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Un job d'été quand on a moins de 18 ans : ce que dit le droit du travail
Jean-Marc Morel, associé Conseil RH/Social chez RSM a répondu aux questions incontournables des jeunes candidats désireux de travailler avant leurs 18 ans.
Quelles sont les conditions d'âge pour être embauché en tant que mineur ?
Jean-Marc Morel : Un job d'été est un emploi salarié à part entière, pas un arrangement de vacances : le jeune a droit à un cadre écrit et déclaré.
- un contrat écrit (presque toujours un CDD), remis dans les deux jours suivant l'embauche, avec son motif, sa durée, le poste et la rémunération ;
- une déclaration préalable à l'embauche (DPAE) faite par l'employeur : c'est elle qui ouvre les droits sociaux et écarte le travail dissimulé (articles L. 1221-10 et R. 1221-1) ;
- pour les moins de 16 ans, l'autorisation de l'inspection du travail et, jusqu'à 18 ans, l'accord écrit du représentant légal (articles L. 4153-1 et suivants).
Notre conseil : le réflexe à transmettre en premier est simple : « un vrai job, c'est un papier ». Un jeune qui sait qu'il a droit à un contrat écrit et à être déclaré repère de lui-même les situations à risque - le « on te paiera en liquide, pas besoin de contrat » devient un signal d'alerte, pas une facilité.
Quelles limites horaires et quels temps de repos s'appliquent, notamment pour les moins de 18 ans ?
Jusqu'à 18 ans, le jeune bénéficie de limites plus strictes que les adultes, ce sont autant de droits opposables à l'employeur :
- une durée maximale de 7 heures par jour avant 16 ans, 8 heures ensuite, et 35 heures par semaine dans tous les cas (articles L. 3162-1 et suivants) ;
- une pause de 30 minutes dès 4 h 30 de travail continu ;
- un repos quotidien de 12 heures (14 heures avant 16 ans) et un repos hebdomadaire de deux jours consécutifs (articles L. 3164-1 et suivants).
Les heures supplémentaires sont en principe interdites et ne peuvent être imposées.
Le bon conseil : un droit ne protège que si l'on peut en vérifier le respect. Le bon geste à enseigner : noter ses heures, jour après jour - un carnet ou une note sur le téléphone suffit. C'est ce relevé qui permet, en cas de litige, de comparer avec le bulletin de paie.
Un mineur peut-il travailler en horaires de nuit, tard le soir ou tôt le matin ? Et dans quelles conditions ?
Le principe est net : le travail de nuit est interdit aux mineurs. Ce que la loi appelle « nuit » dépend de l'âge - tout travail entre 22 heures et 6 heures pour les 16-18 ans, et entre 20 heures et 6 heures pour les moins de 16 ans (articles L. 3163-1 et L. 3163-2). C'est une interdiction de principe, pas une simple recommandation. Des dérogations existent, mais elles sont rares et encadrées.
Quels travaux, machines ou postes restent interdits ou soumis à dérogation, notamment en restauration ou en cuisine ?
Certains travaux dangereux sont interdits aux mineurs (machines comme la trancheuse ou le coupe-légumes, travail en hauteur, agents chimiques, températures extrêmes - articles L. 4153-8 et D. 4153-15 et suivants). Hors cadre de formation professionnelle, aucune dérogation n'est possible : ces tâches ne peuvent tout simplement pas être confiées à un jeune en job d'été. En restauration, un mineur ne peut pas non plus être affecté au service du bar (article L. 4153-6).
Le jeune a par ailleurs droit à une visite d'information et de prévention avant sa prise de poste, à une formation à la sécurité et aux équipements nécessaires. Et depuis le 1er juillet 2025, la protection contre la chaleur est une obligation formelle (décret n° 2025-482) : eau fraîche, pauses, aménagement des horaires. Enfin, tout salarié, y compris mineur, dispose d'un droit de retrait face à un danger grave et imminent (article L. 4131-1).
Le message à faire passer sans détour : on peut dire non. Non à la trancheuse, non à une machine qu'on n'a pas appris à utiliser, non à un travail qui met en danger. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, c'est un droit - et l'inspection du travail peut retirer sur-le-champ un jeune d'un poste dangereux.
Quelles questions incontournables poser quand on est mineur et qu'on rencontre un potentiel employeur ou manager ?
Un droit que l'on ignore ne protège pas. Le jeune a le droit de comprendre son contrat avant de le signer, de poser des questions sans crainte, de refuser une tâche illégale et, en cas de difficulté, d'être écouté et accompagné.
Des interlocuteurs existent et sont gratuits : l'inspection du travail (DREETS), le réseau Information Jeunesse / CIDJ - où le Défenseur des droits tient une permanence - les missions locales et France Travail, ou encore le Code du travail numérique (code.travail.gouv.fr).
Le bon conseil : le frein n'est presque jamais l'information, elle existe et elle est accessible. Le frein, c'est d'oser. Apprendre à un jeune qu'un employeur sérieux accueille les questions - et non l'inverse - vaut souvent mieux qu'une liste d'articles du Code du travail.
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