de conseil, qui se rétracte trois semaines avant le début prévu. Il peut faire valoir le préjudice lié aux opportunités manquées et réclamer une indemnisation.

Le candidat renonce à son stage : quelles conséquences ?

Du côté du stagiaire, la situation est plus nuancée. Si la promesse est unilatérale — c'est-à-dire que seule l'entreprise s'est engagée —, le candidat conserve en principe la liberté d'accepter ou de refuser sans s'exposer à des poursuites.

En revanche, si les deux parties ont formellement accepté les termes de la promesse (échanges écrits croisés, signature d'un document préparatoire), le refus du candidat peut, dans certains cas, ouvrir droit à réparation pour l'entreprise si elle justifie d'un préjudice réel. Ce cas reste rare en pratique, notamment parce que les entreprises engagent peu de frais avant la signature de la convention.

Comment sécuriser une promesse de stage ?

Que vous soyez candidat ou responsable RH, quelques réflexes simples permettent d'éviter les litiges.

Pour le candidat :

  • Demandez systématiquement une confirmation écrite après un accord oral
  • Vérifiez que l'e-mail ou le courrier mentionne bien les éléments clés : dates, mission, gratification
  • Conservez précieusement tous les échanges écrits
  • N'abandonnez pas d'autres pistes tant que la convention n'est pas signée
  • Si vous devez engager des frais (loyer, déménagement), attendez idéalement la signature de la convention

Pour l'entreprise :

  • Évitez les promesses verbales non suivies d'écrit
  • Formalisez rapidement l'accord pour engager la procédure de convention avec l'établissement
  • En cas d'imprévu, prévenez le candidat le plus tôt possible et par écrit
  • Documentez les motifs d'une éventuelle rétractation

La signature de la convention de stage reste l'étape décisive. C'est elle qui officialise la relation et protège toutes les parties.

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