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Augmentations salariales : 80 % des salariés ne savent pas quel montant demander
C'est le résultat de l'étude du cabinet How Much menée auprès de plus de 4 100 personnes.
Si vous espérez toucher une augmentation salariale, la rentrée peut être le bon moment pour l'aborder. Mais encore faut-il savoir la chiffrer. Car selon l'étude du cabinet How Much menée auprès de plus de 4 100 personnes, seuls 19 % des actifs savent véritablement quelle somme ou pourcentage demander.
Le paradoxe de la rentrée : motivés, mais indécis
Sur le papier, la rentrée a tout de la fenêtre idéale pour aborder le sujet de l'augmentation. Dans les faits, ce n'est pas le moment que choisissent la majorité des salariés. Souvent, ce sujet revient sur la table au moment des entretiens annuels d'évaluation, ou dans un contexte de réussite exceptionnelle (nouveau diplôme, projet accompli).
D'ailleurs, peu importe la période, à peine un actif sur cinq sait chiffrer précisément sa demande. Cela signifie que plus de huit actifs sur dix avancent sans montant clair en tête, ou renoncent avant même d'avoir essayé. Seuls 15 % affirment avoir toujours osé formuler leur demande quand ils le souhaitaient.
Les raisons de ce renoncement se cumulent souvent chez une même personne. La crainte d'un refus arrive en tête avec 39 % des réponses, suivie par la peur de nuire à la relation avec son manager pour 35 % des actifs. Mais le motif le plus révélateur reste ailleurs : 37 % avouent renoncer tout simplement parce qu'ils ne savent pas quel montant demander. Le problème n'est donc pas seulement une question d'audace. C'est aussi, et peut-être surtout, une question de repères.
Pourquoi si peu savent chiffrer leur demande
Seuls 19 % des actifs ont déjà évalué précisément une demande de salaire, dont 11 % en euros et 8 % en pourcentage. Face à eux, 46 % se contentent d'une approche approximative ou n'avancent aucun chiffre du tout.
Quand il s'agit de se fixer un montant, les résultats personnels restent la référence principale pour 67 % des actifs, devant les offres d'emploi consultées pour 43 % d'entre eux et l'inflation pour 41 %. Une évolution notable mérite d'être relevée : 33 % des actifs s'appuient désormais sur Internet ou une intelligence artificielle pour chiffrer leur demande, quand 17 % avouent encore fonctionner « au feeling ».
Sandrine Dorbes, créatrice de How Much, résume l'enjeu ainsi : « la vraie question n'est pas voulez-vous plus, c'est combien, et pourquoi ce montant-là ».
Le piège du bon moment qui ne vient jamais
Bien reposés et pleins de bonnes intentions en cette rentrée, les actifs restent pourtant peu nombreux à passer rapidement à l'action. Seuls 7 % comptent aborder le sujet dès la première semaine de septembre, et 14 % dans le courant du mois.
Les autres temporisent largement. Certains misent sur un rendez-vous déjà prévu, comme les 19 % qui renvoient la question à leur entretien annuel, quand d'autres n'ont même pas de cadre du tout, comme les 21 % qui attendent une « occasion favorable » sans date précise en tête ou les 9 % qui espèrent que leur employeur aborde le sujet en premier. Sans préparation ni échéance fixée, 17 % finissent par renoncer purement et simplement. C'est le mécanisme de la procrastination salariale, où l'absence de préparation, plus que l'absence de date, se traduit par une non-décision.
bon à savoir
Comment fixer un montant réaliste et choisir sa fenêtre
Construire une demande chiffrée commence par rassembler ses propres résultats sur l'année écoulée, des missions menées aux objectifs atteints, pour disposer d'arguments concrets plutôt que d'une simple impression. Comparer ensuite ce chiffre à des repères extérieurs, grilles salariales, conventions collectives ou offres d'emploi similaires, permet de vérifier que la demande reste cohérente avec le marché. Les outils en ligne et l'intelligence artificielle peuvent aider à dégrossir une fourchette, à condition de la confronter à des données récentes et sectorielles plutôt que de s'y fier aveuglément.
Reste la question du moment. L'entretien annuel, généralement positionné en fin d'année ou en tout début d'année suivante, reste souvent la fenêtre la plus légitime pour aborder le sujet, dans la mesure où c'est à ce moment que les décisions de rémunération sont structurellement arbitrées côté entreprise. Encore faut-il ne pas s'y présenter les mains vides. Mieux vaut préparer son argumentaire, chiffrer sa demande et rassembler ses résultats plusieurs semaines à l'avance plutôt que de compter sur l'improvisation le jour J.
Ce rendez-vous ne doit pas pour autant être vécu comme la seule occasion possible. Une date anniversaire d'embauche, la rentrée de septembre, un retour de congés ou la conclusion réussie d'un projet peuvent tout autant justifier d'ouvrir la discussion, à condition de la préparer avec la même rigueur.
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