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En France, 1 étudiant sur 2 travaille (et pas seulement l’été)

Par Stéphanie Davalo • Publié le

52 % des étudiants français travaillent en parallèle de leurs études.

En France, 1 étudiant sur 2 travaille (et pas seulement l’été)
30 % des étudiants en emploi ont eu au moins un contrat dans le secteur du commerce © insta_photos

Une récente et inédite étude de la Dares croise pour la première fois les données du ministère de l’Enseignement supérieur et les déclarations sociales nominatives pour dresser un panorama exhaustif du travail étudiant, hors stages et alternance. Ce qu’elle révèle contredit certaines idées reçues : ce ne sont pas les étudiants les plus âgés qui travaillent le plus et la majorité des emplois étudiants ne se réduisent pas à un job d'été.

Plus la filière est exigeante, moins le job étudiant est possible

On pourrait croire que le travail en parallèle des études est surtout le fait des étudiants les plus avancés dans leur cursus, ceux qui ont besoin de revenus stables pour s’installer. Les données de la Dares contredisent cette intuition.

Réalisée à partir d’un croisement inédit entre les données du ministère de l’Enseignement supérieur (SISE) et les déclarations sociales nominatives (DSN), cette étude porte sur l’année universitaire 2022-2023. Elle exclut alternants, doctorants, stagiaires et fonctionnaires stagiaires, pour se concentrer sur les étudiants dont l’emploi n’est pas structurellement intégré à la formation. Dans ce périmètre, 52 % ont eu au moins un contrat salarié sans lien avec leurs études.

Et c’est au pic des 19 ans que ce taux est le plus élevé, à 60 %. Il recule ensuite régulièrement avec l’avancée en âge, pour tomber à 35 % chez les 30 ans et plus. Benjamin Muer, co-auteur de l’étude, l’explique ainsi : « Les personnes les plus âgées vont avoir des emplois en lien avec leurs études, notamment les stages. » En d’autres termes, ils travaillent toujours autant, mais sous des formes qui sortent du périmètre de l’étude.

Les femmes sont légèrement plus concernées que les hommes (54 % contre 50 %), et la filière joue un rôle déterminant. En STAPS, 78 % des étudiants ont travaillé en dehors de leurs études, contre 62 % en droit ou en STS, et seulement 32 % en médecine et en CPGE (Classes préparatoires aux grandes Ecoles). Ces deux dernières filières, très exigeantes en temps de travail personnel, laissent peu de place à un emploi parallèle.

Ce que font les étudiants qui travaillent : trois secteurs dominent

Commerce, administration publique et restauration concentrent la grande majorité de l’emploi étudiant. 30 % des étudiants en emploi ont eu au moins un contrat dans le secteur du commerce, principalement comme employés de libre-service, caissiers ou vendeurs. Juste derrière, 29 % sont passés par l’administration publique, l’enseignement ou la santé humaine, avec des profils comme agents administratifs, surveillants scolaires ou animateurs socioculturels. L’hébergement et la restauration suivent avec 26 %, portés par les aides de cuisine, serveurs et employés polyvalents.

Ces trois secteurs dessinent assez fidèlement l’image classique qu’on a du job étudiant. Benjamin Muer le reconnaît lui-même : « Ce sont des métiers et des domaines qui correspondent à l’image qu’on a classiquement de l’emploi étudiant. » Ce qui surprend davantage, c’est l’intensité avec laquelle beaucoup de ces emplois s’inscrivent dans l’année universitaire.

Contrats courts, mais pas toujours : l’autre visage de l’emploi étudiant

L’emploi étudiant est souvent associé au contrat ponctuel. C’est en partie vrai : 55 % des contrats signés par les étudiants durent moins d’une semaine, dont 31 % qui ne durent qu’un seul jour. La réalité est pourtant assez nuancée.

Un tiers des étudiants qui travaillent le font pendant au moins six mois dans l’année universitaire. Et 12 % travaillent sur l’ensemble de l’année, en cumulant plusieurs contrats successifs ou simultanés. 54 % des étudiants en emploi ont signé au moins deux contrats au cours de l’année, parfois dans des secteurs différents, parfois dans le même.

« Les CDI existent dans l’emploi étudiant », rappelle Benjamin Muer. 28 % des étudiants en emploi en ont eu au moins un dans l’année. Ces contrats sont presque systématiquement à temps partiel (75 % des CDI étudiants), mais leur fréquence augmente avec l’âge : 21 % chez les moins de 18 ans, 39 % chez les 23 ans et plus.

Job d’été ou emploi toute l’année : une question d’âge

Sur l’ensemble des étudiants qui travaillent, 59 % ont eu au moins un job d’été, défini par la Dares comme un contrat commençant entre le 1er juin et le 31 août et se terminant avant le 30 septembre. Mais le job d’été comme seule forme d’emploi dans l’année ne représente que 29 % des cas. Et 41 % des étudiants en emploi n’ont aucun contrat estival strict : ils travaillent exclusivement en dehors de cette période, ou sur des contrats qui chevauchent l’été et le reste de l’année.

L’âge reste le principal facteur de différenciation. Parmi les étudiants de 18 ans et moins qui travaillent, 43 % ne le font qu’en été. Ce taux tombe à 7 % chez les 30 ans et plus. Les hommes travaillent plus souvent exclusivement l’été que les femmes (32 % contre 27 %). Les femmes sont plus nombreuses à travailler sans aucun job d’été (42 % contre 40 %).

Les filières marquent aussi des différences notables. En CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), 69 % des étudiants qui travaillent le font exclusivement l’été, ce qui correspond au rythme très intense de l’année scolaire. À l’inverse, les étudiants en STAPS ou en STS combinent plus souvent emploi estival et emploi sur le reste de l’année.

Pour beaucoup de ces étudiants, le travail n’est donc pas un accessoire de vacances. C’est une constante de leur vie universitaire, qui se gère en parallèle des cours, des révisions et des stages, et qui mérite d’être pensée comme telle au moment d’entrer sur le marché du travail.

bon à savoir

Comment valoriser ces expériences sur votre CV ? Un job étudiant, même court ou répété, représente un atout pour votre profil. Nommez le secteur et le poste précisément (« employé de libre-service », « agent administratif », « serveur ») plutôt que de regrouper sous la mention vague « jobs étudiants ». Si vous avez cumulé plusieurs contrats courts dans le même secteur, regroupez-les sous une seule ligne avec une plage de dates globale. Mettez en avant les compétences transversales acquises : gestion du temps, fiabilité, travail en équipe dans des environnements à forte pression. Les recruteurs les valorisent, quelle que soit la taille de la structure ou le secteur dans lequel vous postulez. Et si votre emploi et votre formation sont dans des domaines éloignés, c’est un atout, pas un handicap : cela montre votre capacité à vous adapter à des environnements très différents.
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