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Emploi des seniors : ce qui existe vraiment pour vous accompagner dans votre recherche
Ces dispositifs existent déjà, mais la plupart des 50+ ne le savent pas.
Passé 50 ans, retrouver un emploi s'avère épineux pour de nombreux candidats. Plus qu'une impression, les chiffres leur donnent raison. En 2024, le taux d'emploi des seniors atteint 60 % en France, un plus haut historique depuis 1975, mais toujours en retrait par rapport à la moyenne européenne, à 65 %. L'écart se creuse surtout après 60 ans, où à peine plus de quatre personnes sur dix parmi les 60‑64 ans sont en emploi, contre 11 % seulement chez les 65‑69 ans.
Un rapport du Haut‑Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP), publié ce 22 juillet 2026, dresse un état des lieux complet de la situation de l'emploi des seniors en France et formule une série de recommandations pour l'améliorer. L'occasion de faire le point sur ce qui existe déjà.
1. Retrouver un emploi : les contrats qui jouent pour vous
Depuis le 26 octobre 2025, un nouveau contrat s'adresse spécifiquement aux seniors, le contrat de valorisation de l'expérience (CVE), plus connu sous le nom de « CDI senior ». Réservé aux demandeurs d'emploi de 60 ans et plus, ou dès 57 ans si un accord de branche le prévoit, il concerne seulement des personnes n'ayant pas travaillé dans l'entreprise, ou son groupe, au cours des six mois précédents. Il vous offre un vrai CDI, avec toute la protection associée, jusqu'à ce que vous atteigniez l'âge du taux plein. Pour convaincre un employeur encore hésitant, sachez qu'il bénéficie d'une exonération de 40 % de la contribution patronale sur l'indemnité de mise à la retraite, valable pour les ruptures intervenant jusqu'au 31 décembre 2028. Ce dispositif reste expérimental et conclusible jusqu'au 24 octobre 2030.
Autre levier moins récent mais toujours actif, l'aide à l'embauche en contrat de professionnalisation pour les demandeurs d'emploi de 45 ans et plus verse 2 000 euros à l'employeur qui vous recrute. Un argument à ne pas négliger dans votre dossier de candidature.
Enfin, la préparation opérationnelle à l'emploi (POE) permet de suivre une formation avant l'embauche, jusqu'à 450 heures, voire 600 heures pour certains publics, lorsqu'un employeur a déposé une offre nécessitant une adaptation de vos compétences.
bon à savoir
2. Se former sans perdre de revenu
Avant toute démarche de reconversion, le conseil en évolution professionnelle (CEP) reste le point d'entrée à privilégier. Ce service public, gratuit, propose un accompagnement individualisé pour clarifier votre projet et sécuriser la suite de votre parcours.
Le compte personnel de formation (CPF) constitue un autre levier central, avec des montants qui varient selon votre situation professionnelle.
bon à savoir
La validation des acquis de l'expérience (VAE) permet, elle, d'obtenir un diplôme ou un titre à partir de votre expérience professionnelle ou personnelle. Le bilan de compétences, souvent mobilisé en amont, aide à clarifier un projet avant de s'engager plus loin.
Pour un changement de métier plus lourd, le projet de transition professionnelle (PTP) permet de financer une formation certifiante tout en conservant, en tout ou partie, votre rémunération pendant la formation. Il est particulièrement pertinent si votre métier actuel est devenu difficile à exercer physiquement.
3. Aménager sa fin de carrière sans tout arrêter
La retraite progressive, accessible dès 60 ans sous réserve d'avoir validé 150 trimestres, permet de toucher une fraction de votre pension tout en travaillant à temps partiel, entre 40 % et 80 % dans le privé, entre 50 % et 90 % dans le public. Depuis l'automne 2025, la loi oblige l'employeur à motiver concrètement un refus de passage à temps partiel, en démontrant les conséquences sur la continuité de l'activité de l'entreprise et, le cas échéant, les difficultés à recruter sur le poste concerné.
