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Participation, intéressement, abondement : les dispositifs de partage des profits sont en hausse dans les entreprises

Par Adèle Charrier Publié le

Malgré un contexte économique et politique agité, les entreprises françaises n'ont jamais autant redistribué à leurs salariés. Voici ce qu'il faut retenir de la dernière étude sur le sujet.

Participation, intéressement, abondement : les dispositifs de partage des profits sont en hausse dans les entreprises
Les salariés des entreprises du SBF 120 ont perçu en moyenne 6 010 euros de prime collective en 2025, un montant en hausse de 2 % sur un an. © maurice norbert / Adobe Stock

Crise politique, incertitudes internationales, résultats économiques en dents de scie : 2025 n'aura pourtant pas eu raison d'une dynamique bien installée dans les grandes entreprises françaises, celle du partage du profit.

Selon l'Association française de la gestion financière (AFG), l'encours total de l'épargne salariale a atteint 229 milliards d'euros à fin 2025 (+14,7 % en un an et multiplié par trois depuis 2008) pour un montant moyen détenu de 17 100 euros par salarié. Une tendance de fond que confirme, à l'échelle des plus grandes entreprises cotées, le Baromètre 2026 du cabinet Eres, spécialiste de l'épargne salariale, relayé par Le Parisien. Verdict : la prime collective versée aux salariés (participation, intéressement, abondement confondus) atteint elle aussi un montant jamais vu.

Une prime moyenne à plus de 6 000 euros

Selon cette étude, les salariés des entreprises du SBF 120 (les 120 plus grosses capitalisations boursières françaises) ont perçu en moyenne 6 010 euros de prime collective en 2025, un montant en hausse de 2 % sur un an. Un record, alors même que l'année a été marquée par une instabilité gouvernementale et un climat économique loin d'être favorable.

Pour expliquer cette tendance, le cabinet Eres avance plusieurs facteurs : l'attachement des entreprises à ces dispositifs, leur volonté d'associer davantage les salariés aux résultats, et le recours à l'abondement comme mécanisme de compensation lorsque la participation et l'intéressement marquent le pas.

L'abondement, principal moteur de la hausse

Si la prime globale progresse, c'est surtout grâce à l'abondement, la somme que l'employeur ajoute volontairement aux versements des salariés sur leur plan d'épargne entreprise. Son montant moyen bondit de 22 % sur un an, du jamais-vu.

Cette accélération s'explique en partie par un effet de vases communicants : quand la participation et l'intéressement sont freinés par des résultats économiques moins bons, certaines entreprises actionnent le levier de l'abondement pour maintenir un niveau de redistribution attractif. Elle profite aussi d'un contexte propice à l'épargne : le taux d'épargne des ménages français reste à un niveau record, à 17,7 % au quatrième trimestre 2025 selon l'Insee.

Des écarts qui restent très marqués selon les secteurs

Derrière cette moyenne flatteuse se cachent de fortes disparités. Toutes les entreprises du SBF 120 ne jouent pas dans la même cour : 17 % d'entre elles ont versé moins de 1 000 euros à leurs salariés en 2025, quand 20 % ont dépassé les 10 000 euros, avec un record à plus de 31 000 euros pour l'entreprise la plus généreuse.

Sans surprise, ce sont les secteurs les plus rentables qui tirent la moyenne vers le haut. Le pétrolier et le parapétrolier arrivent ainsi largement en tête, avec près de 13 000 euros de prime moyenne par salarié en 2025.

La RSE, nouveau critère qui compte

Autre enseignement de ce baromètre : les critères purement financiers ne sont plus les seuls à conditionner le versement de ces primes. De plus en plus d'accords d'intéressement intègrent désormais des objectifs environnementaux, sociaux ou sociétaux, aux côtés des indicateurs de performance économique classiques.

Une évolution qui traduit une idée simple : l'épargne salariale ne sert plus seulement à récompenser un bon chiffre d'affaires, mais aussi les progrès réalisés sur d'autres fronts, plus difficiles à chiffrer mais tout aussi suivis par les directions.

Et pour les salariés des PME ?

Ces chiffres record concernent avant tout les grands groupes cotés. Mais le mouvement dépasse le seul SBF 120 : depuis la loi sur le partage de la valeur, entrée en vigueur en 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés réalisant un bénéfice suffisant doivent elles aussi mettre en place un dispositif de partage des profits. De quoi, à terme, élargir le cercle des salariés concernés par ces primes, bien au-delà des rangs des plus grandes entreprises françaises.

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