Jours fériés en stage : êtes-vous obligé de travailler ?
Férié ne rime pas toujours avec repos quand on est stagiaire. Votre obligation dépend d'un document clé : votre convention de stage.
Un jour férié tombe en plein milieu de votre stage, vos collègues ne viendront pas, mais personne ne vous a rien dit. Devez-vous vous présenter quand même ? La question est légitime, et la réponse n'est pas aussi évidente qu'elle y paraît. Le statut du stagiaire occupe en droit français une place particulière, entre le monde scolaire et le monde du travail. La réponse tient en grande partie à un document que l'on signe souvent sans y prêter attention : la convention de stage.
Le stagiaire n'est pas un salarié : ce que ça change
Premier point essentiel : un stagiaire ne dispose pas d'un contrat de travail. Ce détail a des conséquences importantes. Le Code du travail, qui régit les droits et obligations des salariés en matière de jours fériés, ne s'applique pas directement à votre situation. C'est le Code de l'éducation, et plus précisément ses articles L. 124-14 et D. 124-4, qui encadre le statut des stagiaires.
Ce cadre prévoit toutefois un alignement partiel : le temps de présence du stagiaire doit respecter les mêmes durées maximales que celles appliquées aux salariés de l'organisme d'accueil, notamment pour le repos quotidien, le repos hebdomadaire et les jours fériés. Mais cet alignement ne signifie pas pour autant que les droits sont identiques ; les modalités restent fixées par la convention de stage.
La convention de stage : la clé de tout
C'est le principe central, et il est clair : pour qu'un stagiaire puisse être amené à travailler un jour férié, cette possibilité doit figurer expressément dans sa convention de stage. L'article D. 124-4 du Code de l'éducation impose en effet que la convention mentionne les conditions de présence « le cas échéant, la nuit, le dimanche ou des jours fériés ».
En l'absence de cette mention, l'organisme d'accueil ne peut pas vous obliger à vous présenter un jour férié. Si rien n'est prévu dans votre convention, vous êtes en droit de rester chez vous ; et si votre tuteur vous demande malgré tout de venir, vous pouvez légitimement refuser.
Une condition supplémentaire s'applique également : pour qu'un stagiaire travaille un jour férié, il faut que ce jour soit aussi travaillé par les autres personnels de l'organisme. Le guide des stages étudiants du ministère de l'Éducation nationale le précise sans ambiguïté : le travail un jour férié doit faire partie des conditions ordinaires de fonctionnement de la structure.
Les règles applicables si vous travaillez un jour férié
Si votre convention de stage prévoit la possibilité de travailler un jour férié, vous êtes soumis aux mêmes règles que les salariés de l'entreprise en la matière. Cela signifie que les dispositions de la convention collective ou des accords de branche applicables dans votre organisme d'accueil s'appliquent également à vous.
Il existe cependant une limite importante : si la convention collective de l'entreprise réserve certains avantages liés aux jours fériés aux salariés justifiant d'au moins un an d'ancienneté, un stagiaire ne peut pas y prétendre. Concrètement, cela signifie qu'en dehors du 1er-Mai, aucune majoration de gratification n'est automatiquement due pour un jour férié travaillé, sauf si un accord spécifique le prévoit.
bon à savoir
Stagiaires mineurs : une protection renforcée
La règle est stricte pour les stagiaires de moins de 18 ans : l'article L. 3164-6 du Code du travail interdit formellement de les faire travailler un jour férié. Cette interdiction s'applique quelle que soit la mention figurant dans la convention de stage ; la convention ne peut pas déroger à ce principe.
Attention toutefois aux confusions fréquentes. Le Code du travail prévoit bien des dérogations à cette interdiction pour certains secteurs d'activité : hôtellerie-restauration, boulangerie, spectacles, notamment. Mais ces dérogations s'adressent aux salariés mineurs de 16 à 17 ans pour une partie d'entre elles, et aux apprentis mineurs pour d'autres. Les stagiaires ne sont mentionnés dans aucun de ces textes dérogatoires ; l'interdiction s'applique donc à eux sans exception, quel que soit le secteur.
Jours fériés chômés : votre gratification est-elle maintenue ?
C'est un point qui surprend souvent : si vous ne travaillez pas un jour férié chômé, votre gratification n'est pas automatiquement maintenue pour cette journée. Depuis un décret entré en vigueur en 2014, la gratification est calculée sur la base des heures « réellement effectuées » par le stagiaire ; or, un jour non travaillé n'entre pas dans ce décompte.
Votre organisme d'accueil peut décider de maintenir votre gratification pour les jours fériés chômés ; mais s'il le fait, ce maintien sera soumis à cotisations sociales, car il dépasse alors le seuil de la franchise légale.
En pratique, cela peut avoir un impact notable sur votre gratification en mai, mois qui concentre plusieurs jours fériés. En 2026, la gratification minimale est fixée à 4,50 € de l'heure (15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, porté à 30 €) ; chaque journée non comptabilisée représente donc 31,50 € de moins sur votre mois, et jusqu'à 94,50 € si trois jours fériés tombent en semaine.
Une autre forme de compensation existe cependant : l'organisme d'accueil peut prévoir, dans la convention de stage, une autorisation d'absence pour compenser le travail réalisé un jour férié. Ce n'est pas une obligation légale ; si vous souhaitez en bénéficier, vérifiez que cette modalité est bien inscrite dans la convention avant de la signer.
La journée de solidarité : même logique
La journée de solidarité, souvent fixée le lundi de Pentecôte, obéit aux mêmes règles que les autres jours fériés pour les stagiaires. Si votre convention de stage ne mentionne pas la possibilité de travailler ce jour-là, vous n'êtes pas tenu de le faire.
À noter : comme les stagiaires ne paient pas la contribution solidarité autonomie (CSA), l'organisme d'accueil ne peut pas leur déduire cette journée de travail non rémunérée. Si vous travaillez ce jour, vous devez être gratifié normalement.
à retenir
- Vérifiez si la convention mentionne expressément la possibilité de travailler les jours fériés.
- En l'absence de cette mention, vous ne pouvez pas être obligé de vous présenter.
- Si vous êtes mineur, aucun jour férié ne peut vous être imposé, quelle que soit la convention.
- En cas de travail le 1er-Mai, votre gratification doit être doublée.
- Pour les autres jours fériés travaillés, aucune majoration n'est automatique.
- Les jours fériés non travaillés ne donnent pas droit au maintien de la gratification.
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