En entretien, peut-on me demander le montant de mon dernier salaire ?
Une pratique très répandue, qui sert souvent à aborder le sujet de votre future rémunération. Nos conseils pour bien vous en sortir !
En France, un quart des salariés du privé dit vouloir changer de job pour gagner davantage. Vous en faites partie ? Dans ce cas, il va falloir vous préparer à négocier votre future paye : on vous demandera probablement une fourchette… et peut-être même le montant de votre dernier salaire. Mais peut-on seulement poser cette question ? Et si oui, faut-il y répondre ?
Est-ce légal ?
Des pays apportent une réponse précise à ce sujet : c'est par exemple le cas des États-Unis. Une vingtaine d'États fédérés, ainsi que de nombreuses juridictions locales, interdisent cette question aux employeurs, au moins dans les administrations. Certains vont même plus loin, et interdisent aux entreprises d'ajuster les salaires en fonction des revenus antérieurs des candidats. Par ailleurs, la législation fédérale américaine protège les employés qui discutent de leur salaire avec leurs collègues contre toute mesure disciplinaire.
En France… c'est beaucoup moins clair. Selon le Code du travail : « Les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ne peuvent avoir comme finalité que d'apprécier sa capacité à occuper l'emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles. » (article L1221-6)
Le texte laisse à penser que le montant de la dernière fiche de paie n'aurait pas grand-chose à voir avec les aptitudes professionnelles du candidat, mais il n'y fait pas directement allusion. La directive européenne sur la transparence des rémunérations (directive 2023/970), dont la date limite de transposition en droit français est fixée au 7 juin 2026, va toutefois changer la donne : elle prévoit explicitement l'interdiction de demander l'historique salarial d'un candidat, ainsi que l'obligation pour les entreprises d'afficher une fourchette de rémunération dans leurs offres d'emploi. À la date de mise à jour de cet article, la France n'avait pas encore finalisé cette transposition, le gouvernement étant toujours en phase de concertation avec les partenaires sociaux.
Quelle réponse apporter ?
Si ce n'est pas (encore) formellement interdit, il est donc probable que l'on vous pose la question. Si l'on vous demande le montant de votre dernier salaire, c'est certainement pour aborder le sujet de votre future rémunération, et encore une fois : mieux vaut s'y préparer. Notre outil de préparation à l'entretien peut vous aider à anticiper ce moment délicat.
On peut déjà questionner la pertinence de donner cette information : le poste que vous convoitez est-il comparable à celui que vous occupez actuellement (ou le dernier en date) ? Les missions et les responsabilités sont-elles semblables ? Peut-on comparer le salaire de votre précédent job à Saint-Étienne avec celui que vous convoitez qui se situe en plein cœur de Paris ?
Posons le problème autrement : s'il s'agit d'évaluer votre valeur sur le monde du travail, peut-être vaut-il mieux le faire en comparaison de ce que vos confrères gagnent en moyenne, plutôt qu'à partir de votre ancien salaire. Pourquoi ? Car celui-ci ne reflète pas nécessairement la valeur réelle de votre travail, surtout si vous estimez être sous-payé.
En bref, donner le montant de votre dernière fiche de paie ne vous mettra peut-être pas dans les meilleures dispositions pour entamer la négociation, et s'il n'est pas formellement interdit de poser la question, il vous est tout autant permis de ne pas y répondre.
Comme évoqué plus haut, la directive européenne sur la transparence salariale devrait rebattre les cartes et équilibrer ce rapport de force en obligeant les entreprises à communiquer aux candidats une rémunération initiale ou, à défaut, une fourchette de salaire. Une dynamique que des acteurs comme Hellowork ont déjà commencé à impulser.
La fiche de paie : attention, données sensibles
Mais alors comment justifier votre dernier emploi, et assurer au recruteur que vous avez bien l'expérience que vous prétendez avoir ? Vous pouvez tout simplement lui fournir l'attestation de fin d'emploi qu'on vous a donnée lorsque vous avez quitté votre dernier job. Vous êtes encore en poste ? Selon la CNIL, le recruteur ne peut pas vous demander votre fiche de paie, mais vous pouvez la lui fournir de votre plein gré… en prenant certaines précautions.
Au-delà du montant de votre salaire, elle contient une multitude d'informations : vos jours non travaillés (en raison d'un arrêt maladie, par exemple), vos coordonnées, le montant de l'indemnité de congés payés ou encore de vos heures supplémentaires. Prenez donc soin de masquer les informations non indispensables !
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