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Ancienneté en CDI : calcul, droits et impact sur votre carrière

Par Adèle Charrier Publié le

L'ancienneté est bien plus qu'un simple compteur de temps passé dans une entreprise. Elle conditionne des droits concrets : primes, préavis, indemnités, congés supplémentaires.

Ancienneté en CDI : calcul, droits et impact sur votre carrière
La durée des CDD conclus avec le même employeur est prise en compte dans le calcul de l'ancienneté, à condition qu'il n'y ait pas eu d'interruption significative entre le CDD et le CDI. © auremar / Adobe Stock

Vous êtes en CDI et vous vous demandez depuis quand votre ancienneté court réellement ? La réponse n'est pas toujours aussi simple que la date inscrite sur votre contrat. Certaines périodes comptent, d'autres non. Et selon votre convention collective, les droits attachés à l'ancienneté peuvent varier du tout au tout. On vous explique les règles du jeu, les cas particuliers à connaître, et ce que votre ancienneté change concrètement dans votre vie professionnelle.

L'ancienneté en CDI, c'est quoi exactement ?

L'ancienneté désigne la durée de présence d'un salarié au sein d'une même entreprise. Elle se mesure en années, parfois en mois, et sert de base de calcul pour de nombreux droits. Plus elle est élevée, plus elle ouvre des avantages et une protection accrue.

Définition et point de départ du calcul

L'ancienneté commence à courir dès le premier jour d'exécution du contrat de travail. Ce n'est pas la date de signature du contrat qui compte, mais bien celle à laquelle vous avez effectivement commencé à travailler. Si votre contrat a débuté le 3 mars, c'est cette date qui fait foi, pas le 28 février, date à laquelle vous l'avez signé.

Elle s'apprécie au sein d'une même entreprise, et non d'un même groupe. Changer de filiale sans rupture de contrat peut toutefois préserver l'ancienneté, selon les conditions du transfert.

Ce que dit le Code du travail

Le Code du travail ne fixe pas de définition unique et universelle de l'ancienneté. Il renvoie largement aux conventions collectives et aux accords d'entreprise pour en préciser les contours. Les dispositions relatives aux indemnités de licenciement (article L1234-9) et à la durée du préavis (article L1234-1) sont celles qui font le plus souvent référence à la notion d'ancienneté pour déterminer les droits du salarié.

Conséquence directe : deux salariés dans deux entreprises différentes, avec la même ancienneté, peuvent avoir des droits très différents selon leur convention collective applicable.

Comment calculer son ancienneté en CDI ?

Le calcul de l'ancienneté repose sur un principe simple, mais il comporte des nuances importantes à maîtriser.

La règle générale : la date d'entrée dans l'entreprise

Le point de départ est la date d'entrée dans l'entreprise, telle qu'elle figure sur votre contrat de travail ou votre bulletin de paie. Vous comptez ensuite le nombre d'années, de mois et de jours écoulés jusqu'à la date de référence choisie.

Exemple

Sophie a signé son CDI le 1er juin 2018 et travaille toujours dans la même entreprise en juin 2025. Elle justifie de sept ans d'ancienneté. Si sa convention collective prévoit une prime d'ancienneté à partir de cinq ans, elle y a droit depuis juin 2023.

Les périodes qui comptent dans le calcul

Plusieurs absences sont considérées comme du temps de travail effectif et n'interrompent pas le calcul de l'ancienneté :

  • le congé maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant
  • le congé d'adoption
  • les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle
  • le congé de formation professionnelle dans certains cas
  • les périodes de mise à disposition ou de détachement au sein du même groupe

Ces périodes sont protégées par la loi ou par des dispositions conventionnelles. Elles ne créent aucune interruption dans le calcul de l'ancienneté.

Les périodes qui n'entrent pas en compte

Certaines absences suspendent le contrat de travail sans pour autant réinitialiser l'ancienneté acquise. Elles ne s'ajoutent simplement pas à la durée prise en compte pour certains droits spécifiques. C'est le cas notamment de :

  • le congé parental d'éducation à temps plein (seule la première année est assimilée à du temps de travail effectif, selon l'article L1225-54 du Code du travail)
  • le congé sabbatique
  • le congé sans solde
  • certains arrêts maladie non professionnels, selon la convention collective applicable

bon à savoir

Ces périodes suspendent le contrat mais ne font pas

CDD avant CDI : votre ancienneté est-elle préservée ?

C'est l'une des questions les plus fréquentes. Vous avez enchaîné un ou plusieurs CDD dans la même entreprise avant d'être embauché en CDI. Votre ancienneté repart-elle de zéro ? Non, pas nécessairement. La loi prévoit que la durée des CDD conclus avec le même employeur est prise en compte dans le calcul de l'ancienneté, à condition qu'il n'y ait pas eu d'interruption significative entre le CDD et le CDI (article L1243-11 du Code du travail).

Exemple

Thomas a effectué deux missions en CDD dans la même entreprise — six mois en 2022, puis quatre mois en 2023 — avant d'être embauché en CDI en janvier 2024. Ces dix mois de CDD s'ajoutent à son ancienneté en CDI, à condition que la continuité du contrat soit reconnue par l'employeur ou prévue par accord.

