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Télécharger TéléchargerInsertion, rémunération, santé mentale : ce que les jeunes mettent à l'agenda du ministre du Travail
Tour d'horizon des préoccupations des jeunes candidats à leur arrivée sur le marché du travail.
Selon les chiffres de la Dares,1,4 millions de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation en France. Ce chiffre, le ministre du Travail le connaît par cœur. Mais au-delà des statistiques, que disent les jeunes de leur réalité dans le monde du travail ? Pour le savoir, Jean-Pierre Farandou a organisé une rencontre avec un groupe de six jeunes d'horizons différents.
Entrer sur le marché du travail quand on part de zéro
La difficulté d'insertion n'est pas une abstraction pour les jeunes qui ont pris la parole devant le ministre. Elle se traduit par un problème concret : pas d'expérience, pas d'embauche. Pas d'embauche, pas d'expérience. L'alternance permet à certains de court-circuiter cette logique, mais ceux qui n'ont pas eu accès à l'entreprise pendant leurs études repartent encore plus loin de la ligne de départ.
La précarité étudiante aggrave le déséquilibre : quand les conditions matérielles ne permettent pas de se concentrer sur la recherche d'emploi, les dispositifs d'accompagnement, aussi nombreux soient-ils, sont inutiles. Ce qui a été pointé n'est en effet pas l'absence d'aides, c'est leur méconnaissance et parfois leur inadaptation aux réalités vécues. Parmi les solutions, dans le cadre du plan interministériel « Emploi futur » annoncé début mai 2026, « une application unique sera mise en ligne d'ici la fin de l'année, elle permettra aux jeunes de s'y retrouver dans le maquis des aides nombreuses qui sont à leur intention mais qu'ils ne connaissent pas », a rappelé Jean-Pierre Farandou.
Ce qu'ils attendent du travail en lui-même
Les jeunes attendent d'un travail qu'il tienne compte des autres pans de leur vie. Exemple cité d'un cas pratique en faveur de la flexibilité : pour une jeune mère, le télétravail et les horaires modulables sont souvent la condition même de la participation au marché du travail. La semaine de 4 jours est par ailleurs revenue dans la conversation, non comme une revendication idéologique, mais plutôt comme une question pragmatique sur l'organisation du travail.
Au premier rang des critères, on compte aussi la question du sens : travailler pour quoi, pour qui, dans quel cadre environnemental et humain. Et en complément, une demande claire d'inclusion : dans beaucoup de secteurs, il existe à leurs yeux un « moule » implicite. Ceux qui n'y correspondent pas, par leur parcours, leur profil ou leur façon d'être, le ressentent et peinent à s'y sentir écoutés et intégrés.
Sujet de premier plan, la santé mentale au travail a été nommée plusieurs fois. Demande que le ministre a entendue, rappelant que le plan « Emploi futur » intègre un volet santé en entreprise, physique et mentale. En fil conducteur, l'idée que la fidélisation passe plus par le bien-être effectif des salariés que par des déclarations d'intention.
La rémunération comme angle mort du recrutement des jeunes
Sur la question des salaires, les jeunes ont évoqué une difficulté : comment savoir quelle rémunération demander quand on arrive sur le marché du travail sans repère ? Ils estiment que les grilles salariales sont encore opaques, que les offres d'emploi ne sont pas encore assez transparentes et ont le sentiment de ne pas avoir les codes pour négocier.
À cela s'ajoute le sujet de la revalorisation dans un contexte post-inflationniste. Même en poste, la question du pouvoir d'achat reste prégnante. Le plan présenté par le ministre explore un rééquilibrage des intérêts entre salariés et entreprises, avec l'idée que l'engagement des jeunes sera plus solide si leur contribution est mieux reconnue.
Pour les candidats en recherche active, la transparence salariale est déjà un levier concret : filtrer les offres qui affichent une fourchette, cibler les entreprises qui jouent le jeu, et ne pas hésiter à poser la question directement dès le premier entretien. Le marché a déjà bien amorcé sa transformation sur la question de la transparence, avec aujourd'hui environ 90 % des offres qui mentionnent une indication salariale sur Hellowork et des outils comme le simulateur de salaire, pensé pour réduire les zones d'ombres pour tous les candidats. En parallèle, le projet de loi sur la transparence devrait être adopté d'ici la fin de l'année, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2028.
Des parcours atypiques qui peinent encore à être reconnus
Dernier point soulevé avec insistance : la valorisation des parcours non linéaires. Mobilité géographique difficile, expériences fragmentées, alternance entre emploi et formation, engagement associatif ou militant... autant de réalités qui composent une trajectoire professionnelle sans suivre le chemin balisé, et qui semblent rester sous-valorisées par les recruteurs.
Pour mieux guider les jeunes, le ministre a également mentionné l'« InserScore », un outil en développement destiné à indiquer les débouchés pour les jeunes en formation initiale, avec notamment le pourcentage des jeunes en emploi à l'issue d'une formation ou le salaire médian en sortie d'études. L'objectif étant d'ouvrir de nouvelles perspectives, notamment dans les métiers techniques, dont certains offrent des rémunérations confortables dès la sortie d'études. À titre d'exemple, Jean-Pierre Farandou a évoqué le métier de soudeur, prisé des entreprises et dont le salaire peut monter très vite à condition d'avoir les bonnes spécialisations techniques.
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