Brésil : le week-end de deux jours, bientôt une réalité ?
Si la mesure, approuvée le 27 mai 2026 par la chambre des députés, est confirmée par le Sénat, les Brésiliens verront leur semaine de travail réduite à 40 heures, sans baisse de salaire.
La Chambre des députés brésilienne a franchi une étape décisive mercredi en approuvant un projet de réforme constitutionnelle : celui de réduire le temps de travail à 40 heures par semaine, en mettant en place deux jours de repos hebdomadaires consécutifs, sans toucher au salaire.
Si le Sénat suit, ce sera la première fois depuis la Constitution de 1988 que le pays réduit son temps de travail légal. Une réforme qui, sur le papier, concerne des dizaines de millions de personnes.
En effet, 14,8 millions de Brésiliens travaillent encore six jours sur sept, et 20,9 millions dépassent les 44 heures hebdomadaires, sur une population de 213 millions d'habitants. Dans une région, l’Amérique du Sud, où la semaine de 48 heures fait encore figure de norme selon l'Organisation internationale du travail, la rupture serait significative. Le Brésil se positionnerait ainsi en pionnier sur le continent.
Une avancée sociale dont le timing ne soit rien au hasard
Le président de gauche Lula, qui brigue un quatrième mandat en octobre, a fait de cette réforme l'un des étendards de sa campagne. « Les gens travailleront cinq jours et pourront se reposer deux jours », avait-il prononcé lors d’un rassemblement dans l’Etat d’Amazonas (nord).
À six mois de l’élection, l’adoption de cette mesure sociale ne doit rien au hasard. En effet, Lula est en tête des sondages, mais talonné de près par le sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l'ex-président d'extrême droite. Face à son adversaire qui capitalise sur l'héritage paternel et sur une base électorale conservatrice, Lula mise sur des améliorations tangibles pour le quotidien des travailleurs, dans un pays où le chômage est historiquement bas mais où les conditions de travail restent éprouvantes pour une large part de la population.
Une réforme qui divise
Mais attention, tout n’est pas gagné. Au Sénat, les résistances s'annoncent plus vives. Élus de droite et représentants du monde économique montent au créneau : ils redoutent que la mesure pèse sur la compétitivité des entreprises, fasse grimper les coûts et finisse par fragiliser l'emploi, notamment dans les secteurs qui recourent massivement aux contrats informels.
Syndicats et formations de gauche, eux, y voient avant tout un levier pour la qualité de vie et la santé mentale des salariés. Un argument qui résonne d'autant plus dans les grandes métropoles, où les trajets domicile-travail rallongent encore les journées. Affaire à suivre…
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