En revanche, si vous avez travaillé en intérim via une agence, cette période n'est en principe pas comptabilisée dans l'ancienneté chez l'entreprise utilisatrice. Certaines conventions collectives prévoient toutefois des dispositions spécifiques sur ce point, notamment en cas d'embauche directe à l'issue de la mission. Vérifiez les termes de votre convention collective ou négociez ce point à l'embauche.

À quoi sert concrètement l'ancienneté ?

L'ancienneté n'est pas qu'un chiffre sur un bulletin de paie. Elle conditionne des droits tangibles tout au long de la relation de travail.

Prime d'ancienneté : existe-t-elle vraiment ?

La prime d'ancienneté n'est pas obligatoire dans tous les secteurs. Elle n'est pas prévue par le Code du travail en tant que telle. C'est votre convention collective, votre accord d'entreprise ou votre contrat de travail qui peut l'instituer.

Lorsqu'elle existe, elle prend généralement la forme d'un pourcentage du salaire de base, croissant avec les années. Les taux et les seuils varient selon les branches professionnelles : certaines conventions prévoient une majoration dès trois ans d'ancienneté, d'autres à partir de cinq ou dix ans. Consultez votre convention collective pour connaître le montant exact et les conditions d'attribution qui s'appliquent à votre situation.

Préavis, indemnités et protection en cas de licenciement

L'ancienneté joue un rôle central en cas de rupture du contrat. Elle détermine notamment la durée du préavis et le montant des indemnités auxquelles vous avez droit.

Sur la durée du préavis, le Code du travail (article L1234-1) fixe des minima légaux selon l'ancienneté :

  • moins de six mois : durée fixée par la convention collective ou les usages
  • entre six mois et deux ans : un mois minimum
  • au-delà de deux ans : deux mois minimum

Ces durées sont souvent majorées par les conventions collectives. Vérifiez les dispositions propres à votre secteur.

Sur les indemnités de licenciement, le droit s'ouvre à partir de huit mois d'ancienneté (et non un an), depuis la réforme introduite par l'ordonnance n°2017-1387 du 22 septembre 2017. Le montant minimal légal est calculé comme suit (article L1234-9 du Code du travail) :

  • un quart de mois de salaire de référence par année d'ancienneté pour les dix premières années
  • un tiers de mois par année au-delà de dix ans

La convention collective peut prévoir des montants plus favorables. C'est toujours le régime le plus avantageux qui s'applique.

Congés supplémentaires et autres avantages

Certaines conventions collectives accordent des jours de congés supplémentaires en fonction de l'ancienneté. D'autres ouvrent droit à des avantages spécifiques : maintien de salaire renforcé en cas d'arrêt maladie, accès prioritaire à certaines formations, ou encore indemnité de départ volontaire à la retraite plus favorable.

Ces droits sont propres à chaque entreprise ou secteur. Ils méritent d'être vérifiés directement dans votre convention collective, consultable gratuitement sur Légifrance ou sur le site du ministère du Travail.

L'ancienneté se transfère-t-elle quand on change d'entreprise ?

C'est une idée reçue tenace : non, l'ancienneté ne se transfère pas automatiquement d'une entreprise à une autre. Lorsque vous quittez un employeur pour rejoindre un autre, votre ancienneté repart de zéro dans la nouvelle structure.

Il existe cependant des exceptions :

  • Le transfert de contrat (article L1224-1 du Code du travail) : en cas de cession, fusion ou reprise d'entreprise, les contrats de travail sont automatiquement transférés au nouvel employeur, avec conservation de l'ancienneté acquise.
  • La reprise d'ancienneté conventionnelle : certaines conventions collectives acceptent de reprendre tout ou partie de l'ancienneté acquise chez un précédent employeur du même secteur.
  • La reprise contractuelle : il est possible de négocier une reprise d'ancienneté directement dans votre contrat de travail. Rien n'oblige l'employeur à l'accorder, mais rien ne l'interdit non plus.

Si ce point est important pour vous, abordez-le lors de la négociation de votre embauche, avant la signature du contrat.

Les erreurs fréquentes sur l'ancienneté en CDI

Quelques idées fausses circulent sur le sujet. Voici celles que l'on rencontre le plus souvent.

  • Croire que l'ancienneté repart de zéro après un arrêt maladie. C'est faux dans la plupart des cas. Un arrêt pour maladie ordinaire suspend certains droits, mais ne réinitialise pas l'ancienneté acquise. Un arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle est même intégralement assimilé à du temps de présence.
  • Confondre ancienneté dans l'entreprise et ancienneté dans le poste. Ces deux notions sont distinctes. Votre ancienneté dans l'entreprise court depuis votre date d'entrée, quelle que soit l'évolution de votre poste. Votre ancienneté dans le poste repart à zéro à chaque changement de fonction — ce qui peut avoir des effets sur certaines primes spécifiques.
  • Penser que les droits s'ouvrent uniquement à partir d'années complètes. Certains droits s'ouvrent à partir d'une durée exprimée en mois. L'indemnité légale de licenciement, par exemple, est due dès huit mois d'ancienneté. Ne supposez pas qu'il faut attendre un an pour être protégé.
  • Ne pas vérifier sa convention collective. C'est l'erreur la plus fréquente. Le Code du travail fixe un socle minimal, mais la grande majorité des droits liés à l'ancienneté sont définis dans les accords de branche ou d'entreprise. Ne vous fiez pas uniquement à ce que vous avez entendu dire par un collègue d'un autre secteur.

 

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