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Augmentations 2027 : ce qui vous attend selon votre secteur
Après une année 2026 au plus bas, les budgets d'augmentation remontent pour 2027.
Selon que vous travaillez dans la tech ou dans l'industrie, l'enveloppe prévue va presque du simple au double.
Après trois ans de repli, l'augmentation revient dans la discussion
Ces dernières années, l'entretien annuel s'est souvent refermé sur la même réponse, polie et vague : l'enveloppe est serrée. Avec des chiffres qui donnent raison à ce ressenti. Selon l'enquête semestrielle du cabinet Alixio publiée le 15 septembre 2026, les grandes entreprises interrogées ont consacré en moyenne 1,9 % de leur masse salariale aux augmentations en 2026, dans le prolongement d'un recul entamé il y a trois ans.
Pour 2027, ces mêmes entreprises prévoient un budget moyen de 2,3 %, hors promotions. Le rebond accompagne le retour de l'inflation, que l'Insee mesurait à 2,4 % sur un an fin août. Il s'agit encore d'intentions, recueillies entre juillet et septembre, et non de hausses actées. Les négociations annuelles obligatoires (NAO) qui fixeront les enveloppes n'ont pas commencé.
Surtout, cette moyenne dit peu de chose de votre situation personnelle. Deux facteurs pèsent désormais davantage que le chiffre global, le secteur dans lequel vous travaillez et la manière dont votre employeur répartit son budget.
Entre la tech et l'industrie, plus d'un point d'écart
L'enquête Alixio dessine un paysage très contrasté autour de la moyenne. Les technologies et les énergies tirent les prévisions vers le haut, suivies de près par la métallurgie, les transports et le tourisme. Le commerce-distribution et l'industrie ferment la marche, avec des budgets nettement sous la moyenne, ce que l'enquête relie à des marges plus contraintes dans ces activités.
Les budgets d'augmentation prévus en 2027 par secteur (source : enquête Alixio) :
- Technologies : 3 %
- Énergies : 2,8 %
- Métallurgie et transports : 2,6 %
- Tourisme et loisirs : 2,6 %
- Commerce-distribution : 1,8 %
- Industrie : 1,7 %
Traduit en euros, l'écart devient tangible. Pour un salaire de 35 000 euros brut annuel, un budget de 3 % représente 1 050 euros, contre 595 euros à 1,7 %. Le calcul reste théorique, puisqu'une enveloppe n'est jamais distribuée à parts égales. Il donne pourtant la mesure de ce que le secteur change, à poste et à ancienneté comparables.
Pourquoi la moyenne ne dit presque rien de votre future augmentation
Le mouvement le plus net de l'enquête ne concerne pas le niveau des budgets, mais leur répartition. 91 % des entreprises interrogées ne prévoient aucune augmentation générale en 2027. Là où elle subsiste, elle devient symbolique, avec 0,12 % pour les cadres et 0,68 % pour les non-cadres. L'essentiel de l'enveloppe passe par les augmentations individuelles, en progression pour les deux populations.
Les promotions changent aussi d'échelle. Chez les cadres, leur budget passerait de 0,13 % réalisé en 2026 à 0,88 % prévu en 2027. Chez les non-cadres, la progression est plus modeste, de 0,11 % à 0,19 %. Ce bond s'explique en partie par les repositionnements de postes que mènent les entreprises alors que le projet de loi sur la transparence salariale arrive au Parlement. Le même texte pousse les rattrapages entre femmes et hommes. 45 % des entreprises y ont consacré un budget spécifique en 2026, elles pourraient être 55 % en 2027.
Le cabinet WTW observe la même bascule. Seules 17 % des entreprises ont accordé en 2026 des augmentations collectives liées à l'inflation, contre 61 % l'année précédente, et 97 % font de la performance individuelle leur principal critère d'attribution.
Sur le niveau des budgets, en revanche, les cabinets ne s'accordent pas. Alixio est le plus optimiste, avec un rebond net. Mercer anticipe lui aussi une légère hausse, avec un budget médian de 2,5 %. WTW table plutôt sur une stabilité, autour de 3 % comme en 2026. Les méthodes diffèrent (moyenne chez les uns, médiane chez les autres, panels d'entreprises distincts), et les trois ne se rejoignent que sur un point, la baisse des trois dernières années marque le pas. Mieux vaut donc lire ces chiffres comme des ordres de grandeur que comme une promesse. D'autant que l'enquête Alixio porte sur de grandes entreprises, dont les pratiques ne se transposent pas telles quelles aux PME.
Comment préparer votre demande
Puisque l'augmentation se joue désormais au cas par cas, la préparation de l'entretien annuel pèse plus lourd qu'avant. Un argumentaire fondé sur l'inflation ou sur la moyenne du marché a peu de prise quand l'entreprise ne raisonne plus en hausse générale. Ce qui compte, c'est ce que vous avez apporté sur l'année. Dès lors que la base est solide, les missions ajoutées à votre poste, les résultats mesurables, les responsabilités prises en dehors de votre fiche de poste constituent la matière à rassembler avant le rendez-vous.
Le calendrier compte aussi. Les enveloppes se fixent au moment des NAO, souvent en début d'année. Une demande formulée après leur clôture a moins de chances d'aboutir qu'une demande exprimée en amont. Si votre entretien a lieu tard dans l'année, rien ne vous empêche de signaler vos attentes à votre manager plus tôt.
La hausse des budgets de promotion ouvre une autre piste. Si votre entreprise revoit la classification de ses postes en vue de la transparence salariale, demandez sur quels critères votre poste est positionné et ce qu'il faudrait pour passer au niveau supérieur. La question est légitime, et elle déplace la discussion d'un pourcentage vers une évolution de poste.
Si vous travaillez dans un secteur en retrait, l'enveloppe globale limitera sans doute la marge de manœuvre de votre manager. Les promotions et les changements de périmètre restent alors les pistes les plus réalistes. Et si vous êtes dans une PME ou une TPE, ces moyennes de grands groupes ne s'appliquent pas à votre situation, mais la logique vaut aussi. Un dossier solide sur votre contribution reste le meilleur appui, quelle que soit la taille de la structure.
Ces prévisions bougeront d'ici aux NAO, entre inflation, incertitudes internationales et campagne présidentielle. La tendance la plus solide de l'enquête n'est pas le chiffre de 2,3 %, mais la fin de l'augmentation automatique. C'est elle qui changera le plus la façon dont vous abordez votre prochain entretien.
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