Le cumul emploi‑retraite permet, lui, de continuer à travailler après avoir liquidé votre pension. Beaucoup pensent à tort que la réforme votée en 2026 s'applique déjà. Ce n'est pas le cas : pour un départ à la retraite en 2026, ce sont encore les règles antérieures qui s'appliquent, avec un cumul plafonné soit à 160 % du Smic, soit à la moyenne de vos trois derniers salaires d'activité, la formule la plus avantageuse pour vous étant retenue. La réforme à trois paliers d'âge, elle, ne concernera que les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027.
4. Un filet de sécurité chômage renforcé après 55 ans, sauf sur un point
Les règles d'indemnisation chômage sont sensiblement plus favorables après 55 ans, avec une durée maximale d'allocations qui augmente par palier d'âge :
- 18 mois avant 55 ans
- 22,5 mois à partir de 55 ans
- 27 mois à partir de 57 ans
Les allocataires de 55 ans et plus échappent aussi à la dégressivité de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Si vous suivez une formation qualifiante encore en cours au moment où vos droits arrivent à échéance, ceux-ci peuvent être allongés de 137 jours. Un demandeur d'emploi de plus de 50 ans peut par ailleurs choisir l'allocation de solidarité spécifique (ASS) plutôt que l'ARE, si cette option lui est plus favorable.
Un point se resserre pourtant. Après une rupture conventionnelle individuelle, la durée maximale d'indemnisation est aujourd'hui de 22,5 mois pour les 55‑56 ans et de 27 mois à partir de 57 ans, comme pour les autres motifs de rupture. Un texte réduisant uniformément cette durée à 20,5 mois pour l'ensemble des 55 ans et plus a été définitivement adopté par l'Assemblée nationale le 2 juin 2026, pour une entrée en vigueur au 1ᵉʳ septembre 2026 (ruptures dont le contrat de travail prend fin à compter de cette date). Les moins de 55 ans passeront, eux, de 18 à 15 mois.
5. Ce que le Haut-Commissariat au Plan recommande d'ajouter
Ce panorama, aussi dense soit-il, n'efface pas un constat sévère du rapport. La France reste en retard sur la formation des seniors, avec un double déficit d'investissement et d'accès par rapport à ses voisins européens. Le HCSP recommande notamment de renforcer l'accompagnement des entreprises, en particulier les TPE et PME, dans la prise en compte du vieillissement. Il propose aussi de généraliser les dispositifs de tutorat et de mentorat pour lever les freins culturels à la formation des salariés expérimentés, et d'ouvrir une réflexion sur un véritable droit au temps partiel en fin de carrière. Autant de pistes qui, à ce stade, relèvent de recommandations et non de mesures déjà inscrites dans le droit.
Le rapport s'appuie d'ailleurs sur plusieurs modèles étrangers pour nourrir ces pistes :
- En Suède, la flexpension permet de réduire son temps de travail en fin de carrière grâce à un abondement patronal négocié dans les conventions collectives, un dispositif ouvert au secteur public dès 2003 puis au privé en 2013
- En Finlande, une pension partielle est accessible depuis 2017 dès 61 ans, sans condition d'accord de l'employeur ni de nombre d'heures travaillées, un tiers des bénéficiaires réduisant leur temps de travail quand les autres continuent à temps plein tout en touchant une fraction de leur pension
- Aux Pays‑Bas, les partenaires sociaux négocient des « pactes générationnels » de type 80‑90‑100, où le salarié travaille à 80 % de son temps, perçoit 90 % de son salaire et conserve l'intégralité de ses droits à pension
- Au Danemark, sur le volet formation : les programmes AMU, courts et modulaires, sont coconstruits avec les partenaires sociaux pour coller aux besoins réels des entreprises et des territoires, quand le système français reste organisé autour d'un droit individuel plus segmenté entre éducation, apprentissage et formation continue
De quoi donner des idées à la France, pour combler l'écart qui subsiste avec ses voisins. D'ici là, si les dispositifs déjà en place ne suppriment pas les freins à l'embauche des seniors, ils donnent plus d'outils pour les contourner.
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